05/09/2015

Rencontre culturelle du Grand Genève : le Grand Genève sera culturel ou ne sera pas

Ce vendredi 4 septembre s’est tenue la 3ème Rencontre culturelle du Grand Genève au Forum de Meyrin, avec une participation remarquablement nombreuse d’élu-e-s de Genève, de Haute-Savoie, de l’Ain et du District de Nyon. Un rendez-vous qui permet le partage d’expériences, le renforcement des collaborations et le développement du soutien à la création, à la diffusion culturelle, mais surtout à un accès à la culture, par-delà les frontières. Car notre réalité quotidienne dépasse le cadre des frontières communales cantonales et la culture – comme le sport d’ailleurs – est un moyen privilégié pour construire notre région, lui donner du sens et renforcer la qualité de vie, pour chacun et chacune.

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07/12/2012

De Töpffer à Robel !

8251570407_370a5a0ece_m.jpgAprès la superbe exposition de l'oeuvre de l'auteur genevois de bande dessinée Nicolas Robel, dont le vernissage a eu lieu hier soir à la Bibliothèque de la Cité (quelques photos ci-dessous) grâce à une magnifique collaboration des étudiant-e-s de la HEAD, j'ai le plaisir de remettre ce soir au Palais Eynard, les prix de la Ville de Genève pour la bande dessinée.

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20/08/2012

Kebabs: oser le "hors murs"

Je souhaite profiter des nombreuses réactions - souvent passionnelles - suscitées par l'installation de l'œuvre lauréate du Prix 2012 du Quartier des Bains pour réaffirmer mon attachement aux démarches artistiques qui vont à la rencontre du public, investissent la cité et osent le "hors-murs". L'œuvre lauréate est visible en ce moment sous forme de drapeaux sur le pont du Mont-Blanc (les fameux "kebabs"), ainsi que dans le Quartier des Bains lui-même (les beaucoup moins fameuses "pizzas", sous forme d'oriflammes posées ce printemps et cet automne).

 

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18/11/2011

La culture et le sport pris en otage à Genève ?

Les projets de fusion Ville-canton ou de dissolution de la Ville de Genève reviennent régulièrement dans l'histoire genevoise. Une partie de la classe politique cantonale semble avoir développé au cours des années une obsession à ce sujet qui relève plus de règlements de comptes que d'un réel projet politique.

Les plus récentes tentatives en la matière étant le projet de réforme institutionnelle du Conseil d'Etat de 1999 proposant une « scission » de la Ville de Genève en 8 communes, le projet de loi constitutionnelle du Grand Conseil de 2006 relatif à la réforme de la Ville de Genève qui s'inspire du projet de 1999, ou encore certaines idées de fusion administrative qui ont circulé à l'Assemblée constituante.

Partant du constat qu'une disparition de la Ville de Genève aurait très peu de chances de passer la rampe du scrutin populaire, de nouvelles stratégies se mettent en œuvre. Plutôt qu'un débat réellement démocratique, les tenants de cette obsession ont décidé d'étrangler la Ville par le biais d'une suppression massive de ses ressources financières.

A ce petit jeu, indépendamment du sort de la Ville de Genève, c'est toute la politique culturelle et sportive de la région qui est en danger !

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28/03/2011

Genève, ville de culture, ville d'ouverture

Un paradoxe qui me vient à l'esprit lorsque je pense à Genève, c'est ce mouvement contradictoire qui fait de cette petite ville du bout du lac à la fois une ville internationale et provinciale. Les uns la trouvent ouverte, charmante, intéressante, animée ; d'autres la qualifient de fermée, mal entretenue, dégradée, ennuyeuse.

Est-ce que cette contradiction touche aussi la vie culturelle et artistique ? A la fois foisonnante et confuse ? A la fois diversifiée et modeste ? A la fois dynamique et cloisonnée ?

Notre géographie n'est certainement pas étrangère à ces contradictions. Nous avons des institutions internationales mais un territoire minuscule. Nous avons des moyens financiers mais pas de terres pour édifier et construire. Nous avons un site naturel magnifique mais si étroit que tout y semble entassé. Nous avons une culture foisonnante, de belles institutions, mais un public restreint, en comparaison internationale. Nous avons une politique culturelle généreuse mais pas de priorités assumées.

