25/03/2013

Bilan des Rencontres théâtrales: partenariat entre collectivités et artistes

Ce samedi 23 mars a eu lieu la huitième et dernière rencontre théâtrale au Théâtre Saint-Gervais Genève : un épilogue … et un prélude à la suite. Alors que lors des 7 soirées précédentes, j’ai surtout écouté les intervenant-e-s et les échanges, j’ai cette fois dressé un premier bilan de cette démarche innovante, bilan très satisfaisant. Cet épilogue a également permis de faire le point sur les initiatives développées depuis le début de la législature et sur les engagements pris en matière de politique théâtrale.

Lire la suite

16:22 Publié dans Arts de la scène, Genève, Nouvelle Comédie, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

13/03/2013

Une institution centenaire, qui réclame un engagement déterminé et convaincu

Le projet de rénovation et extension du Musée d’art et d’histoire de la Ville de Genève (MAH), par son importance, sa complexité, son ambition, justifie certainement un débat public animé. Institution culturelle de référence, de par son patrimoine, son histoire et son rayonnement, le MAH doit occuper une place centrale dans le paysage muséal, au cœur de la Cité, dans le cœur des Genevois-e-s, mais aussi pour nos visiteurs.

Lire la suite

12:20 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

11/03/2013

Le livre, un bien essentiel à la vie !

Il y a exactement un an, le 11 mars 2012, le peuple suisse refusait malheureusement la solution proposée pour le prix unique du livre (LPL) ; rappelons que la Suisse romande et plus particulièrement Genève avaient accepté cette proposition qui permettait de maintenir une offre diversifiée, un réseau dense de libraires et une chaîne indépendante et complète du livre.

Lire la suite

16:49 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : livre | |  Facebook

06/02/2013

Des musées pour construire l’avenir

Comme le relevait Elisabeth Chardon dans l’édition du Temps du week-end dernier, Marseille a lancé son année de Capitale européenne de la culture les 12 et 13 janvier derniers. Les visiteurs et visiteuses profiteront d’un programme très riche durant toute l’année avec plus de 400 événements prévus. Mais surtout, les habitant-e-s de la Cité phocéenne auront une année pour s’approprier pas moins de 6 équipements muséaux rénovés ou nouveaux, dont le fameux Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), projet national conçu il y a plus de 10 ans.

Lire la suite

10:54 Publié dans Air du temps, Genève, Musées | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

19/12/2012

Des paroles aux actes !

 

Samedi 8 décembre, Genève était à la fête. Les cortèges, fifres et tambours résonnaient au cœur de la Ville, tandis qu’une majorité du Conseil municipal votait son budget 2013, à l’équilibre.  

Ce vote est le signe d’une ville raisonnable. Bien des efforts doivent être encore poursuivis dans le domaine des investissements, j’y reviendrai dans un prochain billet. Les élu-e-s qui ont voté ce budget ont néanmoins donné un signal clair de respect et d’attachement aux infrastructures, aux manifestations et aux prestations de la Ville de Genève, qu’il s’agisse de places de crèche, de la sécurité de proximité, l’existence de lieux pour pratiquer une multitude de sports, le fonctionnement de nos musées, du Grand Théâtre de Genève ou encore l’ensemble des mesures encourageant la création et l’accessibilité à celles-ci.

 

Lire la suite

11:51 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

07/12/2012

De Töpffer à Robel !

8251570407_370a5a0ece_m.jpgAprès la superbe exposition de l'oeuvre de l'auteur genevois de bande dessinée Nicolas Robel, dont le vernissage a eu lieu hier soir à la Bibliothèque de la Cité (quelques photos ci-dessous) grâce à une magnifique collaboration des étudiant-e-s de la HEAD, j'ai le plaisir de remettre ce soir au Palais Eynard, les prix de la Ville de Genève pour la bande dessinée.

Lire la suite

20:29 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, bande dessinée, bd | |  Facebook

31/08/2012

Un pont esthétique qui marque un tournant symbolique!

Ce jeudi 30 août a lieu un événement réjouissant à Genève : l’inauguration d’un ouvrage d’art (dans tous les sens du terme !), en l’occurrence un nouveau pont. Evénement qui mérite d'être relevé, car ce n’est pas tous les jours qu’un véritable pont est inauguré dans une ville (le dernier à Genève étant le pont de la Fontenette, en 1971!).

Lire la suite

11:23 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

20/08/2012

Kebabs: oser le "hors murs"

Je souhaite profiter des nombreuses réactions - souvent passionnelles - suscitées par l'installation de l'œuvre lauréate du Prix 2012 du Quartier des Bains pour réaffirmer mon attachement aux démarches artistiques qui vont à la rencontre du public, investissent la cité et osent le "hors-murs". L'œuvre lauréate est visible en ce moment sous forme de drapeaux sur le pont du Mont-Blanc (les fameux "kebabs"), ainsi que dans le Quartier des Bains lui-même (les beaucoup moins fameuses "pizzas", sous forme d'oriflammes posées ce printemps et cet automne).

 

Lire la suite

08:29 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : art, culture, pont, kebab | |  Facebook

13/06/2012

Réforme des régies publiques : un danger pour le service public et la transparence !

 

Le 17 juin les Genevoises et les Genevois doivent voter sur de nombreux sujets importants, sans oublier l'élection partielle pour le Conseil d'Etat, dont l'enjeu paraît évident : restaurer la capacité du gouvernement à agir pour le bien général et la cohésion sociale à Genève, en lui donnant une majorité solidaire, ce qui signifie choisir Anne Emery Torracinta, femme intègre, compétente et engagée.

Mais dans ce billet, je souhaite surtout attirer l'attention sur l'un des objets les plus importants soumis en votation, la réforme de la gouvernance des établissements publics « Loi sur l'organisation des institutions de droit public » (L 10679), qui concerne des institutions essentielles, comme les SIG, les TPG, l'Aéroport, mais aussi de nombreuses institutions sociales, comme l'Hôpital ou l'Hospice général, ou culturelles, comme la FONDAMCO, qui chapeaute le Musée d'art moderne et contemporain.

 

Lire la suite

22:07 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, service public, votations, transparence | |  Facebook

18/11/2011

La culture et le sport pris en otage à Genève ?

Les projets de fusion Ville-canton ou de dissolution de la Ville de Genève reviennent régulièrement dans l'histoire genevoise. Une partie de la classe politique cantonale semble avoir développé au cours des années une obsession à ce sujet qui relève plus de règlements de comptes que d'un réel projet politique.

Les plus récentes tentatives en la matière étant le projet de réforme institutionnelle du Conseil d'Etat de 1999 proposant une « scission » de la Ville de Genève en 8 communes, le projet de loi constitutionnelle du Grand Conseil de 2006 relatif à la réforme de la Ville de Genève qui s'inspire du projet de 1999, ou encore certaines idées de fusion administrative qui ont circulé à l'Assemblée constituante.

Partant du constat qu'une disparition de la Ville de Genève aurait très peu de chances de passer la rampe du scrutin populaire, de nouvelles stratégies se mettent en œuvre. Plutôt qu'un débat réellement démocratique, les tenants de cette obsession ont décidé d'étrangler la Ville par le biais d'une suppression massive de ses ressources financières.

A ce petit jeu, indépendamment du sort de la Ville de Genève, c'est toute la politique culturelle et sportive de la région qui est en danger !

Lire la suite

07:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sport, culture, ville, fiscalité, constituante | |  Facebook

13/04/2011

Un pôle attractif pour les familles au Bois de la Bâtie

 

A Genève, nous avons la chance de vivre dans un site remarquable, au bord d'un lac, au pied des Alpes, avec en plus une campagne magnifique, souvent méconnue. Toutefois, il nous faut reconnaître qu'il manque, en milieu urbain, des espaces de détente attractifs et diversifiés pour les familles avec enfants de tous âges.

 

Manque d'espaces ludiques pour les familles

Certes, nous avons des parcs exceptionnels, pour la plupart d'anciens domaines privés. Le plaisir de s'y prélasser, de s'y promener, voire d'y piqueniquer (sans grillades, et en évitant de laisser ses déchets n'importe où !) est précieux, certes. Mais, outre que ces parcs sont déjà largement utilisés, leur conception n'est pas orientée vers un usage interactif. Quant aux places de jeux, elles s'adressent surtout aux enfants très jeunes, et sont d'ailleurs déjà fortement sollicitées, de même que les pataugeoires.

