14/11/2016

Collectionner le monde

« Collectionner des photographies, c’est collectionner le monde. » Susan Sontag

Depuis les premiers temps de la photographie – depuis l’invention des daguerréotypes –, Genève a collectionné des tirages, des clichés, des plaques... Genève a donc collectionné le monde ! Genève, ou plutôt des hommes et des femmes, photographes ou simples passionnés de photographies, qui ont constitué de véritables collections dans ce domaine avant de les céder à la Ville de Genève – ou de leur trouver un abri au sein d’une fondation.


 

La Ville de Genève a donc le privilège de pouvoir compter sur d’importantes collections photographiques. Elles sont patrimoniales, artistiques, documentaires et scientifiques, et elles témoignent de manière privilégiée de notre histoire.

Nouvelle politique de soutien et de valorisation de la photographie genevoise

Ces collections sont forcément indissociables de la reconnaissance du talent des nombreux photographes qui ont vécu, travaillé ou transité par Genève et de l’intérêt que certain-e-s ont manifesté dès le début pour la photographie. Or, malgré tout cela, malgré la renommée d’artistes qui se sont exprimés par la photographie et qui ont été reconnus internationalement, malgré l’intérêt que représente ce médium pour documenter un territoire, Genève n’a pas souvent mis en avant ce domaine artistique. Et aucune réelle politique en la matière n’a été élaborée.

J’ai donc décidé de développer, durant les prochaines années, une politique culturelle d’aide et de valorisation du travail photographique. Cette nouvelle politique culturelle a été lancée au printemps 2016 à l'occasion de l'exposition Révélations au Rath et de Sans photographies à la Bibliothèque de Genève et se déploie aujourd’hui à travers différents axes.

En septembre dernier, j’ai eu le plaisir d’annoncer la mise en place d’une bourse de 25'000 francs pour un-e photographe œuvrant à un projet de photographie documentaire, sans contrainte de thématique choisie ou de lieu de réalisation. Cette proposition vient compléter les bourses pour artistes plasticien-ne-s – ouvertes aux photographes ayant une démarche artistique – attribuées chaque année sur les Fonds Berthoud, Lissignol-Chevalier et Galland par le Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève.

Après la valorisation du patrimoine existant, c’est donc un soutien aux acteurs et actrices vivant-e-s qui se met en place.

L’enquête photographique genevoise

Un soutien doublé avec l’attribution d’une enquête photographique genevoise à un-e photographe professionnel-le actif-ve et ayant un lien fort avec Genève. Ce nouvel encouragement, d’un montant annuel de 25'000 francs-, permettra tant de documenter l’évolution socio-culturelle de notre territoire que de valoriser la photographie documentaire.

J’ai la joie d’annoncer aujourd’hui l’attribution de ce mandat 2016 à Elisa Larvego, jeune photographe genevoise, formée à l’ESAA de Vevey et à la HEAD de Genève. Son approche sociologique, l’aisance dont elle fait preuve dans le cadre des reportages, son regard d’auteur et l’univers qu’elle propose dans ses photographies ont d’emblée convaincu le comité d’expert-e-s en charge de la sélection. Elisa Larvego a maintenant six mois devant elle pour traiter, avec un regard sociétal, les pratiques sportives genevoises et je suis certain que ses images permettront de mieux cerner certains enjeux de cette thématique.

En octobre 2017, un événement consacré exclusivement à la photographie permettra également aux Genevoises et Genevois de découvrir les innombrables facettes et usages de la photographie au niveau local, national et international.

Faire sortir la photographie de son cadre

Enfin, permettre à la photographie d’être montrée ailleurs que dans les espaces qui lui sont dévolus, se placer sous le regard du public dans les rues, les places ou les parcs de la ville sera l’un des fers de lance de cette nouvelle politique culturelle.

À l’heure où l’acte de photographier est devenu pour nous tous un geste quotidien – ou presque –, où les images sont omniprésentes et ont souvent un impact bien supérieur à celui des mots, je me réjouis que nous puissions ainsi mettre en avant le travail des professionnel-el-s et mieux partager et continuer d’enrichir ce patrimoine.

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