05/09/2015

Rencontre culturelle du Grand Genève : le Grand Genève sera culturel ou ne sera pas

Ce vendredi 4 septembre s’est tenue la 3ème Rencontre culturelle du Grand Genève au Forum de Meyrin, avec une participation remarquablement nombreuse d’élu-e-s de Genève, de Haute-Savoie, de l’Ain et du District de Nyon. Un rendez-vous qui permet le partage d’expériences, le renforcement des collaborations et le développement du soutien à la création, à la diffusion culturelle, mais surtout à un accès à la culture, par-delà les frontières. Car notre réalité quotidienne dépasse le cadre des frontières communales cantonales et la culture – comme le sport d’ailleurs – est un moyen privilégié pour construire notre région, lui donner du sens et renforcer la qualité de vie, pour chacun et chacune.


Grand Genève, culture, régionCes rencontres, rassemblant des représentant-e-s des collectivités publiques et des acteurs culturels du Grand Genève (agglomération franco-valdo-genevoise), sont organisées depuis 2013. A l’instigation de l’Association des communes genevoises (ACG) et en collaboration avec l’Assemblée régionale de coopération du Genevois français(ARC), une première rencontre a été organisée au Palais Eynard en septembre 2013 sur invitation de la Ville de Genève, puis en 2014 à Château Rouge, invitée par celle Annemasse. Car si la culture (les artistes comme le public) ne connaît pas de frontières, les collectivités publiques doivent encore mener un réel effort pour développer une vision commune de l’espace culturel de cette région et se coordonner pour faciliter et soutenir l’action publique dans le domaine. Les acteurs culturels eux-mêmes, artistes, animateurs-trices, responsables de lieux et d’institutions, n’ont pas attendu les politiques pour travailler ensemble, comme en témoignent le Festival de la Bâtie, le Passdanse, les projets entres scènes culturelles de la région comme St-Gervais, la Scène Nationale de Bonlieu à Annecy, le réseau des bibliothèques publiques, etc. La situation évolue rapidement et les collaborations sont maintenant de plus en plus nombreuses dans le cadre de projets culturels, d’événements artistiques ou de partenariats institutionnels, malgré les obstacles financiers, administratifs ou autres.

Porter un élan régional

La Rencontre d’hier, intégrée dans la programmation du festival de la Bâtie, a particulièrement mis en avant l’absence totale de lisibilité des structures du Grand Genève. Notre région doit maintenant être dotée des institutions nécessaires à son développement. Si la naissance du canton dans ses frontières actuelles en 1815 résulte de circonstances particulières dues aux rapports de force et aux facteurs politiques et religieux de l’époque, on peut presque considérer aujourd’hui que c’est une erreur de parcours dans l’histoire du développement de la région car son territoire ne colle plus du tout aux réalités régionales. Ce « Grand Genève » (dont on peut apprécier ou non l’appellation), est une réalité à la fois historique et contemporaine, à la fois géographique, économique, culturelle, humaine. 

Or l’instance qui régente formellement le « Grand Genève », le GLCT devenu GEC, a refusé qu’on inscrive cette rencontre dans ce cadre institutionnel, montrant le peu de cas qu’on fait de la culture pour construire cette région. La culture est censée être prise en charge par ce bon vieux CRFG, mais qui ne se réunit plus vraiment. A travers ces acronymes, qui ne valent pas même la peine d’être précisés à ce stade car ils sont en peine mutation, on constate une absence de vision partagée, de mobilisation, et surtout de prise de conscience que, si la culture ne peut certainement pas servir de panacée pour tous les enjeux du Grand Genève, transport, emploi ou logement, mais on oublie complètement le rôle premier de la politique culturelle qui est de créer du lien et du sens.

Car notre région représente aujourd’hui un bassin de près d’un million d’habitantes et habitants, avec plus de 500'000 passages à la frontière en 2011 (dans les deux sens, forcément) et près de 500'000 emplois. Cette région représente aussi plus de 1200 équipements culturels, dont moins de la moitié (574) sont situées sur le territoire du Canton de Genève, contrairement aux idées reçues.

Mais la culture n’a besoin ni d’autorisation ni de légitimation pour aller de l’avant en construisant le Grand Genève par le « bas », les communes, avec les acteurs culturels, sans attendre que le « haut » se réveille.

Aujourd’hui, l’action culturelle régionale a surtout besoin d’élan, de créativité, de lien, de sens, avec un approche pragmatique et axée sur des projets concrets, qui mettent la création et la diffusion au service de la circulation des publics et du « Vivre-ensemble ». Autant de dimensions et de valeurs qui peuvent être portées par une vision partagée de la politique culturelle commune que nous devons et voulons porter dans cette région. A ce titre l’exemple de la région bâloise est éloquent.

Un liant indispensable

Grand Genève, culture, régionComme l’a si bien dit M. Gabriel Doublet, Maire de la commune de Saint-Cergues (Haute-Savoie), par ailleurs responsable de la culture à l’ARC : « La culture est un liant indispensable, un élément fondamental du vivre ensemble, d’autant plus nécessaire dans une région qui connaît un fort développement démographique et des mutations importantes liées aux grands projets de transports et d’équipements. Il faut accompagner le changement de nos territoires.»

Je me bats pour cela depuis mon arrivée à l’Exécutif de la Ville de Genève : donner du sens à cette région, créer du lien, engager un dialogue. Des manifestations sportives comme les Jeux du Grand Genève ou les nombreuses manifestations culturelles transfrontalières (la Bâtie en ce moment, pour ne citer qu’un exemple) ont témoigné de cette capacité de la culture et du sport à fédérer, à susciter la rencontre et faciliter la compréhension mutuelle. Durant mon année de Mairie, j’ai aussi tenu à inscrire comme invité d’honneur de notre Fête nationale les communes urbaines françaises limitrophes de Genève, qui nous ont offert en retour un riche panel de leurs spécialités, souvent méconnues même des Genevoises et Genevois.

Porter la démocratie et la citoyenneté

Car la culture est un facteur de cohésion sociale. C’est aussi et peut-être surtout, pour moi, un instrument privilégié de lutte contre l’obscurantisme, de valorisation de notre diversité, d’accès à la connaissance pour toutes et tous, de participation des uns et des autres à la vie collective et à la création de sens commun. Un instrument de débat citoyen et démocratique indispensable à l’heure ou notre région en a bien besoin.

Grand Genève, culture, région

15:09 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : grand genève, culture, région | |  Facebook

Commentaires

Ecrit par notre Malraux à nous? Attention à ne pas dégonfler trop vite!

Écrit par : Mère-Grand | 05/09/2015

Comme ça vous dénigrez les institutions en place comme une "erreur de l'histoire" et prévoyez d'instaurer celle du grand Genève...

Mais il y juste un "petit détail" qui manque totalement et depuis le début au Grand Genève: La légitimité démocratique.

Et ce n'est pas quelques artistes et manifestations culturelles probablement subventionnés qui vont y changer quelques chose.

Écrit par : Eastwood | 05/09/2015

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