L'offre à destination des familles serait avantageusement complétée par un aménagement ambitieux et cohérent de notre seule réelle forêt urbaine en Ville de Genève, le Bois de la Bâtie. Aujourd'hui c'est déjà un lieu très couru aux premiers rayons de soleil : pataugeoire, espaces sportifs, buvettes, promenades, parc animalier, sont pris d'assaut. Et on n'oublie pas l'époque où le festival du même nom se tenait ... au Bois de la Bâtie, justement. Plus récemment, la Terrasse du Troc y a élu domicile plusieurs étés. Toutefois, le site est non seulement en mauvais état (cheminements usés, voire dangereux) mais de plus il manque un vrai concept pour organiser et animer ce site exceptionnel, en bordure immédiate du centre-ville, tout en respectant scrupuleusement la nature.

Toutes proportions gardées, on peut s'inspirer de la colline du Gurten à Berne, ce qui me rappelle de bons souvenirs d'enfance d'ailleurs. Elle représente un espace plus grand que le Bois de la Bâtie mais le principe est similaire.

 

Un potentiel inexploité au Bois de la Bâtie

Pourquoi ne pas imaginer une place de jeux géante, un parcours « accro-branches » comme celui du Signal-de-Bougy, des pataugeoires plus étendues, d'un petit train (à énergie solaire !) pour faire le tour du parc, des installations de sport en plein air, un parc à animaux revalorisé?

Ce serait aussi l'occasion de rénover et réaménager les deux restaurants existants. Et on pourrait aussi imaginer toute une palette d'animations, des activités culturelles de plein air plus fréquentes, des concerts, des expositions, du théâtre ambulant, y compris des activités qui inciteraient le public à s'impliquer directement. De plus, le potentiel pédagogique du site peut être bien exploité, en lien avec les arbres et toute la faune et la flore qui existent autour. Ce serait une excellente occasion de prouver qu'il est possible de concilier animation, loisirs en famille, et préservation et promotion de la nature.

Un tel projet, outre son intérêt pour les familles et les habitant-e-s en général, est passionnant en soi car il incitera des intervenant-e-s très divers à travailler ensemble, déjà au sein même de l'administration, et avec des partenaires externes, des milieux culturels, sportifs, ou des professionnel-le-s de l'animation en plein air.

Evidemment, ceci implique aussi des investissements conséquents pour la réfection de cheminements, dont certains sont en très mauvais état. Ceci étant, ces investissements sont incontournables, pour des raisons de sécurité.

Certains de ces investissements ont déjà été initiés par la Ville de Genève, et un « plan directeur » est en voie d'élaboration pour le site, sous la houlette du Service des espaces verts (SEVE), à l'initiative de Manuel Tornare: on peut donc espérer une concrétisation prochaine!

Très proche de la Ville, très bien desservi par les transports publics (encore plus lorsque le tram Onex-Bernex (TCOB) sera en service !), le Bois de la Bâtie deviendrait un lieu encore plus incontournable pour les familles !

 

 

23:25 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : aventure, loisirs, familles, bâtie | |  Facebook

12/04/2011

Des solutions pragmatiques pour les problèmes de mobilité : l'exemple de Caddie Service

Pour aborder sereinement les problèmes de mobilité il est beaucoup plus intéressant de partir des besoins que des habitudes existantes (cf. mon article précédent sur le sujet). L'exemple de « Caddie Service », préenté récemment à l'Assemblée générale de annuelle de  l'Association Transports et Environnement (ATE) (section genevoise), en est une nouvelle preuve.

Le microrecensement des transports, réalisé en 2000 (entre l'Office fédéral du développement territorial (ARE) et l'Office fédéral de la statistique (OFS)), a permis de constater, entre autres, que les loisirs constituent le principal motif de déplacement des habitant-e-s du canton de Genève (38,2% du total des déplacements), suivi par le travail - 23,1%. Même si cela ne représente pas la catégorie la plus importante de déplacements, les déplacements liés aux achats en font aussi partie et la voiture est utilisée dans 40% des cas, c'est considérable !

Certes, le volume d'achats pour une famille de quatre personnes pendant une semaine, à titre d'exemple, est important et la voiture est un moyen pratique de transporter toutes ces marchandises. Combien de fois n'ai-je pas été confronté dans les débats publics à l'exemple d'une mère (ou, plus rarement, d'un père!) de famille qui doit rapporter de grandes quantités de lait ou de céréales, voire de couches-culottes ! Et de préciser que je n'allais tout de même pas les forcer à aller en tram. Cet exemple est largement utilisé par les responsables de centres commerciaux, et les commerçant-e-s en général, pour revendiquer systématiquement la mise à disposition de nombreuses places de stationnement.

 

Origines d'un projet innovant

Lors de la construction du Centre commercial de la Praille, adjacent au Stade de Genève, l'ATE avait obtenu de haute lutte de limiter le nombre de places de parking dans ce centre commercial et de favoriser la promotion des transports publics. Afin d'offrir à la clientèle une solution concrète, le projet « Caddie-Service » a été mis en place en 2007, avec l'appui de l'entreprise Mobilidée. Il consiste à proposer aux client-e-s un système de livraison à domicile des achats effectués, pour la modeste somme de 5 francs, à l'heure souhaitée par le/la client-e. Les achats sont livrés au domicile par le biais de vélos à assistance électrique équipés de remorques. Caddie-Service est gérée par une association autonome, qui recourt à des « emplois de solidarité » (EdS, personnes au chômage depuis une longue période et affectées à un emploi dans une institution à but non-lucratif, la plus grande partie de leur salaire étant prise en charge par l'Office de l'emploi). A court terme cette approche permet de proposer une mesure de réinsertion professionnelle à des personnes au chômage depuis longtemps. Mais, en principe, un EdS doit bénéficier de réelles mesures de formation pour que la démarche fasse sens, et ce volet du projet reste à évaluer. En effet, il s'agit de pouvoir proposer ensuite à ces personnes de « vrais » emplois reconnus et rémunérés pleinement.

 

Un succès remarquable

Ce système connaît un tel succès qu'entre-temps six centres commerciaux l'ont adopté. En 2010, Caddie-Service a effectué 12'800 livraisons ! Chez Manor par exemple, 20% des livraisons se font entre-temps par le biais de Caddie-Service, diminuant d'autant le nombre de livraisons effectuées par camion. De 75 le 1er mois d'exploitation, en octobre 2010, ce magasin annonce 435 livraisons mensuelles effectuées par Caddie-Service en mars 2011. Ce mode de livraison est avantageux pour la clientèle et pour Manor, et nettement plus écologique.

La dernière innovation dans ce domaine est l'accord passé avec les TPG : depuis le 1er janvier 2011 tout détenteur ou détentrice d'un abonnement annuel unireso a droit à une livraison « Caddie-Service »  gratuite par jour, un moyen de plus d'inciter les gens à privilégier les transports publics aussi pour leurs achats.

 

Une source d'inspiration?

Sur le plan de la politique des transports et des déplacements, la réussite de Caddie-Service montre qu'il existe des alternatives pratiques, à la fois écologiques, sociales et économiques, pour le bénéfice de toutes et tous. Sans chercher à l'idéaliser au-delà du raisonnable, cet exemple est parfaitement représentatif de ce qu'on peut réussir à obtenir en matière de mobilité avec un bon mélange de créativité, de pragmatisme et de volonté politique. Cela montre qu'on peut se passer de la voiture sans renoncer à son confort, et ceci pour le bénéfice de la santé aussi bien de toutes et tous que de l'environnement !

 

11:28 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : mobilité, achats, loisirs | |  Facebook

06/04/2011

Mobilité des aîné-e-s: des solutions pragmatiques!

Ce mardi 5 avril, j'ai participé à un débat sur le thème de la mobilité en lien avec les aîné-e-s, débat qui a eu lieu à Cité Seniors. Environ 50 personnes intéressées et curieuses y ont assisté, témoignant de leurs pratiques et de leurs besoins.

Les seniors se déplacent souvent à pied et en transports publics, et, parfois, en voiture. Certaines personnes présentes ont été fières, à juste titre, de dire qu'elles circulaient à vélo ! Or, pour de nombreuses personnes âgées, la mobilité en ville peut représenter un sacré défi. Et, la multitude des chantiers en cours ne facilite pas la vie des piétons en général et donc, des seniors en particulier. Parmi les nombreux sujets évoqués, plusieurs reviennent avec insistance :

- Trottoirs : ils sont souvent étroits et encombrés (terrasses, poubelles, travaux, etc.).