Le développement trop rapide, pas vraiment maîtrisé, de notre région se ressent aussi dans le domaine culturel. Aujourd'hui, la région genevoise connaît un fort risque de dislocation sociale, identitaire, humaine. La culture peut subir les dommages collatéraux de cette évolution inquiétante. Elle peut aussi, au contraire, s'engager activement dans la construction de notre région sur des bases solides, dans le renforcement de la cohésion sociale, en lien avec l'aménagement du territoire, et ainsi contribuer à une nouvelle qualité de vie, qui bénéficie à toutes et tous.

Ces dernières années, la Ville de Genève, ville centre de l'agglomération, et les communes urbaines ont développé considérablement leurs moyens pour la culture. La mobilisation de montants issus du nouveau Fonds intercommunal en faveur de projets culturels associant plusieurs communes témoigne de leur volonté de travailler ensemble. De nouveaux outils pour les subventions sont mis en place, outils qui rassemblent la Confédération, les cantons et les villes Le terreau artistique est riche et diversifié. Avec les milieux culturels nous avons la responsabilité de mieux soutenir la création et le patrimoine, de clarifier la politique de subventionnement, de rassembler les partenaires en améliorant les mécanismes de concertation et de partenariat, et de faire rayonner les institutions et les projets artistiques et culturels.

Les Socialistes ont toujours défendu une approche inclusive et ouverte de la culture, sans discrimination ou œillères, et en partenariat étroit avec les acteurs et actrices de la culture. Comme le disait un slogan récent porté par nos candidat-e-s : « Cultiver la diversité, de l'Opéra à l'Usine »: de la culture émergente à la culture établie, de la culture alternative à la culture institutionnelle. Je m'inscris complètement dans cet esprit et me réjouirais de pouvoir jouer un rôle déterminant dans ce sens.

 

Coopérer pour rayonner

Les Genevois-e-s le disent souvent : on attend des pouvoirs publics qu'ils soient capables de discuter ensemble et de concrétiser les projets. Les prochains investissements culturels nécessitent une véritable coopération entre les communes et le canton, voire la région. Il faut impérativement cesser de donner l'impression de prendre en otage les milieux culturels dans des bagarres stériles entre Ville et Etat. La Nouvelle Comédie est un projet magnifique au cœur d'un nouveau « morceau » de ville. Le Canton doit être notre partenaire pour cet équipement public de dimension régionale. La concertation autour de ce projet doit être prise pour modèle pour la rénovation et l'agrandissement du Musée d'art et d'histoire, nous devons faire un projet qui rallie la population. Des coopérations doivent être initiées avec le canton de Vaud et Lausanne afin de renforcer les liens entre les écoles, les institutions et les compagnies, par exemple dans le domaine du théâtre. Comme évoqué, la construction de la région ne doit pas seulement concerner les parkings et le réseau ferroviaire : les institutions culturelles travaillent déjà ensemble, avec Meyrin, Carouge, Onex, Vernier mais aussi avec Annemasse, Annecy, Ferney-Voltaire, Saint Julien, etc. Ces projets participeront au « mieux vivre ensemble » régional.

Et lorsqu'il est question de coopération, comment ne pas mentionner le mécénat et plus largement la collaboration avec les milieux privés, domaine où il y a certainement un potentiel inexploité à Genève, si on ose la comparaison avec Bâle, par exemple.

Enfin, il y a également un potentiel inexploité dans la coopération entre culture et tourisme, sans tomber dans le piège de favoriser uniquement une apparence de prestige sélectif. Quels sont les moyens que nous pouvons et devons nous donner afin de placer des manifestations artistiques marquantes, ou des institutions, sur la carte suisse et européenne ?

 

Etablir des priorités et des critères, et améliorer les conditions de travail

La politique de subventionnement doit être rediscutée avec l'ensemble des pouvoirs publics et des partenaires artistiques. Les missions des institutions doivent être clarifiées et les soutiens aux compagnies qui rayonnent renforcés. Un rééquilibrage entre les domaines est nécessaire et ne peut se faire que si d'autres partenaires travaillent avec la Ville, y compris les partenaires privés.

