25/11/2013

Menaces sur les activités culturelles et sportives en Ville de Genève!

Alors que le projet de budget proposé par le Conseil administratif pour 2014 était équilibré, une majorité de circonstance, réunissant tous les partis de la droite, a cru utile d’imposer son coup de force en Commission des finances il y a deux semaines en effectuant des coupes sombres dans ce budget. Ces coupes, si elles sont confirmées en séance plénière, impacteront sérieusement plusieurs prestations de la Ville de Genève, dont l’action culturelle et sportive. En effet, elles mettent en danger notre capacité à organiser dans de bonnes conditions de grandes manifestations comme la Fête de la Musique, la Nuit des Musées ou les Jeux de Genève, ou des prestations liées aux Bibliothèques municipales, aux Ecoles de sport, ou encore les expositions temporaires dans nos musées, sans compter la surveillance et l’entretien de notre patrimoine culturel et de nos équipements sportifs.


En lien avec ces coupes brutales dans le projet de budget, la menace de suppression de plusieurs dizaines de postes a déjà largement été évoquée, à juste titre. Car cette suppression mettrait en danger le maintien d’un service public fort pour assurer des prestations indispensables, dans les domaines de l’action sociale, de la prévention des discriminations et de la promotion d’un développement durable et partagé. De plus, la suppression du Service Agenda 21 et donc de toutes les activités porterait un coup très dur à la crédibilité de Genève, cité internationale, cité des droits humains,  en Suisse et à l’étranger ; nous aurions le triste privilège d’être la ville qui supprime sa présence dans ce domaine alors que toutes les collectivités publiques développement leur action dans ce domaine.

En revanche, il a encore été peu question des coupes opérées dans les budgets de fonctionnement de l’administration (les rubriques du groupe 31, dans le jargon de la comptabilité publique). En apparence, on pourrait croire que couper dans ces budgets, ce n’est pas si grave ; il suffit de raboter un peu le « gras » et tout peut continuer comme avant. Ceci fait abstraction du fait que ces budgets ont déjà été diminués de 2% l’an dernier, sur proposition du Conseil administratif, afin d’arriver à un budget global équilibré pour 2013. Et ces moyens ne servent pas juste à acheter du papier pour les imprimantes de l’administration, loin de là ! Ils constituent un outil de travail essentiel pour mettre en œuvre les missions du service public, comme par exemple l’entretien courant des bâtiments ou leur chauffage en hiver (logements, écoles, bâtiments sportif et culturels, etc.), ou les assurances contre le vol ou les incendies.

Relevons que ce sont aussi ces lignes budgétaires qui financent la contribution de la Ville de Genève à la présence de personnes titulaires d’un poste de type « Emplois de solidarité » (EDS). Du fait des dysfonctionnements de ce système, la Ville a renforcé son engagement en faveur des EDS présents dans ses murs depuis juin 2012. Plusieurs parmi eux ont pu être engagés sur un poste d’employé-e de la Ville de Genève, et d’autres le seront, si le projet de budget 2014 tel que présenté par le Conseil administratif est voté. Les coupes prévues à la Commission des finances mettent en danger ce processus et pourraient avoir des conséquences négatives pour les EDS actifs en Ville de Genève, ce qui serait hautement dommageable !

Mais ce sont aussi ces moyens qui servent à assurer des prestations directement au service de la population, dont voici quelques exemples :

- Grandes manifestations sportives et culturelles : Fête de la Musique, Jeux de Genève, Nuit des Musées, Musiques en été, Urban Geneva pour les sports urbains

- Expositions dans les musées (comme Picasso au Musée d’art et d’histoire, Oiseaux au Museum, la CRIEE à la Maison Tavel, les Palmiers aux CJB…)

- Animations et acquisitions dans les Bibliothèques municipales

- Ecoles de sport pour les jeunes, les personnes actives et les seniors

- Surveillance et entretien de notre patrimoine culturel

Toutes ces activités dépendent d’équipes compétentes et engagées, de partenaires artistiques ou sportifs motivés, mais aussi de gros enjeux opérationnels, qui impliquent le recours à des mandataires privés (logistique, équipements scéniques pour le son ou l’image, surveillance, sécurité des biens et des personnes, promotion, etc.), donc des moyens liés au budget de fonctionnement. Ces moyens sont dépensés en grande partie auprès de PME locales ; des coupes affecteraient donc aussi directement le tissu économique genevois. L’année passée, ces lignes ont déjà été baissées, mais si on y ajoute une coupe supplémentaire, ce sont de nouvelles activités concrètes à qui on enlèvera des moyens. Le choix sera de toucher toutes les activités un peu ou d’en supprimer complétement certaines pour préserver les autres. En tout état de cause, cette coupe est impossible sans faire de réels dégâts aux prestations. On touche ainsi à ce qui nourrit la qualité de vie à Genève, qui contribue aux liens entre habitantes et habitants, à l’image de cette ville, à sa cohésion. Genève est une mosaïque passionnante et subtile, qui mérite un effort constant. Si quelqu’un prétend que toucher à la Fête de la Musique, aux Bibliothèques municipales ou aux Ecoles sportives, est anecdotique, il se trompe lourdement.