- Coexistence avec les cyclistes : elle est parfois difficile lorsque certain-e-s cyclistes roulent sur les trottoirs (ce qu'ils n'ont pas le droit de faire, sauf exceptions signalées) sans respecter des piétons.

- Transports publics : certains véhicules ne sont pas encore équipés de plancher abaissé pour en faciliter l'accès et les changements dans le réseau se font au détriment de la desserte finale dans les quartiers, allongeant les distances jusqu'à l'arrêt le plus proche.

- Espace public en général : il manque des bancs en nombre suffisant et bien répartis pour faciliter des temps de repos.

- Feux de circulation : la « phase » verte pour les piétons est souvent très courte, même pour un adulte en pleine forme et constitue  une source de stress pour des personnes qui se déplacent plus lentement.

Evidemment, la multitude des chantiers en cours, s'ils amènent de réelles améliorations comme les nouvelles lignes de trams, ne facilite pas la vie des piétons en général, et donc des seniors en particulier.

 

Une démarche constructive: "Ville amie des aînés"

En fait, ces différents problèmes ont déjà été identifiés et documentés dans le cadre de la démarche « Ville amie des aînés » menée par la Ville de Genève. Cette démarche a été initiée en 2006 par Manuel Tornare, chargé du département de la cohésion sociale, de la jeunesse et des sports, et validée par le Conseil administratif. Elle correspond à un programme de l'Organisation mondiale de la santé qui a pour objectif d'inciter les villes à s'interroger sur la qualité de vie qu'elles peuvent assurer pour les aîné-e-s et les mesures à prendre pour l'améliorer.

Les questions liées à la mobilité, l'espace public et l'aménagement urbain ont occupé une large place dans cette démarche, ce qui a abouti à un état des lieux très complet et à une série de propositions détaillées. Tout ce travail, enrichi des témoignages directs d'aîné-e-s, a été effectué en étroite collaboration avec des organisations représentatives d'aîné-e-s, des organismes spécialisés comme l'Association Transports et Environnement (ATE) et les services compétents de la Ville de Genève.

Le débat de mardi montre à quel point ce travail est pertinent, puisque les propositions contenues dans le rapport issu de cette démarche se regroupent autour de six sujets principaux :

- Installer davantage de bancs

- Remplacer des bancs existants par des modèles avec accoudoirs

- Sécuriser les trottoirs

- Améliorer l'éclairage de certains lieux

- Modifier les traversées routières dangereuses (feux, etc.)

- Améliorer la lisibilité des horaires TPG aux arrêts

La plupart de ces propositions sont en voie de concrétisation ou le seront bientôt.

Certaines demandes relèvent plus largement de l'organisation des Transports publics genevois, et la Ville, qui n'a qu'une influence très partielle et indirecte à ce sujet, les relaie avec insistance. La Ville, en revanche, s'est beaucoup engagée  pour promouvoir et maintenir des lignes de quartiers (par exemple à la Jonction ou dans le quartier des hôpitaux), améliorer l'aménagement et la qualité des abribus, ou encore assurer une plus grande convivialité des « interfaces » de transport (lieux principaux où les usagers changent de tram ou bus, comme Bel-Air ou Rive). La Ville s'engage aussi en faveur d'une offre générale plus riche ainsi qu'une meilleure vitesse commerciale. Malheureusement, la Ville n'est pas toujours suivie par l'Etat, très timide en la matière.

La démarche « Ville amie des aînés » montre que des mesures très concrètes et souvent peu onéreuses peuvent déjà grandement faciliter la vie quotidienne des aîné-e-s. Il faut donc activement la poursuivre et le renforcer.

 

Coexistence respectueuse et conviviale

Evidemment, le défi, pour les autorités, réside dans les arbitrages qu'il faut nécessairement effectuer entre les différents besoins légitimes (aîné-e-s, familles et enfants, personnes handicapées, livraisons, cyclistes et piétons, etc.) dans un espace public restreint et dense. Cela suppose aussi une volonté partagée de coexistence empreinte de respect mutuel et de convivialité. Utopique ? Non, raisonnable, souhaitable et réaliste !

 

23:39 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mobilité, senior, aînés | |  Facebook

28/03/2011

Genève, ville de culture, ville d'ouverture

Un paradoxe qui me vient à l'esprit lorsque je pense à Genève, c'est ce mouvement contradictoire qui fait de cette petite ville du bout du lac à la fois une ville internationale et provinciale. Les uns la trouvent ouverte, charmante, intéressante, animée ; d'autres la qualifient de fermée, mal entretenue, dégradée, ennuyeuse.

Est-ce que cette contradiction touche aussi la vie culturelle et artistique ? A la fois foisonnante et confuse ? A la fois diversifiée et modeste ? A la fois dynamique et cloisonnée ?

Notre géographie n'est certainement pas étrangère à ces contradictions. Nous avons des institutions internationales mais un territoire minuscule. Nous avons des moyens financiers mais pas de terres pour édifier et construire. Nous avons un site naturel magnifique mais si étroit que tout y semble entassé. Nous avons une culture foisonnante, de belles institutions, mais un public restreint, en comparaison internationale. Nous avons une politique culturelle généreuse mais pas de priorités assumées.

Le développement trop rapide, pas vraiment maîtrisé, de notre région se ressent aussi dans le domaine culturel. Aujourd'hui, la région genevoise connaît un fort risque de dislocation sociale, identitaire, humaine. La culture peut subir les dommages collatéraux de cette évolution inquiétante. Elle peut aussi, au contraire, s'engager activement dans la construction de notre région sur des bases solides, dans le renforcement de la cohésion sociale, en lien avec l'aménagement du territoire, et ainsi contribuer à une nouvelle qualité de vie, qui bénéficie à toutes et tous.

Ces dernières années, la Ville de Genève, ville centre de l'agglomération, et les communes urbaines ont développé considérablement leurs moyens pour la culture. La mobilisation de montants issus du nouveau Fonds intercommunal en faveur de projets culturels associant plusieurs communes témoigne de leur volonté de travailler ensemble. De nouveaux outils pour les subventions sont mis en place, outils qui rassemblent la Confédération, les cantons et les villes Le terreau artistique est riche et diversifié. Avec les milieux culturels nous avons la responsabilité de mieux soutenir la création et le patrimoine, de clarifier la politique de subventionnement, de rassembler les partenaires en améliorant les mécanismes de concertation et de partenariat, et de faire rayonner les institutions et les projets artistiques et culturels.

Les Socialistes ont toujours défendu une approche inclusive et ouverte de la culture, sans discrimination ou œillères, et en partenariat étroit avec les acteurs et actrices de la culture. Comme le disait un slogan récent porté par nos candidat-e-s : « Cultiver la diversité, de l'Opéra à l'Usine »: de la culture émergente à la culture établie, de la culture alternative à la culture institutionnelle. Je m'inscris complètement dans cet esprit et me réjouirais de pouvoir jouer un rôle déterminant dans ce sens.

 

Coopérer pour rayonner

Les Genevois-e-s le disent souvent : on attend des pouvoirs publics qu'ils soient capables de discuter ensemble et de concrétiser les projets. Les prochains investissements culturels nécessitent une véritable coopération entre les communes et le canton, voire la région. Il faut impérativement cesser de donner l'impression de prendre en otage les milieux culturels dans des bagarres stériles entre Ville et Etat. La Nouvelle Comédie est un projet magnifique au cœur d'un nouveau « morceau » de ville. Le Canton doit être notre partenaire pour cet équipement public de dimension régionale. La concertation autour de ce projet doit être prise pour modèle pour la rénovation et l'agrandissement du Musée d'art et d'histoire, nous devons faire un projet qui rallie la population. Des coopérations doivent être initiées avec le canton de Vaud et Lausanne afin de renforcer les liens entre les écoles, les institutions et les compagnies, par exemple dans le domaine du théâtre. Comme évoqué, la construction de la région ne doit pas seulement concerner les parkings et le réseau ferroviaire : les institutions culturelles travaillent déjà ensemble, avec Meyrin, Carouge, Onex, Vernier mais aussi avec Annemasse, Annecy, Ferney-Voltaire, Saint Julien, etc. Ces projets participeront au « mieux vivre ensemble » régional.

Et lorsqu'il est question de coopération, comment ne pas mentionner le mécénat et plus largement la collaboration avec les milieux privés, domaine où il y a certainement un potentiel inexploité à Genève, si on ose la comparaison avec Bâle, par exemple.