Par ailleurs, la précarité des artistes est au centre des préoccupations ; l'objectif est de la réduire, le cas échéant par des démarches expérimentales. Nous devons donc imaginer de nouvelles manières de travailler, allonger la durée de vie des créations, favoriser les reprises et les tournées, améliorer l'interaction entre création, production, médiation et enseignement, et contribuer à modifier les règles du jeu. Les collectivités publiques doivent s'impliquer activement en appui aux mouvements issus du monde des artistes en vue de faire modifier les règles du jeu dans ce domaine. Une politique des arts de la scène régionale doit émerger, impliquant les villes et les cantons mais aussi les institutions et la Confédération afin mieux soutenir les créations.

 

Lancer des initiatives qui mettent en évidence les atouts de Genève

Si les collectivités publiques doivent avant tout s'impliquer dans le soutien aux projets et initiatives émanant des milieux directement concernés, elles peuvent aussi initier ou favoriser l'émergence des projets d'importance majeure en lien avec des thématiques qui caractérisent Genève et qui contribuent à son rayonnement. Je citerais deux domaines, à titre d'exemples, pour lesquels un débat peut avoir lieu dans ce sens : les droits humains et la science pour le public.

- Contrbuer à la promotion des droits humains par la culture

La promotion des droits humains est une caractéristique forte de notre Cité, les manifestations culturelles dans ce domaine doivent être renforcées, à partir de manifestations existantes comme le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH). A nous d'y associer la Genève internationale, les associations et les ONG, Genève Tourisme et tous les partenaires concernés, chez nous et ailleurs. Les artistes et acteurs culturels doivent être associés à des projets qui feront de Genève la capitale des droits humains aussi sur le plan culturel, dans une approche multi- et interdisciplinaire.

- Renforcer les rencontres entre les arts et les sciences

Le département de la culture s'occupe des arts et des sciences. Genève a une tradition scientifique très importante et des institutions publiques et privées connues internationalement. Les manifestations scientifiques doivent être développées ainsi que la médiation et la vulgarisation des institutions scientifiques. Des projets interdisciplinaires sciences et arts pourraient faire rayonner ces disciplines toutes deux expérimentales, sachant que cette interaction, bien amenée, passionne les petits et les grands, comme le montre l'exemple existant de la Nuit de la Science.

 

Embellir et animer la ville

Le département de la culture doit jouer son rôle dans l'aménagement de la Ville. Les interventions dans l'espace public sous la forme d'œuvres, d'interventions ou de manifestations font partie de la qualité des espaces publics. Les projets qui font voir notre ville, qui questionnent l'espace urbain et qui provoquent des rencontres dans les quartiers permettent de faire « voir » de l'art, d'y impliquer des habitant-e-s et de transformer leur regard sur la ville.

Ces projets n'ont pas être seulement une vocation statique. La culture peut aussi sortir encore plus de ses murs usuels et aller à la rencontre des habitant-e-s, surtout dans une approche basée sur la proximité.

 

Vivifier la ville

Les états généraux de la nuit l'ont démontré. Les villes comme Zurich ou Amsterdam ont développé des politiques qui s'occupent de l'animation de la ville. Ce sera une priorité forte : redonner de la vie au centre ville, de manière accessible pour la majorité. C'est là que peuvent s'ouvrir des cafés, des clubs de musique, des restaurants. Notre centre piétonnier est déserté et les jeunes ne savent pas où sortir. Des petits lieux culturels où donner ses premiers concerts, des endroits où danser manquent. La Ville doit ouvrir la discussion avec les commerçants et propriétaires afin d'imaginer un plan « Genève vivante », et assumer de jouer un rôle moteur dans la politique visant à garder des surfaces à loyers abordables au centre ville.

 

Mettre l'accueil du public au centre de notre attention

Genève a considérablement augmenté les budgets pour la création et les institutions. Des outils pour l'accès à la culture ont été mis en place, tarifs accessibles, chéquiers culture, manifestations gratuites, accès pour les personnes handicapées. Malgré tous les efforts de médiation et de communication, la population ne profite pas assez d'une offre diversifiée et de qualité. L'observatoire des publics doit se développer et des moyens doivent être consacrés pour que chacun et chacune se sente bienvenue dans les musées, les bibliothèques et découvre les institutions et les festivals. De plus, il faut sortir d'une logique qui se contenterait d'accueillir le public comme simple « consommateur » passif de culture ! Le public est un partenaire, un acteur à part entière, l'accueil doit donc se comprendre de manière participative et interactive. Pas besoin de réinventer la roue dans ce domaine, les exemples réussis en la matière sont nombreux pour nous inspirer, en Suisse, en France, ailleurs. La vie culturelle doit surprendre, interroger, créer du lien, donner du plaisir. Elle est un élément fort de la qualité de vie et de la qualité de la ville. Partageons là !

