16/02/2016

Du sport et des ondes gravitationnelles

Ce mois, pour la 12ème année, le Muséum d'histoire naturelle de la Ville de Genève organise son Mois du film documentaire, en partenariat notamment avec le Service des sports de la Ville de Genève. Une programmation placée sous le signe de la gravité, en lien, bien sûr, avec sa grande exposition Exoplanètes.


Une révolution en marche

La thématique tombe à pic, si vous me permettez le jeu de mots: la confirmation expérimentale de l'existence des ondes gravitationnelles prévues théoriquement par Albert Einstein il y a un siècle environ. Une réussite scientifique que certain-e-s qualifient d'aussi importante que  la mise au point de la lunette astronomique de Galilée.

La thématique s'inscrit aussi comme le prolongement de l'exposition « Exoplanètes », actuellement visible au Muséum, qui nous apprend ce que sont ces corps célestes détectés voilà 20 ans, mais qui va plus loin et nous interroge aussi sur notre place dans l'univers et sur notre rapport à notre propre planète, la seule que nous aurons jamais, vraisemblablement, et donc à sa finitude.

 

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La gravitation : présente partout !

Et puis le Mois du film documentaire, c'est une manifestation qui est maintenant depuis plusieurs éditions, élaborée par le Muséum en partenariat avec le Service des sports de la Ville de Genève, abordant ces dernières années les thématiques de l’eau, de la performance ou du fait de voler. Ainsi, quand le Muséum nous propose de nous pencher sur la gravitation, il nous donne matière à réflexion sur cette force mystérieuse bien que tellement courante, mais il nous propose aussi un regard sur des sportifs de l'extrême qui s'en jouent.

 Samedi après-midi, alors que la météo était à la pluie, était projeté un documentaire qui retrace la démarche de l'alpiniste suisse Ueli Steck. Surnommé "Swiss machine" pour ses ascensions éclairés et millimétrées, on a pu y découvrir sa pratique vertigineuse (et absolument hallucinante pour un béotien comme moi) défiant la gravité. On y échange aussi sur le respect de soi et des autres, sur la volonté de se découvrir et sur l'envie de se dépasser, souvent liées. Le documentaire, réalisé par Nathalie Rufer pour la télévision suisse, nous questionne en réalité enfin  sur notre propre à la chute, au risque, à la gravité.

 

Oser la rencontre, le métissage

Je vous encourage à découvrir ce "Mois du film documentaire", jusqu'au 28 février. C'est pour moi un exemple de plus de la nécessité de proposer plus que des objets ou des prestations artistiques. Le croisement des disciplines, la rencontre entre culture et sport, les apports mutuels de la science et de la culture, permettent d'ouvrir de nouvelles portes, de susciter une curiosité renouvelée et de dynamiser notre ouverture d'esprit, en échappant au moins temporairement et mentalement aux lois de l'inertie gravitationnelle.

Cette démarche me réjouis et je suis sûr qu'en plus, nombreuses et nombreux seront les spectateurs qui, après avoir assisté à une projection, auront l'envie, peut-être pas de gravir la face nord de l'Eiger ou des Grandes Jorasses en un peu plus de 2h comme Ueli Steck, mais d'aller se balader en extérieur et de mener à bien ses propres projets, à son niveau et selon ses envies.

10:27 Publié dans sport | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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