Enfin, il y a également un potentiel inexploité dans la coopération entre culture et tourisme, sans tomber dans le piège de favoriser uniquement une apparence de prestige sélectif. Quels sont les moyens que nous pouvons et devons nous donner afin de placer des manifestations artistiques marquantes, ou des institutions, sur la carte suisse et européenne ?

 

Etablir des priorités et des critères, et améliorer les conditions de travail

La politique de subventionnement doit être rediscutée avec l'ensemble des pouvoirs publics et des partenaires artistiques. Les missions des institutions doivent être clarifiées et les soutiens aux compagnies qui rayonnent renforcés. Un rééquilibrage entre les domaines est nécessaire et ne peut se faire que si d'autres partenaires travaillent avec la Ville, y compris les partenaires privés.

Par ailleurs, la précarité des artistes est au centre des préoccupations ; l'objectif est de la réduire, le cas échéant par des démarches expérimentales. Nous devons donc imaginer de nouvelles manières de travailler, allonger la durée de vie des créations, favoriser les reprises et les tournées, améliorer l'interaction entre création, production, médiation et enseignement, et contribuer à modifier les règles du jeu. Les collectivités publiques doivent s'impliquer activement en appui aux mouvements issus du monde des artistes en vue de faire modifier les règles du jeu dans ce domaine. Une politique des arts de la scène régionale doit émerger, impliquant les villes et les cantons mais aussi les institutions et la Confédération afin mieux soutenir les créations.

 

Lancer des initiatives qui mettent en évidence les atouts de Genève

Si les collectivités publiques doivent avant tout s'impliquer dans le soutien aux projets et initiatives émanant des milieux directement concernés, elles peuvent aussi initier ou favoriser l'émergence des projets d'importance majeure en lien avec des thématiques qui caractérisent Genève et qui contribuent à son rayonnement. Je citerais deux domaines, à titre d'exemples, pour lesquels un débat peut avoir lieu dans ce sens : les droits humains et la science pour le public.

- Contrbuer à la promotion des droits humains par la culture

La promotion des droits humains est une caractéristique forte de notre Cité, les manifestations culturelles dans ce domaine doivent être renforcées, à partir de manifestations existantes comme le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH). A nous d'y associer la Genève internationale, les associations et les ONG, Genève Tourisme et tous les partenaires concernés, chez nous et ailleurs. Les artistes et acteurs culturels doivent être associés à des projets qui feront de Genève la capitale des droits humains aussi sur le plan culturel, dans une approche multi- et interdisciplinaire.

- Renforcer les rencontres entre les arts et les sciences

Le département de la culture s'occupe des arts et des sciences. Genève a une tradition scientifique très importante et des institutions publiques et privées connues internationalement. Les manifestations scientifiques doivent être développées ainsi que la médiation et la vulgarisation des institutions scientifiques. Des projets interdisciplinaires sciences et arts pourraient faire rayonner ces disciplines toutes deux expérimentales, sachant que cette interaction, bien amenée, passionne les petits et les grands, comme le montre l'exemple existant de la Nuit de la Science.

 

Embellir et animer la ville

Le département de la culture doit jouer son rôle dans l'aménagement de la Ville. Les interventions dans l'espace public sous la forme d'œuvres, d'interventions ou de manifestations font partie de la qualité des espaces publics. Les projets qui font voir notre ville, qui questionnent l'espace urbain et qui provoquent des rencontres dans les quartiers permettent de faire « voir » de l'art, d'y impliquer des habitant-e-s et de transformer leur regard sur la ville.

Ces projets n'ont pas être seulement une vocation statique. La culture peut aussi sortir encore plus de ses murs usuels et aller à la rencontre des habitant-e-s, surtout dans une approche basée sur la proximité.

 

Vivifier la ville

Les états généraux de la nuit l'ont démontré. Les villes comme Zurich ou Amsterdam ont développé des politiques qui s'occupent de l'animation de la ville. Ce sera une priorité forte : redonner de la vie au centre ville, de manière accessible pour la majorité. C'est là que peuvent s'ouvrir des cafés, des clubs de musique, des restaurants. Notre centre piétonnier est déserté et les jeunes ne savent pas où sortir. Des petits lieux culturels où donner ses premiers concerts, des endroits où danser manquent. La Ville doit ouvrir la discussion avec les commerçants et propriétaires afin d'imaginer un plan « Genève vivante », et assumer de jouer un rôle moteur dans la politique visant à garder des surfaces à loyers abordables au centre ville.

 

Mettre l'accueil du public au centre de notre attention

Genève a considérablement augmenté les budgets pour la création et les institutions. Des outils pour l'accès à la culture ont été mis en place, tarifs accessibles, chéquiers culture, manifestations gratuites, accès pour les personnes handicapées. Malgré tous les efforts de médiation et de communication, la population ne profite pas assez d'une offre diversifiée et de qualité. L'observatoire des publics doit se développer et des moyens doivent être consacrés pour que chacun et chacune se sente bienvenue dans les musées, les bibliothèques et découvre les institutions et les festivals. De plus, il faut sortir d'une logique qui se contenterait d'accueillir le public comme simple « consommateur » passif de culture ! Le public est un partenaire, un acteur à part entière, l'accueil doit donc se comprendre de manière participative et interactive. Pas besoin de réinventer la roue dans ce domaine, les exemples réussis en la matière sont nombreux pour nous inspirer, en Suisse, en France, ailleurs. La vie culturelle doit surprendre, interroger, créer du lien, donner du plaisir. Elle est un élément fort de la qualité de vie et de la qualité de la ville. Partageons là !

 

Comme le dit un proverbe africain: "La culture est la possibilité même de créer, de renouveler et de partager des valeurs, le souffle qui accroît la vitalité de l'humanité."

 

 

 

17:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture | |  Facebook

21/03/2011

Les Socialistes : un vrai bilan, des projets et des ambitions

 

Je remercie très chaleureusement toutes les électrices et tous les électeurs, chacune et chacun, pour l'engagement et la mobilisation qui ont permis d'arriver au très bon résultat des Socialistes lors des élections au Conseil municipal, dimanche 13 mars.

Dans les villes genevoises, à l'échelle de l'agglomération, la gauche s'est remarquablement bien tenue lors de ces élections. Les Socialistes représentent la première force politique urbaine et ont même progressé dans la plupart des villes, comme à Vernier, malgré une forte présence du MCG. Ainsi, les Genevois-e-s ont accordé leur confiance aux Socialistes pour continuer à les représenter et poursuivre leur action en apportant des réponses concrètes à leurs besoins, en matière de logement, d'aménagement ou de sécurité autant qu'en matière d'emploi et de politique sociale, ainsi que de vie des familles.

 

Une défaite de l'Entente

A l'exception notable de la Ville de Genève, les Verts ont également obtenu de bons résultats, et « Ensemble à gauche » a progressé en Ville de Genève. Le vrai perdant a été l'Entente (PDC et PLR) qui, par sa politique irresponsable au niveau du canton avec les amnisties fiscales et le démantèlement social, son absence de projet, son obsession maladive contre la gauche municipale largement relayée par les médias, ses divisions internes et sa pâle imitation des discours sécuritaires du MCG, a causé sa propre débâcle. Et leur errements récents et leurs divisions en matière d'alliances électorales ne sont pas de nature à rétablir une confiance largement érodée.

 

Un vote social, contre le projet de Monaco-sur-Léman

Aujourd'hui, dans le monde urbain, l'Alternative, soit les Socialistes, les Verts et Ensemble à gauche, représente la seule force politique crédible, capable de faire face aux défis majeurs qui se posent aux habitantes et habitants du canton de Genève. Le MCG a effectué une percée dans les communes urbaines, comme annoncé, mais pas au détriment de la gauche. Le vote de dimanche est avant tout social. Les Genevois-e-s sont très préoccupé-e-s par la dégradation de la cohésion sociale, l'augmentation des fractures, la dérive de Genève vers une sorte de Monaco-sur-Léman. Face à ces craintes, le vote se porte soit sur un parti qui offre de réelles réponses, comme les Socialistes, soit sur un parti qui dénonce et recourt à la tactique du bouc émissaire, mais ne propose rien de concret. Le MCG prétend défendre les petites gens mais vote systématiquement à droite au Grand Conseil et vient de prouver qu'il est complètement à droite, en cherchant à tout prix à s'allier à l'UDC et à l'Entente. A nous de montrer aux électeurs-trices du MCG que ce dernier ne les défend pas du tout!


