25/03/2013

Bilan des Rencontres théâtrales: partenariat entre collectivités et artistes

Ce samedi 23 mars a eu lieu la huitième et dernière rencontre théâtrale au Théâtre Saint-Gervais Genève : un épilogue … et un prélude à la suite. Alors que lors des 7 soirées précédentes, j’ai surtout écouté les intervenant-e-s et les échanges, j’ai cette fois dressé un premier bilan de cette démarche innovante, bilan très satisfaisant. Cet épilogue a également permis de faire le point sur les initiatives développées depuis le début de la législature et sur les engagements pris en matière de politique théâtrale.


petite logo rencontres.pngIl paraît légitime d’affirmer que, depuis septembre dernier, les Rencontres théâtrales ont favorisé un dialogue ouvert avec les professionnel-le-s de la scène. Bien que ce processus se soit déployé durant plusieurs mois, la participation aux huit rendez-vous consacrés à différentes thématiques a été importante. Le site Geneveactive.ch a lui aussi connu une belle fréquentation avec une moyenne de plus de 2’500 visiteuses et visiteurs par mois vers sa rubrique dédiée aux Rencontres. Des représentant-e-s de toutes les disciplines des arts de la scène ont posté des commentaires attestant de l’intérêt suscité par cette démarche participative organisée avec divers partenaires.

Les débats en direct, tout comme les interventions sur le site  Geneveactive.ch , ont fait émerger des sujets comme le rôle et la responsabilité des directions d’institutions, l’avenir du théâtre transdisciplinaire, la place de la danse, celle des auteur-e-s ou du théâtre amateur. De nombreux constats, souhaits et attentes ont pu être exprimés et peuvent être consultés à l’adresse suivante :

 http://www.geneveactive.com/blog/rencontres-theatra...

Bon nombre de points discutés convergent avec les actions initiées depuis le début de la législature : l’augmentation des moyens pour soutenir la création (avec notamment la création d’une subvention nouvelle de 300'000 francs pour le Théâtre Pitoëff et l’augmentation de 200'000 francs pour le Théâtre de l’Orangerie), le rapprochement avec Lausanne qui s’est traduit par un projet pilote de convention régionale avec Dorian Rossel, le lancement d’une étude sur le Théâtre de Service public, l’organisation des Journées européennes des métiers d’art qui valorisent notamment les métiers liés aux arts de la scène. On mentionnera également le soutien apporté aux reprises et à l’ouverture du Théâtre du Galpon, la clarification budgétaire du soutien au Théâtre du Loup et au Théâtre Saint Gervais, le relogement du Teatro Malandro.

De plus, des chantiers ont été ouverts en collaboration avec le Canton; ils portent sur les relations futures avec la Loterie Romande, la reconstruction du Théâtre de Carouge ou encore l’amélioration du statut social des artistes (salaires, prévoyance professionnelle) en coopération avec les partenaires sociaux.

En outre, et non des moindres, citons le processus mis en place pour réaliser le projet de la Nouvelle Comédie à la future Gare des Eaux-Vives, avec la consultation en cours des milieux professionnels et le soutien affirmé du Canton qui considère ce projet comme d'importance stratégique pour l'agglomération genevoise.

Le dialogue de ces sept derniers mois ouvre donc des perspectives pour développer de nouvelles orientations, voire certains engagements: la création de conventions pour les auteur-e-s, le soutien plus systématique aux reprises, la réévaluation des moyens consacrés à la diffusion régionale des créations, aux projets hors les murs des institutions et aux projets allant à la rencontre de nouveaux publics.

 Une attention particulière sera portée aux missions des théâtres subventionnés, à la diversité des esthétiques et des positionnements artistiques, aux nominations de direction ainsi qu’à leur durée; l’objectif étant d’assurer un tournus suffisant pour assurer cette diversité. La question des outils de diffusion du théâtre romand doit également être approfondie et étudiée avec la Corodis, Pro Helvetia, mais également avec les autres collectivités publiques, notamment les villes.

Par ailleurs, je m’engage à définir des objectifs concernant la formation professionnelle, les postes d’assistanat et l’accueil de stagiaires dans les institutions culturelles, en utilisant nos outils que sont les conventions pluriannuelles ; outils appelés à se développer et à gagner en cohérence et en transparence.

Pour l’avenir, je souhaite poursuivre le fructueux dialogue engagé avec les professionnel-le-s, sous une forme à trouver. Le titre de cette dernière rencontre : « Epilogue : le partenariat entre collectivités et artistes » témoigne de cette volonté et promet à Genève un positionnement clair et cohérent en matière de politique théâtrale. Enfin, je salue la participation à ces Rencontres du Canton avec qui nous devons avancer, dans un contexte économique difficile, dans le renforcement des missions publiques de promotion de la diversité, de soutien à la diffusion et de développement des mesures d’accessibilité. Et réussir ensemble le projet de la Nouvelle Comédie.

16:22 Publié dans Arts de la scène, Genève, Nouvelle Comédie, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Selon le règlement en vigueur pour attribuer les subvention au théâtre, les fonds soutiennent la création et non pas la reprise… il faut penser une approche encore plus globale qui tienne compte de la durée de vie des spectacles, afin que l'oeuvre soit vue par le plus grand nombre et à des prix abordables.

Un spectacle qui n'est pas repris est un spectacle qui meurt.

Toujours étonné que la plupart des spectacles montés, ce ne sont que des "one shot".
Ceci n'est qu'un gaspillage de fric, et complètement bourgeois comme attitude.
Des spectacles jetables en quelque sorte. Antiécologique et antidémocratique.
Dans le public, seulement quelques "happy few" profitent de ce luxe.
Du coup même une pièce comme le dernier Dario Fo à la Comédie devient du théâtre bourgeois...

Tout un comble!

Nous voulons du Théâtre de la Commune. Pas du théâtre bourgeois.

À nous la liberté !!!

Écrit par : Edgar Acevedo | 02/04/2013

@Edgar Acevedo:
Il est vrai que jusqu'à récemment la Ville soutenait peu les reprises. Ce n’était pas une question de règlement mais de choix, dans le cadre de la première mission de service public, à savoir soutenir avant tout la création, qui permet une offre riche, diversifiée, créative, et ainsi aussi la formation de la relève. Ceci n'a rien à voir avec un théâtre "bourgeois" ou de luxe; de savoir si le théâtre est "bourgeois" ou non est un débat bien plus complexe et différent.
Il est toutefois parfaitement exact qu'il faut trouver un bon équilibre et que le soutien aux reprises présente de nombreux avantages, dont celui de permettre à plus de gens de voir les pièces, de les faire vivre et connaître plus largement, et de contribuer ainsi aussi à l'emploi des métiers de la scène.
La Ville soutiendra donc dorénavant plus activement les reprises, dans la mesure des moyens.

Écrit par : Sami Kanaan | 13/04/2013

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