22/09/2016

En Ville sans ma voiture… tous les jours !

Ce dimanche 25 septembre, le Conseiller d’Etat Luc Barthassat et moi-même ouvriront les festivités proposées dans le cadre de la « Journée en sans ma voiture ». Une manifestation qui doit s’inscrire dans la volonté de montrer qu’il est possible d’investir la ville autrement… que par des voitures !


Revoir les images de la fin du 19ème siècle

Pour ce dimanche sans voiture, nous aurons en effet la chance de redécouvrir et réinvestir un périmètre de la rade dont on sait que c’est un site exceptionnel et qu’on nous envie largement. D’ailleurs, nos ancêtres l’ont connue ainsi il y a un siècle. Les images du Centre d’iconographie genevoise, ci-contre, en témoignent. Et je me réjouis de voir que l’une des premières motions municipales que j’avais initiée avec d’autres camarades, dont Sandrine Salerno, il y a plus de 20 ans, sur des dimanches sans voitures sur les quais, se voit ainsi concrétisée par le Canton, alors que nous avions traités de doux rêveurs à l’époque !

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photo Centre d'iconographie genevoise

 

Un enjeu de qualité de vie et de santé publique
En soi, une dimanche sans voitures est une opération qui peut paraître anecdotique ; elle ne va certainement pas régler de manière durable des enjeux de mobilité. Pourtant, elle permet non seulement de concrétiser, le temps d’un dimanche, ce que peut être l’espace public sans voitures, mais elle contribue aussi à ramener centre du débat public une réflexion indispensable. Je pense réellement qu’il est absolument nécessaire, en ce début de 21ème siècle bien entamé, de nous poser la question de notre mobilité et de nos espaces publics. Loin d’être des zones purement fonctionnelles de déplacement, il s’agit au contraire de nos lieux de vie, d’espaces nécessaire pour faire fructifier nos liens sociaux, échanger. Et même si les trottoirs étroits et les chaussées surchargées, bruyantes et dangereuses sont un obstacle, nous devons travailler à une réappropriation de l’espace public, l’investir de sens, de culture, d’événements partagés.


Mais il s’agit aussi d’un enjeu de santé publique. La pollution de l’air tue 10 fois plus (3000 victimes par an) que les accidents de la route (300 victimes par an). Et mettre une priorité claire sur la mobilité douce favoriserait par ricochet l’activité physique, et donc la santé publique !


Des propositions culturelles et sportives
Pour toutes ces raisons, j’ai tenu à ce que le Département de la culture et du sport s’implique dans cette « Journée sans ma voiture ». Nous y proposerons un événement sportif… et culturel et un autre plus culturel… mais qui fera aussi bouger le public !


Le premier, organisé avec le Happy City Lab de Dan Acher, proposera un parcours Vita ludique revisité, en musique et en pleine rue. Des stations seront disséminées tout autour de la Rade et des coachs et des sono mobiles accompagneront les groupes de participants aux différents postes.


La deuxième proposition, sorte de Tour de Babel musicale, rassemblera une programmation forte et rythmée. Elle proposera une exploration inédite de l’espace des quais. C’est ainsi que deux fanfares incontournables de Genève, la Revuelta et la Palenque déambuleront sur les rives. Elles s’engageront ensuite sur le Pont du Mt-Blanc pour terminer dans une battle de fanfares au milieu du Rhône ! Un comédien animera cette joute épique et encouragera le public à participer en posant des défis que les artistes devront relever !
Enfin, la clôture se fera au Jardin Anglais, avec la fanfare bien connue Haidouti Orkestrar, qui cultive l’art de la rencontre de cultures et la convivialité.

 

Volonté politique nécessaire
Je souhaite terminer ce blog avec un mot sur l’initiative 144, votée par le peuple en 2011, et qui consacrait dans la Constitution la priorité aux transports publics et à la mobilité douce. Une initiative pour laquelle il faut maintenant mettre les bouchées double. On le voit avec les magnifiques projets tels que cette « Journée sans ma voiture », ce n’est qu’en mettant une priorité claire sur la mobilité douce et les transports publics, qu’on pourra libérer l’espace public et améliorer la fluidité de la circulation pour tout le monde. Quelques chiffres illustrent d’ailleurs assez bien ce propos. La part modale du vélo à Copenhague est par exemple de 55%, à Amsterdam de 45%, à Bâle de 25%. Et à Genève ? Seulement 5% !

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photo d'une piste cyclable à Copenhague 


Pourtant, on sait aussi que le nombre de voiture par ménage est en baisse constante. En Ville de Genève, on est passé de 2000 à 2010, de 29% de ménages sans voiture à plus de 41%. La plus grande partie du trafic qui encombre nos routes est donc du trafic pendulaire dont j’espère vivement qu’il baissera drastiquement avec l’entrée en vigueur, enfin, du Léman Express, comme dans d’autres villes suisses et européennes.


Mais même le trafic de loisirs pourrait diminuer au profit d’autres modes de transport. D’ailleurs, tout le monde reconnaît que, pendant la période des vacances scolaires estivales, le trafic est beaucoup plus fluide. Or la diminution effective n’est que de 10% ; il en faut peu pour avoir une situation plus fluide ! Selon les chiffres du DETA, près d’un tiers des déplacements en voiture font moins de 3km : un potentiel certain de diminution pour une vraie amélioration de la situation !


En parallèle, on sait aussi que les Suisses pratiquent de plus en plus de sport. Il n’y a donc absolument aucune raison pour que la pratique de la marche à pied et du vélo en milieu urbain restent aussi faibles en ville. Les Genevoises et les Genevois ne sont pas moins en forme que les Copenhaguois-es. C’est juste une question d’aménagement urbain et de volonté politique!

 

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