Faire gagner une Alternative soudée: un vote compact le 17 avril!

Nous avons perdu de très peu la majorité absolue au Conseil municipal de la Ville de Genève, détenue depuis 1991. Cela obligera l'Alternative à se montrer très soudée pour faire avancer ses projets, et à avoir des liens encore plus étroits avec les partenaires et les milieux associatifs dans toute la Ville.

Lors de son Assemblée générale du 14 mars 2011, le Parti socialiste de la Ville de Genève a confirmé ma candidature aux côtés de Sandrine Salerno à l'élection du Conseil administratif le 17 avril 2011, sur une liste de quatre candidat-e-s de l'Alternative, avec Rémy Pagani et Esther Alder. En aucun cas, il ne faut croire que la victoire est déjà acquise.

La campagne sera dure et agressive, et il est impératif de se mobiliser dès à présent car chaque voix va compter. En vue du 17 avril, il faudra voter et faire voter compact le ticket de l'Alternative en Ville de Genève, soit Sandrine Salerno, Rémy Pagani, Esther Alder et votre serviteur !

 

17:30 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/03/2011

La voiture en ville : la révolution en marche !

 

Petit florilège d'informations récentes liées à la voiture : Le Salon de l'Auto comptait déjà plus de 300'000 visiteurs après le premier week-end d'ouverture (et son lot habituel de bouchons sur l'autoroute); L'Autre Salon a pu apporter une touche d'originalité et de diversité au débat sur la mobilité; les Suisses raffolent des 4x4 (Hebdo, 24.2.2011; Le Temps, 28.2.2011); Genève a connu une fois de plus des épisodes de pollution sévère aux particules fines (Le Courrier, 14.2.2011); Genève est la ville de Suisse avec la plus forte densité de places de stationnement (Le Courrier, 15.2.2011); Genève a aussi un nombre tristement élevé de points où le bruit dû au trafic routier dépasse systématiquement les valeurs d'alarme (site de l'Etat de Genève).

Le fil rouge de ce mélange automobile ? Que ce soit en termes de santé publique, d'économie locale, de qualité de vie urbaine, de relations sociales, de gestion de l'espace public, de sécurité routière : nous avons un sérieux problème. Disons-le clairement, haut et fort, oui, en ville, la voiture nous bouffe la vie !

Certes, la voiture est indispensable dans de nombreuses situations, et le restera probablement encore longtemps. L'enjeu réside dans le fait qu'il y a un mélange permanent (et humainement compréhensible) entre l'objectif, qui est la possibilité d'assurer des déplacements dans de bonnes conditions, et le moyen (voiture, transports publics, vélo ou autre). Mais il est difficile d'avoir une discussion rationnelle à ce sujet, dès lors que la voiture est perçue comme l'extension du domicile en termes de sphère privée.

 

Mirages de la technologie propre

Du coup il est tellement tentant de croire aux mirages de la technologie propre : pas de souci, les voitures deviennent propres, moins d'émissions nocives, moins de consommation, donc roulons l'âme en paix ! Problème : la hausse du nombre de véhicules en circulation et l'augmentation de la puissance moyenne (surtout en Suisse, boulimiques de gros 4x4) font plus que compenser la modeste amélioration du bilan écologique d'une partie des véhicules en circulation. De plus, le fait que certaines voitures polluent moins ne résout en rien l'un des effets négatifs majeurs que la voiture génère, à savoir une consommation faramineuse d'espace, qu'elle soit en mouvement ou l'arrêt (une voiture est à l'arrêt en moyenne 23 heures sur 24). Or l'espace est une denrée très rare à Genève, en milieu urbain, et pourrait servir à bien d'autres affectations. Imaginons un espace public avec plus de terrasses, marchés, places de jeux, bancs, fêtes, brocantes, engins sportifs de proximité en libre accès... Et dans les sous-sols, de la place pour les dépôts, pour des night-clubs qui ne dérangent personne, pour des locaux de répétition de musique pour jeunes ou autres, pour des locaux associatifs !

 

Des alternatives concrètes pour de nouvelles habitudes

L'objectif n'est pas de faire une guerre à la voiture. La mobilité est à la fois un besoin et une réalité. Mais il serait nettement plus bénéfique pour toutes et tous d'imaginer un milieu urbain où la place de la voiture devient réellement résiduelle. On peut démonter un par un la plupart des arguments objectifs ou subjectifs qui justifient le recours à la voiture :

  • Trajet domicile-travail : le pire usage possible de la voiture, dans la plupart des cas. Il faut promouvoir les transports publics (TP) pour les plus longues distances. Des parkings-relais en nombre suffisant doivent compléter les TP dans toute la région (surtout en France voisine et sur Vaud) afin de faciliter le transfert modal des personnes habitant à la fois loin et à l'écart d'un pôle TP. Pour les distances plus faibles, les «bike & ride » constituent une très bonne option.
  • Accompagnement des enfants à l'école : Un motif classique ... à démonter également, en accélérant et renforçant massivement toutes les mesures déjà connues de sécurisation du chemin des enfants à l'école : cheminements piétons, mesures de modération du trafic, surveillance des abords des écoles par la police municipale, signalisation, patrouilleurs/-euses scolaires, etc.
  • Achats utilitaires (les fameuses courses du samedi pour toute la famille et toute la semaine) : En milieu urbain, la généralisation d'un système de type Caddie-Service (livraison à domicile) remplacerait la plupart des situations où une voiture se justifie.
  • Loisirs : L'amélioration du réseau nocturne des TPG, ainsi que le week-end, offrira une réponse à ce besoin (cinémas, théâtres, restaurants, etc.), de même qu'un plus grand usage du vélo ou de la marche à pied pour les distances intra-urbaines, de moins de 3 km, avec, évidemment, une amélioration massive du réseau cyclable et des cheminements piétons.
  • Et pour les personnes peu friandes de vélo classique, le vélo à assistance électrique offre une réelle alternative au scooter ou à la voiture, pour des distances jusqu'à 15-20km.
  • En plus, il faut multiplier et développer les formules d'auto-partage de type Mobility, quitte à imaginer des incitations tarifaires !

 

Repenser l'aménagement urbain

Je le redis, pour chacune de ces catégories de déplacements, on peut sûrement identifier des situations où l'usage de la voiture se justifie. Mais si on se contentait de ceux-là, on supprimerait les bouchons, on s'épargnerait des sommes considérables pour la construction de nouveaux parkings, on retrouver rait considérablement la fluidité du trafic, toutes catégories confondues, on diminuerait drastiquement la pollution et le bruit, on améliorerait donc la qualité de vie et la santé, et on libère un espace précieux. De plus, on contribuerait à éliminer de nombreux drames humains causés par les accidents de la route. Que du bonheur ! Il ne s'agit plus de « bricoler » des solutions approximatives et incertaines, il faut repenser complètement l'aménagement urbain, l'organisation de la ville. Cela ne se fera pas en un jour, et la concertation est primordiale, mais l'objectif doit être fixé sans équivoque.

 

Un bénéfice net, économique, social, environnemental

La vie économique en profiterait aussi, par l'amélioration générale des déplacements, des conditions favorables au commerce et une attractivité nettement renforcée du centre-ville. Il est également pertinent d'examiner le rapport entre les coûts et les bénéfices d'une politique réellement offensive et créative en la matière. La facture principale proviendrait des investissements conséquents qu'il faut encore fournir en matière de transports publics (investissements et fonctionnement), et dans une moindre mesure dans les parkings-relais. Toutefois, les économies réalisées sur les temps de déplacement, le gain de qualité de vie, la diminution des coûts de la santé, sont aussi substantielles. Tous ces facteurs se cumulent pour en faire une opération réellement « rentable » au sens global du terme, économique, social et environnemental.

 

Innovons, imaginons, créons!

Pour terminer, laissons un peu aller notre imagination avec un clin d'oeil, en s'inspirant de la carte des nouveaux modes de transports publiée par l'Autre Salon (création de Chloropolis), avec un réseau de télécabines et de télésièges à travers l'agglomération. Fantaisiste? Qui sait, peut-être pas tant que ça.

Le bien-être et la qualité de vie pour toutes et tous valent largement la peine de mener une autre politique, avec une bonne dose d'imagination!

 

 

19:31 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : circulation, trafic, bouchons, pollution, qualité de vie, transfert modal | |  Facebook

08/03/2011

Sécurité : ne prenons pas les Genevoises et Genevois pour des imbéciles !