 

Comme le dit un proverbe africain: "La culture est la possibilité même de créer, de renouveler et de partager des valeurs, le souffle qui accroît la vitalité de l'humanité."

 

 

 

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28/01/2011

Nouvelle loi sur le chômage : dur dur pour les artistes !

Le 1er avril 2011, la révision de la Loi fédérale sur l'assurance-chômage (LACI) entrera en vigueur et conduira de nombreuses personnes dans la précarité, notamment les jeunes et les personnes de plus de 55 ans, en raison du durcissement substantiel des dispositions concernant plusieurs catégories de travailleuses et travailleurs. Cette révision aura ainsi des effets désastreux avec un transfert massif de personnes de l'assurance-chômage vers l'assistance publique.

Parmi les personnes les plus touchées par cette révision figurent les « intermittent-e-s du spectacle », c'est-à-dire les personnes exerçant de manière irrégulière et souvent à temps partiel une activité d'artiste (que ce soit dans la musique, le théâtre, la danse, etc.), parfois sur une base saisonnière.

La nouvelle loi induit un allongement des durées de cotisation nécessaires pour avoir droit aux indemnités journalières et une réduction de la durée de celles-ci, pour différentes catégories de personnes. Les délais d'attente et les périodes de cotisation exigées seront nettement plus longues (durée de cotisation de 18 mois sur deux ans, au lieu de 12 mois sur deux ans de cotisations dans l'ancienne loi).

Dans une société où la tendance au travail temporaire et à temps partiel augmente, cette nouvelle approche est néfaste. Dans le cas des artistes, où la rémunération se fait souvent aussi au cachet, c'est plus particulièrement le cas.

Artistes à l'assistance publique le 1er avril ? Un très mauvais poisson d'avril !

Depuis la votation référendaire du 26 septembre 2010, les représentant-e-s des intermittent-e-s en Suisse romande (Syndicat suisse romand du spectacle SSRS, Action intermittents, et d'autres), avec l'appui notamment du Conseil administratif de la Ville de Genève, essaient d'obtenir au moins des dispositions particulières et des mesures concrètes de la part des pouvoirs publics afin d'éviter une sérieuse aggravation de leur situation au 1er avril.

Concrètement, un grand nombre d'artistes se retrouveront à l'assistance publique dès cette date, du jour au lendemain, et donc fortement précarisés. A terme, le résultat pourrait être une division de la culture en deux mondes distincts et inégaux, avec d'une part une minorité d'artistes engagés sur une base relativement stable dans de grandes institutions financièrement bien dotées, et d'autre part un appauvrissement des autres activités culturelles faute de conditions d'emploi minimalement acceptables, réduisant ainsi la diversité et la richesse dans le domaine culturel. On freinera ainsi aussi fortement les vocations et donc la relève, entraînant une baisse qualitative et quantitative de l'expression artistique.

Les non-réponses du Canton sont inquiétantes

L'Etat de Genève avait pourtant, avant la révision de la LACI, témoigné un intérêt pour la situation des intermittent-e-s sur un plan plus large (précarité du financement des retraites, par exemple) en mettant en place un groupe de travail mixte (début 2010) à ce sujet. Toutefois, ce groupe a produit un rapport ... et il n'y a pas encore eu de suites à ma connaissance.

Plus récemment, François Longchamp, ministre de l'emploi du canton de Genève, admettait dans le Courrier (édition 28 décembre 2010) ne pas savoir combien de personnes seraient touchées dans le canton de Genève par les effets de cette révision. Rappelons que son parti (radical) avait très activement soutenu la révision de la loi sur le chômage au niveau suisse (avec l'appui massif du patronat, qui y a consacré des moyens considérables). Ce flou est inadmissible. Non seulement le Conseil d'Etat doit exiger de Berne des informations précises sur les personnes visées par l'introduction de la nouvelle loi mais doit également proposer des solutions et prévoir des moyens pour corriger ses conséquences les plus dramatiques.