Enfin, preuve que les choix de coupes votées par la majorité de la Commission des finances sont arbitraires et sans fondements, la suppression des 100'000 francs opérée sur le soutien aux projets culturels sur l’agglomération. Un fonds qui permet pourtant de lever des soutiens financiers importants de part et d’autre de la frontière.

Et j'insiste encore une fois: le projet de budget proposé par le Conseil administratif était é-qui-li-bré. Les coupes proposées par la droite relèvent donc vraiment du saccage du service public, ni plus ni moins. Espérons donc que la raison l'emportera en séance plénière!

 

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Commentaires

Merci de montrer ce qui se tient concrètement derrière cette ligne 31 et d'en relever les enjeux. Ce que les conseillers municipaux de droite et d'extrême droite biffent d'un coup de crayon, sur un coup de tête, pour d'obscures stratégies politiciennes, ce sont très concrètement des prestations pour les habitant-e-s, des évènements qui créent des liens sociaux, de l'activité économique, et une plus-value pour la ville de Genève. Ces bénéfices en terme de tonus touristique, de créativité, et de qualité de vie méritent un investissement. Merci de défendre une Ville de Genève qui assume son rôle de centre culturel d'une agglomération de 500'000 habitant-e-s et voit plus loin et plus large que le 14 décembre, date du vote du budget au niveau municipal et de ces petits calculs politiciens.

Écrit par : THEVOZ | 25/11/2013

Quel billet alarmiste ! Non, à vrai dire, le fond du problème est autre : ces proposition de réductions budgétaires auraient comme conséquence une politique des petits copains un peu plus difficile à mettre en oeuvre :
- moins d'argent pour "recaser" une chère camarade à la tête des bibliorthèques municipales
- moins d'argent pour donner mandat aux petits copains sans expérience d'organiser des Fêtes comme celle du Nouvel-An !
Sacage du service public : que non ! Seulement une demande d'auto-examen critique, honnête et lucide de la part des responsables et des montants qu'ils dépensent.
A vous lire, je crains que l'on en soit fort loin !

Écrit par : A. Piller | 26/11/2013

Supprimer la culture vivante a été un signe de la dictature ; elle devient un signe banal de la "démocratie" d'argent: il suffit de supprimer ou de couper dans les lignes budgétaires sous prétexte d'économies. Les économistes sérieux se sont aperçus depuis un certain temps déjà qu'en matière financière, le comportement et les décisions ne s'appuient pas sur la raison.

Écrit par : Senn-Borloz Arlette | 26/11/2013

@A.Piller: L'exécutif examine volontiers des "demandes d'auto-examen critique, honnête et lucide de la part des responsables et des montants qu'ils dépensent", et d’ailleurs nous le faisons régulièrement. Un Parlement peut décider de couper dans les dépenses mais lorsqu'une majorité décide de faire des coupes sombres dans un budget qui est équilibré, coupes qui aboutiraient à des licenciements secs et des réductions de prestations pour la population si elles étaient confirmées, il est légitime de réagir pour expliquer l’impact de ces décisions. Lorsqu'on veut établir des "rapports de force" (je cite), on ne prend pas en otage les employé-e-s et la population. Pour le reste, je vous laisse la responsabilité de colporter des rumeurs à la fois poussiéreuses et malveillantes.
@Thevoz: Merci de relever que ces coupes ont des effets très concrets pour la population.
@Senn-BorlozArlette: Merci de contribuer à illustrer que ces pseudo-économies ne font aucun sens sur le plan économique et génèrent des coûts potentiels par les dégâts qu’elles engendrent. Par ailleurs, ce sont des moyens en moins pour l’économie locale, si on considère les 12 millions de coupes dans les frais de fonctionnement, consistant en mandats à de nombreuses PME genevoises. Et la culture devient trop vite une cible facile!

Écrit par : Sami Kanaan | 26/11/2013

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