La semaine passée le MCG ressortait encore une fois de son chapeau sa proposition en matière de sécurité : les « patrouilles citoyennes » ! Des civils bénévoles se promèneraient dans les rues, équipés d'une radio pour repérer des actes délictueux et les signaler à la police.

Non seulement cette proposition n'améliore en rien la sécurité mais elle met directement en danger les personnes qui auraient la naïveté d'y participer.

Elle montre surtout que le MCG, malgré toute son agitation, n'y connaît rien en matière de sécurité et semble prendre les Genevoises et Genevois pour des imbéciles.

 

Les vrais besoins

En effet, le problème à Genève ne réside pas dans le repérage et l'annonce d'actes délictueux mais dans la capacité d'intervention rapide de la police, puis dans la capacité de traitement par l'appareil judiciaire. Ceci est d'autant plus vrai que la « petite » délinquance a augmenté (cambriolages, racket, agressions à l'arme blanche, arrachage de sacs, pickpockets, car-jacking, etc.) en parallèle à la diminution de la grande délinquance (meurtres, etc.). Demandez à un-e habitant-e des Eaux-Vives, des Pâquis ou de Plainpalais, il ou elle vous dira ce qui se passe, où, et à quelle heure. La police le sait aussi très bien. En revanche, celle-ci manque clairement d'effectifs pour assurer une présence suffisante et intervenir toujours rapidement et efficacement. La gauche réclame depuis longtemps des postes supplémentaires pour la gendarmerie et la police judiciaire, ainsi qu'une réforme radicale des méthodes de recrutement, afin de pallier enfin le problème des effectifs. De tels postes ont récemment été accordés, on espère qu'ils seront rapidement pourvus. Elle demande également depuis longtemps une simplification des procédures et un renforcement de l'appareil administratif, afin de permettre aux policiers de se concentrer sur le travail de terrain. Là aussi, on a de la peine à se faire entendre !

 

La sécurité, une affaire de professionnel-le-s

La sécurité urbaine est l'affaire de professionnel-le-s formé-e-s et équipé-e-s, relevant de l'autorité publique. Pour lutter contre la délinquance criminelle, on n'envoie pas des civils au casse-pipe face à des trafiquants de drogue, dont certains sont notoirement agressifs et dangereux. Et on ne peut que craindre des dérapages, sous forme d'escalade de la violence, de règlements de compte, de milices privées, etc.

De plus, en demandant à des civils de se promener et de signaler tout et n'importe quoi, on ne ferait que submerger encore plus la centrale de la police, déjà surchargée. Une citoyenne me racontait que, témoin d'un braquage en cours dans un supermarché, elle a tenté d'appeler la police. Pendant 3 longues minutes le n° d'urgence 117 a sonné occupé; un disque indiquait que le standard était surchargé et qu'il fallait patienter.

La proposition du MCG mélange la gestion de la délinquance criminelle, qui doit être gérée par la police, et la gestion des incivilités. Ces dernières peuvent dans certains cas relever de la police. En réalité, elles doivent surtout être abordées dans le cadre d'une démarche globale couvrant les différents domaines, tels l'éducation, le dialogue, l'intégration, le travail social, la prévention et parfois aussi la répression. Face aux incivilités, oui, tout citoyen, toute citoyenne, a évidemment un rôle à jouer, dans le cadre d'une attitude civique et responsable.

 

Surenchère simpliste et inefficace

Ce qui est regrettable, c'est la surenchère de propositions simplistes et inefficaces liées à la sécurité, au lieu d'un traitement à la fois compétent et sérieux comme évoqué ci-dessus. Les partis de la droite classique, démocrates-chrétiens et radicaux-libéraux, singent maladroitement le MCG et l'UDC, par peur de leur concurrence électorale. Un exemple : l'initiative du PLR pour l'augmentation des effectifs de la police municipale, qui enfonce des portes largement ouvertes. De plus, elle fait abstraction de la capacité de leur magistrat à recruter réellement ces policiers/-ières, de les former et de leur donner des missions claires et pertinentes. Citons aussi l'initiative sur la vidéosurveillance du PDC, qui veut nous faire dépenser des millions pour un système qui a prouvé son échec dans l'espace public, comme le signale Scotland Yard, peu suspect de « gauchisme » naïf et idéaliste. Ses représentants parlent ainsi de « utter fiasco » (échec complet) (voir aussi l'excellente page de Wikipédia à ce sujet). Faut-il rappeler qu'en matière électorale le peuple préfère l'original à la copie ?

Pendant ce temps, à Berne, c'est bien la droite dure, UDC et PLR surtout, qui freinent des quatre fers lorsqu'il s'agit de donner au corps des garde-frontières, par exemple, les moyens de ses missions en créant 200 à 300 postes de plus (voir ici). Ces partis sont donc très mal placés pour nous faire la leçon en matière de sécurité à Genève.

 

Une vraie stratégie

La sécurité est un sujet trop sérieux pour le laisser à quelques excités de la gâchette et à des piliers de comptoir. Il faudrait peut-être commencer par établir un diagnostic sérieux des problèmes de sécurité urbaine à Genève et ensuite mettre en place une véritable collaboration entre les différents intervenants, police, justice, acteurs sociaux, etc., afin de traiter de manière adéquate et ciblée les différents problèmes réellement identifiés. Une démarche systématique révèlera d'ailleurs quelques surprises par rapport aux clichés usuels ! Si le problème de la petite délinquance, en augmentation, doit être pris au sérieux, rappelons que les principales menaces aujourd'hui pour la majorité des Genevoises et des Genevois résident bien dans le risque de perdre son emploi, de ne pas trouver de logement adéquat, ou de subir un accident de la route ! Et pour les femmes, la principale cause de mortalité ou de lésions graves est la violence à domicile. Dans ce contexte, le rôle des communes, et donc de la Ville de Genève, est essentiel, mais reste subsidiaire par rapport à celui du Canton, qui a la responsabilité première en matière de police et justice. La police municipale, dont les Socialistes ont clairement soutenu le développement des effectifs et le renforcement des compétences, doit jouer avant tout un rôle de prévention et de police de proximité. Elle ne peut pas porter le poids principal de la répression de la grande délinquance. Et c'est encore moins le rôle des habitantes et des habitants.

 

17:37 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : sécurité, patrouilles | |  Facebook

28/02/2011

Genève ville de sport, ville en mouvement!

 

Plus de 130'000 personnes sont membres d'un club sportif à Genève, soit plus d'un tiers de la population du canton. C'est impressionnant! Et on ne compte pas dans ce chiffre toutes celles et tous ceux qui se dépensent et s'activent sans nécessairement adhérer à un club.

Genève est réellement une région de sport, avec une offre très riche pour toutes et tous. Jusqu'à récemment, le sport ne constituait pas vraiment un enjeu politique, sauf pour certains dossiers emblématiques comme le Stade de Genève ou plus récemment la Patinoire des Vernets. Mais, comme le relèvent avec amusement les responsables des grandes fédérations sportives du canton, elles sont de plus en plus courtisées par les différents partis politiques ... et espèrent, à juste titre, que cet intérêt perdurera au-delà des élections municipales.

Le sport représente un réel enjeu de société, comme loisir qui rassemble au-delà des origines, des âges, des statuts sociaux, bien sûr! Mais aussi comme outil au service de la santé, de la cohésion sociale, de l'éducation, de la promotion de l'égalité hommes-femmes ou de l'intégration. Le sport est également un domaine qui génère de nombreux emplois directs et indirects.

 

De nombreux défis à relever

Aujourd'hui le risque consiste à croire que les responsables politiques chargé-e-s du sport peuvent se contenter de gérer les acquis, inaugurer les grandes manifestations ou féliciter les juniors qui se distinguent. Au contraire, les défis sont plus nombreux aujourd'hui que jamais.

Ainsi, par exemple, citons les installations sportives, utilisées très intensément, qui commencent pour certaines à monter des signes de vieillissement et de vétusté. Certains équipements sont saturés dans des disciplines comme la natation, le badminton, le tennis, le football ou encore l'escalade. L'enjeu du bénévolat est aussi considérable: Les clubs en vivent et, sans clubs, pas de formation de la relève et de mouvements jeunesse, pas de compétitions locales, pas de manifestations, bref pas de sport ! Si les pouvoirs publics devaient directement assurer le travail des nombreux bénévoles, la facture serait astronomique. Sans compter la perte de liens sociaux qui en résulterait!