Le fonds de soutien aux intermittent-e-s (alimenté de manière paritaire par le Canton et la Ville de Genève) a été, sous la pression de la gauche et à l'initiative de la Maire socialiste Sandrine Salerno, augmenté dans le budget 2011. Cela permettra de créer des emplois mais ne pourra pas corriger les pertes de revenus ou l'entrée à l'assistance publique. D'autres mesures concrètes doivent être prises urgemment !

Ces mesures sont de plusieurs ordres, et dépendent à la fois de la Confédération, du Canton et de la Ville.

Soutenir la proposition du Comité 12a

Sur le plan fédéral, le « Comité 12.a » (référence à l'article 12 alinéa a de l'ordonnance fédérale d'application de la loi fédérale), qui regroupe les nombreuses organisations soutenant les intermittent-e-s, propose justement le doublement des 90 premiers jours de cotisation (et non plus seulement les 30 premiers), adoucissant ainsi les effets pervers de l'allongement de la durée de cotisation dans le cas des intermittent-e-s du spectacle.

Ce Comité a porté cette proposition au niveau fédéral car l'ordonnance est actuellement en consultation. Cette proposition a été soutenue par Action intermittents et par les organisations professionnelles. Le Conseil administratif de Genève l'a également soutenue par le biais d'un courrier signé par Sandrine Salerno.

Le Conseil d'Etat ne peut, de son côté, se désintéresser de cette situation, sous prétexte que la politique culturelle est principalement du ressort de la Ville, alors même qu'il réclame un rôle accru dans ce domaine. Le gouvernement genevois est directement concerné, car il est responsable de la formation et la relève, sans compter ses responsabilités en matière de défense de l'emploi. Ce serait particulièrement cynique de ne pas prévoir des mesures compensatoires, selon ce qui figurera dans la version finale de l'Ordonnance fédérale d'application de la LACI révisée.

Des mesures multiples, un débat ncéessaire, des décisions urgentes

Différentes mesures sont envisageables à court, moyen et long terme. Certaines améliorent directement le statut social de l'artiste ; d'autres améliorent l'activité elle-même avec un effet positif sur l'emploi mais aussi sur la production et la diffusion des œuvres, voire la collaboration régionale, interurbaine et transfrontalière. La Ville de Genève, qui reste l'acteur le plus engagé de la politique culturelle à Genève, doit évidemment assurer un rôle très actif et le Conseil administratif a déjà témoigné de son engagement. Toutefois on attend aussi un engagement fort du Canton dans ce domaine. Parmi les mesures je citerai :

  • Prévoir des mesures compensatoires provisoires, à court terme, pour pallier aux effets immédiats de l'entrée en vigueur de la LACI révisée le 1er avril 2011 ;
  • Mettre en place une assurance « perte de gain » ad hoc pour toutes et tous les artistes, sous une forme ou une autre ;
  • Revoir le système de financement (aide financières pour les spectacles) afin de payer également le travail en amont et après les spectacles, ceci afin de prolonger la durée des cotisations des professionnels et des artistes ;
  • Collaborer avec les autres villes et acteurs (cantons, fondations, etc.) afin de soutenir la mobilité des artistes en dehors des frontières du canton (par exemple en favorisant les spectacles dans d'autres cantons) ;
  • Initier des partenariats avec d'autres Villes en matière de production artistique ou renforcer les partenariats existants entre institutions, la Ville jouant alors le rôle de facilitatrice ;
  • Favoriser la reprise des œuvres ailleurs dans le canton (et la région !) afin, d'une part, d'allonger la durée des œuvres et donc de l'emploi et, d'autre part, aller à la rencontre des publics dans les communes, ce qui a pour effet corollaire bienvenu de renforcer la démocratisation de l'accès à la culture.

Aucune mesure ne résoudra à elle seule le problème mais il est vital et urgent d'accélérer le débat sur les mesures à prendre qui concernent l'ensemble des partenaires, et de prendre des décisions concrètes.

Il y va de la grandeur et de l'épanouissement de la culture, sur le plan de sa richesse, de sa diversité, de sa qualité, et donc de la reconnaissance de son rôle fondamental pour toutes et tous.

 

 

09:44 Publié dans Genève, Genève et la Suisse, Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : artistes, intermittents, chômage, culture | |  Facebook