02/11/2016

(re)dessiner notre citoyenneté

J’ai eu la chance et la plaisir de participer, ce lundi 31 octobre, à la 4ème cérémonie de remise des prix CinéCivic, en présence notamment du Conseiller fédéral Alain Berset. Organisée par la Chancellerie du Canton de Genève, cette cérémonie qui s’est tenue à l'Alhambra, une magnifique salle de la Ville de Genève, était l’occasion de marquer l’importance d’un concours civique qui a réuni 360 jeunes âgés de 12 à 25 ans et provenant de 5 cantons (Genève, Vaud, Neuchâtel, Fribourg et Berne).


Il faut tout d’abord souligner que cette 4ème édition était la première à rassembler ainsi les jeunes de Suisse romande. Un enjeu citoyen important alors que le débat national s’engage sur l’apprentissage des langues à l’école. Espérons que ce magnifique développement porté par la Chancelière Anja Wyden Guelpa, pourra s’étendre à la Suisse italophone et germanophone, car c’est dans le dialogue et l’engagement citoyen que se construit notre pays.

L'expression artistique comme moyen et comme mémoire

A l’occasion de cette soirée, j’ai remis le prix de la meilleure affiche réalisée par des jeunes entre 16 et 25 ans. Or, à Genève nous avons une réelle et belle tradition de l’art de l’affiche. Et qui dit tradition dit collection… Celle-ci se trouve conservée et chaque jour agrandie à la Bibliothèque de Genève, en charge du dépôt légal depuis 1539. S’y plonger, c’est pouvoir retracer l’histoire genevoise, les conflits sociaux et politiques, les innovations sociales, les grandes manifestations et les importantes réalisations. Rassemblant, organisant et conservant toutes les publications éditées à Genève, le dépôt légal est donc un fabuleux trésor pour appréhender notre histoire et exprimer notre vision du futur.

L’affiche, en particulier, est un formidable moyen d’expression artistique et un outil efficace pour faire passer un message. Elle a pour but d’attirer l’attention, d’interpeller. Elle doit se faire remarquer au milieu de toutes les autres qui sont imposées à notre regard partout dans les villes. L’affiche doit inciter à l’adhésion afin de pousser au passage à l’acte. Elle doit donner envie. Donner envie d’acheter un produit, d’aller voir un film, une exposition ou un match ou… et c’est tellement important… d’aller voter! Elle est une sorte de porte d’entrée. Et elle garde toute sa force, même à l'époque du numérique!

80 projets: contrairement au cliché, les jeunes s'impliquent !

Par leurs réflexions et leurs réservations, les jeunes qui ont choisi de participer au concours genevois inciteront certainement des jeunes à s’engager, par l’acte de voter, dans la vie publique. Et ceci est un élément nécessaire au bon fonctionnement de notre démocratie. Les 80 projets reçus pour cette catégorie rappelaient aux jeunes qu’ils doivent oser s’exprimer, oser se prononcer pour ne pas laisser les autres décider pour soi. Ceci est juste.

Râler, contester, mais ne pas voter, cela ne sert pas à grand’chose. Utiliser Snapchat ou Twitter pour donner son avis mais ne pas voter, c’est dommage… … Suivre assidûment les nouvelles stars qui se produisent via des vidéos sur YouTube, y compris avec des messages contribuant aux débats de société, c'est bien mais cela ne suffit pas.

De notre côté, nous, les élus, nous avons également une responsabilité: celle de faire évoluer la démocratie avec les outils de son temps. L’Union des Villes Genevoises (UVG) a organisé, dans le cadre de la Semaine de la démocratie, une table ronde-débat, consacrée aux enjeux du numérique pour la démocratie. Une discussion nourrie, dense et intéressante, qui montre que les jeunes ne se désintéressent pas du tout de l’engagement citoyen et du politique.

D'ailleurs, la Commission fédérale pour l'enfance et la jeunesse (CFEJ), que j'ai l'honneur de présider depuis janvier 2016 en succédant à un autre élu genevois, Pierre Maudet, avait mené en 2014-2015 une grande étude intitulée "Ma Suisse et moi". Elle reposait sur une enquête auprès des jeunes de 17 ans en Suisse, portant sur divers enjeux de la société suisse actuelle, dont le lien avec la vie politique. Très clairement, 50% déclarent s'intéresser à la politique, mais 36% disent aussi avoir de la difficulté dans la compréhension des enjeux politiques.

La participation de toutes et tous à la vie de la Cité

Il s’agit de ne pas se contenter de dire si Snapchat, YouTube ou Twitter sont biens ou non, mais de proposer les outils d’une véritable démocratie intégrant la dimension numérique sans la rendre exclusive. La dimension numérique dépassera d’ailleurs certainement le fait de pouvoir voter par internet. Elle dessinera jusqu’aux contours de la citoyenneté, qui ne sera plus définie comme un statut ou la possession d’un papier, mais via la participation effective, de toutes et tous, à la vie de la Cité. J’en suis convaincu.

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