 

Du sport pour toutes et tous

Une autre source de préoccupation importante est celle des liens avec le sport d'élite professionnel, lorsque des intérêts économiques sont en jeu, comme dans le cas du hockey sur glace ou du football. Heureusement, on n'oppose plus de manière simpliste sport d'élite et sport populaire, car on a compris qu'ils se complètent nécessairement, le sport d'élite inspirant le sport populaire, et ce dernier assurant la relève pour le premier. Mais les règles du jeu doivent être claires! Les collectivités publiques n'ont pas pour vocation de subventionner directement les salaires parfois mirobolants des joueurs professionnels. Leur rôle est d'assurer des conditions-cadres favorables aux clubs d'élite, notamment au niveau des infrastructures (patinoire, stade, etc.), et de soutenir financièrement la formation de la relève, junior et adulte. Ainsi, un GSHC ou un SFC pourront continuer à faire vibrer les cœurs des Genevoises et Genevois, dans de bonnes conditions, avec des budgets équilibrés et sans risquer un mélange malsain des genres.

 

Jouer en équipe

Ces dernières années la politique sportive s'est animée. Comme la culture, le sport reste, en Suisse, avant tout une responsabilité communale, ce qui permet une grande proximité avec les milieux sportifs. Manuel Tornare, magistrat en charge du sport en Ville de Genève, a initié plusieurs démarches prometteuses, dont celle d'une véritable concertation entre les communes afin de coordonner les politiques liées aux installations, à leur utilisation et aux subventions. Aujourd'hui, il n'est plus envisageable de développer en parallèle 45 politiques communales différentes des sports, sur le modeste territoire cantonal. Les communes et le canton doivent planifier ensemble de nouvelles infrastructures et mettre en commun des ressources pour leur financement et leur entretien. Il manque à Genève des installations comme une patinoire, une deuxième piscine olympique couverte, des terrains de squash, de badminton, de tennis, ou des murs de grimpe, pour ne citer que ces quelques cas. On doit imaginer aussi une utilisation plus intensive des installations existantes sur le plan des horaires de mise à disposition, ains que des petites installations de proximité favorisant la pratique du sport au quotidien. La tarification peut encore être améliorée pour favoriser l'accès des familles, et on pourrait offrir à chaque enfant atteignant 10 ans la première année de cotisation au club sportif de son choix. Il est temps de rassembler les forces et les compétences pour répondre aux besoins de la population de la région et de ne plus regarder son petit pré carré sans vision globale.

 

Gagner ensemble

De même, Manuel Tornare a lancé, avec les communes et l'Etat, le processus de créer une Fondation afin de favoriser à Genève l'organisation de grandes manifestations sportives et travailler de manière plus régulière avec le secteur privé. Ce processus a d'ailleurs contribué à sauver plusieurs manifestations dont, entre autres, le Marathon et le Triathlon de Genève. L'Etat, qui pendant des années, s'est désintéressé du sport, commence à changer d'attitude sous l'impulsion de Charles Beer et a initié un plan d'action pour le sport. Comme exemple d'une démarche très positive, citons celle en faveur du sport-études, soit la conciliation entre études scolaires et entraînement sportif pour des juniors prometteurs.

Des initiatives ont été prises afin de dynamiser les relations entre les Autorités et les fédérations et associations sportives, surtout dans le domaine des subventions. Les partenaires ont besoin de reconnaissance pour tout le travail effectué par les milliers de personnes qui s'engagent bénévolement tout au long de l'année. Ce travail ne fait que commencer, il est nécessaire de renforcer les liens et la collaboration pour mieux identifier les besoins et les réponses à leur apporter. Même si le bénévolat joue un rôle fondamental, l'argent est évidemment aussi vital. Sur impulsion des Socialistes et de leurs deux représentant-e-s actuel-le-s au Conseil administratif, Manuel Tornare (ministre des sports) et Sandrine Salerno (ministre des finances), les subventions ont été indexées (avec un effet de rattrapage) dans le cadre du budget 2010 de la Ville de Genève, ce qui a représenté 3% d'augmentation.

 

Le sport, une discipline politique d'avenir!

Ces prochaines années, la question de la place du sport dans l'accueil continu à l'école sera au cœur de nos préoccupations. Milieux sportifs, Etat et communes (notamment la Ville de Genève) devront naturellement et solidement travailler main dans la main, et répondre ainsi au vote des Genevoises et Genevois qui se sont prononcés en novembre dernier. Cette démarche implique nécessairement un partenariat élargi, incluant aussi les maisons de quartier, les associations de parents d'élèves ou d'habitants, etc. Ceci m'amène à insister sur le potentiel encore insuffisamment reconnu et exploité du sport à Genève comme outil au service de la politique de la jeunesse ou au service de l'intégration.

Au vu des défis qui attendent le sport genevois, des initiatives déjà engagées, et de la motivation certaine des acteurs concernés, tous les ingrédients sont réunis pour que la politique sportive figure dans les principaux sujets de la prochaine législature! Je me réjouirais de servir pour une pareille aventure.

 

16:55 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sport, communes | |  Facebook

25/02/2011

Promotion du hockey sur glace: pour une stratégie cohérente et crédible

 

Jeudi 24 février, Simon Brandt, conseiller municipal PLR, exprimait dans les colonnes de la Tribune de Genève son enthousiasme pour le hockey sur glace en général, et le GSHC en particulier. Cet enthousiasme est largement partagé à Genève et on ne peut que s'en féliciter. Mais lorsque les autorités prennent des décisions qui engagent l'argent du contribuable, il n'y a pas de place pour du bricolage ou des propositions bâclées. De plus, les autorités ont à cœur de satisfaire tous les besoins en matière de glace: patinage populaire ou artistique, curling, manifestations populaires (soirées « Disco on Ice » par exemple).

 

Limites de l'actuelle Patinoire

La vénérable Patinoire des Vernets, qui date des années 50, ne correspond plus aux impératifs d'un club de hockey sur glace qui veut pouvoir « régater » en ligue nationale A. Avec ses 6'800 places elle constitue la plus petite patinoire du championnat suisse de première division. Lorsque MM. Tornare et Pagani ont repris le dossier en main, en juin 2007, tout était bloqué: les relations entre le Genève Servette Hockey Club et la Ville étaient au plus mal, et le crédit de rénovation était en passe d'être refusé parle Conseil municipal. Leur intervention a permis de rétablir un climat sain de collaboration avec le GSHC, et de convaincre le Conseil municipal de voter deux crédits successifs, de plus de 13 millions de francs, ainsi que d'initier une démarche de mise en commun des efforts pour le mouvement jeunesse. Jusqu'à cette date la Patinoire ne disposait d'aucune loge VIP. La rénovation, terminée en septembre 2009, a permis d'en créer plusieurs, que le Club exploite pleinement. Toutefois, il est exact que cette étape n'a pas suffi pour permettre au Club d'atteindre son équilibre financier et, depuis, différentes options sont étudiées afin de résoudre ce problème. Une première modification a d'ailleurs été réalisée par le Club en décembre 2010, avec le feu vert de la Ville, améliorant les gradins des sièges situés en-dessous des loges. Ceci étant, il faut bien se rendre compte que la Patinoire actuelle atteint clairement ses limites. De plus, le GSHC et la Ville sont soumis, évidemment, aux autorisations délivrées par l'Etat, soit par le biais du DCTI, département de M. Mark Muller. Ce département se montre très pointilleux, sur la base des normes en vigueur pour la construction, la sécurité et la protection du patrimoine, ce qui prend nécessairement du temps.

 

Infrastructure et promotion du hockey en général: destins liés!

La question de l'infrastructure va de pair avec l'ensemble des mesures concernent de près ou de loin la promotion du hockey sur glace à Genève, notamment la formation de la relève et le subventionnement du mouvement jeunesse, et la promotion des sports de glace en général. Sur la question des subventions au mouvement jeunesse « Genève Futur », je relève que le groupe PLR au Conseil municipal était divisé lors de la séance plénière du Conseil municipal le 16 février 2011: les radicaux plaidaient pour un versement immédiat des subventions et les libéraux soutenaient la position du Conseil administratif, sous l'égide de Manuel Tornare, posant d'abord des exigences en matière d'efficacité, de rigueur et de transparence. Comment peuvent réagir d'autres disciplines sportives si on renonçait dans ce cas aux exigences les plus simples alors que des montants considérables sont en jeu? Ce dossier fournit d'ailleurs l'occasion d'une clarification des règles du jeu en matière de soutien public du sport d'élite, ce qui est bénéfique.

 

L'enjeu: une nouvelle Patinoire

En ce qui concerne la patinoire, à part quelques mesures correctives, à étudier et réaliser en collaboration avec le GSHC, il ne fait pas de sens d'investir encore des montants considérables dans l'enceinte actuelle , ce qui relèverait de l'acharnement thérapeutique. Le GSHC ne le demande plus d'ailleurs. La priorité va à la construction d'une nouvelle patinoire, d'une capacité raisonnable (8 à 10'000 places), polyvalente, de préférence sur le site des Vernets, proche de l'actuelle. Elle pourrait faire l'objet d'un partenariat public-privé.

Seule une approche globale et cohérente garantira donc des solutions viables à long terme pour que le Genève Servette Hockey Club puisse jouer encore longtemps dans de bonnes conditions et que le public genevois puisse pleinement profiter de sa passion pour les sports de glace.

 

 

 

10:08 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : hockey, patinoire, sport, gshc | |  Facebook

21/02/2011

Prestations sociales municipales AVS/AI: non au diktat de l'Etat!

 

Lors de son point de presse du jeudi 17 février, le Conseil d'Etat communiquait enfin sa position concernant les prestations sociales de la Ville de Genève pour les rentiers AVS et AI résidant en ville de Genève. La menace d'une annulation du budget de la Ville de Genève planait, au motif que ces prestations seraient contraires  au droit supérieur, cantonal et surtout fédéral.  Les autorités de la ville, emmenées par Manuel Tornare, en charge du département de la cohésion sociale, et Sandrine Salerno, maire et en en charge du département des finances, ont toujours contesté ce point de vue, avec l'appui actif de la majorité de gauche du Conseil municipal.

A la veille des élections municipales le Conseil d'Etat n'a finalement pas osé exécuter ses menaces. Officiellement, la Ville est donc autorisée à continuer à verser le supplément municipal à ceux et celles qui en bénéficient déjà, en vertu de la logique des droits acquis. Toutefois, le Conseil d'Etat estime que la Ville ne devrait plus accepter de nouveaux bénéficiaires !

Inégalité de traitement et leçons de l'Etat : inacceptable !

Cette demi-mesure est inacceptable puisqu'elle introduit une inégalité de traitement. Pourquoi une personne résidant en ville de Genève et bénéficiant d'une rente cantonale complémentaire n'aurait plus droit à une rente municipale ? Je ne suis pas juriste mais je me réjouirais de voir un tel cas soumis à la justice !

Rappelons que la Ville verse aux bénéficiaires d'une rente cantonale versée par le Service des prestations complémentaires (SPC, ex-OCPA) un complément mensuel de 185 francs pour une personne seule et 265 francs pour un couple. Il s'agit d'un droit, en vigueur depuis bientôt 30 ans ! Le montant actuel versé par la Ville représente environ 10 millions de francs par an.

Le Conseil d'Etat se permet de faire la leçon à la Ville en lui proposant de couvrir d'autres besoins sociaux avec cet argent, par exemple les personnes âgées subissant « l'effet de seuil » (personnes dont le revenu net dépasse les seuils pour obtenir un soutien public). En tant que socialistes, nous refusons d'opposer les besoins et d'effectuer un nivèlement par le bas, cela nous l'avons toujours dit et c'est ainsi que nous concevons la justice sociale !

 

Ne pas opposer les besoins en matière sociale !

Il y a effectivement de nombreux besoins sociaux qui ne sont pas ou mal couverts à Genève, des familles aux bas revenus, des jeunes en difficulté ou d'autres personnes victimes de l'effet de seuil. On sait, par exemple, que la situation des familles monoparentales, en règle générale  des mères séparés ou divorcées, parfois aussi des pères, peut être très difficile. Mais faut-il punir les bénéficiaires actuels ou futurs des prestations municipales AVS/AI pour cette raison ? Pourquoi ne pas, au contraire, proposer une extension de ce supplément municipal à toutes les personnes concernées à l'échelle cantonale, connaissant les coûts de la vie dans l'agglomération genevoise ?

Enfin, l'argument phare de l'Entente au cours de ces dernières années pour supprimer les prestations Ville de Genève était de dire que les personnes âgées, grâce à l'amélioration de leur rente AVS et deuxième pilier, n'entraient pas dans la catégorie des personnes les plus démunies. Cela démontre une méconnaissance sur ce dossier. En effet, même si une partie de nos aîné-e-s ont amélioré leur niveau de vie il n'en reste pas moins que de nombreuses personnes se trouvent dans des situations de précarité et de pauvreté. De plus, à l'avenir on peut s'attendre à une péjoration de cette situation étant donné qu'il y a un nombre important de nos concitoyen-ne-s qui ne cotisent pas ou très peu au deuxième pilier ou qui vivent des situations de précarité (postes temporaires, travail sur appel, périodes de chômage répétées, AI, divorces, notamment). Des rentes complémentaires suffisantes constituent donc une des meilleures garanties possibles contre une forte augmentation de la pauvreté au 3ème âge, qui signifierait une régression sociale considérable.

Les Socialistes ont toujours défendu le développement de prestations sociales ciblant aussi d'autres besoins, tels qu'évoqués ci-dessus, et le Conseil municipal s'est mobilisé à de maintes reprises autour de ces enjeux. Parmi les nombreuses interventions parlementaires à ce sujet, citons en particulier la motion M-682 déposée en 2007 par l'Alternative et intitulée « Pour le maintien de l'action sociale en faveur des aîné-e-s et des personnes précarisées de la ville de Genève », ou la motion socialiste M-863 intitulée « Aides sociales urgentes: il y a urgence » (2009).

 

Développer les prestations pour d'autres groupes, en plus des aîné-e-s, ensemble avec les autres villes genevoises

Aujourd'hui, de plus en plus, on assiste à un report de charges sociales de la Confédération vers les cantons (exemple d'actualité : l'entrée en vigueur de la Loi révisée sur l'assurance-chômage le 1er avril, qui va précipiter des centaines de personnes vers l'assistance publique à Genève). Cette approche incite les cantons, y compris Genève, à prendre des mesures d'économie dans les prestations sociales (révision des prestations du SCARPA, suppression récente du RMCAS etc.). Ceci induit à son tour des charges supplémentaires vers les communes, notamment les villes comme Genève, qui sont aux premières loges pour subir les effets sociaux à la fois de la crise qui touche une partie de la population et de ces reports  de charges. Nous sommes évidemment prêts à assumer nos responsabilités en la matière et pouvons le faire de manière efficace, vu que nous connaissons très bien la réalité sur notre territoire grâce à notre politique de proximité. Mais nous dénonçons aussi cette tactique qui vise à étouffer financièrement les villes, souvent à majorité de gauche. Ces prochaines années, l'évolution des besoins et leur augmentation va nous amener à devoir redéfinir la politique sociale municipale, sans remettre en cause les acquis, afin de s'assurer du maintien de la cohésion sociale et de lutter contre la précarisation, la pauvreté et l'exclusion. L'un des axes prioritaires est certainement une collaboration accrue avec les autres villes genevoises, comme Vernier, Meyrin, Onex, Lancy, Carouge et les autres, dans la mesure où nous faisons face à des problématiques similaires. Cette collaboration renforcée portera très certainement sur des enjeux comme les jeunes en grande difficulté d'insertion (avec toute une série de projets municipaux déjà réalisés, comme les antennes d'insertion) et les familles à bas revenus, notamment monoparentales. Pour les familles avec des enfants en âge de scolarité primaire, le changement de l'organisation scolaire va d'ailleurs à la fois créer des opportunités et des besoins.

Refuser le chantage de l'Etat

En ce qui concerne les prestations aux aîné-e-s, le Conseil d'Etat a au moins, enfin, admis la légitimité de ces prestations. Mais il est exclu de répondre au chantage qu'il exerce en arrêtant d'accueillir de nouveaux bénéficiaires ! Ces prochaines années il faudra mener la bataille pour que cette rente devienne un droit à l'échelle cantonale. Parallèlement, nous devons veiller à ce que les autres besoins soient aussi couverts, dans une agglomération qui se distingue par une santé économique presque insolente (cf. l'article du magazine français « Le Point » du 17 février 2011) et qui n'a donc pas le droit d'accepter de pareilles disparités sociales !

 

17:29 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : prestations, aînés | |  Facebook