13/04/2011

Un pôle attractif pour les familles au Bois de la Bâtie

 

A Genève, nous avons la chance de vivre dans un site remarquable, au bord d'un lac, au pied des Alpes, avec en plus une campagne magnifique, souvent méconnue. Toutefois, il nous faut reconnaître qu'il manque, en milieu urbain, des espaces de détente attractifs et diversifiés pour les familles avec enfants de tous âges.

 

Manque d'espaces ludiques pour les familles

Certes, nous avons des parcs exceptionnels, pour la plupart d'anciens domaines privés. Le plaisir de s'y prélasser, de s'y promener, voire d'y piqueniquer (sans grillades, et en évitant de laisser ses déchets n'importe où !) est précieux, certes. Mais, outre que ces parcs sont déjà largement utilisés, leur conception n'est pas orientée vers un usage interactif. Quant aux places de jeux, elles s'adressent surtout aux enfants très jeunes, et sont d'ailleurs déjà fortement sollicitées, de même que les pataugeoires.

L'offre à destination des familles serait avantageusement complétée par un aménagement ambitieux et cohérent de notre seule réelle forêt urbaine en Ville de Genève, le Bois de la Bâtie. Aujourd'hui c'est déjà un lieu très couru aux premiers rayons de soleil : pataugeoire, espaces sportifs, buvettes, promenades, parc animalier, sont pris d'assaut. Et on n'oublie pas l'époque où le festival du même nom se tenait ... au Bois de la Bâtie, justement. Plus récemment, la Terrasse du Troc y a élu domicile plusieurs étés. Toutefois, le site est non seulement en mauvais état (cheminements usés, voire dangereux) mais de plus il manque un vrai concept pour organiser et animer ce site exceptionnel, en bordure immédiate du centre-ville, tout en respectant scrupuleusement la nature.

Toutes proportions gardées, on peut s'inspirer de la colline du Gurten à Berne, ce qui me rappelle de bons souvenirs d'enfance d'ailleurs. Elle représente un espace plus grand que le Bois de la Bâtie mais le principe est similaire.

 

Un potentiel inexploité au Bois de la Bâtie

Pourquoi ne pas imaginer une place de jeux géante, un parcours « accro-branches » comme celui du Signal-de-Bougy, des pataugeoires plus étendues, d'un petit train (à énergie solaire !) pour faire le tour du parc, des installations de sport en plein air, un parc à animaux revalorisé?

Ce serait aussi l'occasion de rénover et réaménager les deux restaurants existants. Et on pourrait aussi imaginer toute une palette d'animations, des activités culturelles de plein air plus fréquentes, des concerts, des expositions, du théâtre ambulant, y compris des activités qui inciteraient le public à s'impliquer directement. De plus, le potentiel pédagogique du site peut être bien exploité, en lien avec les arbres et toute la faune et la flore qui existent autour. Ce serait une excellente occasion de prouver qu'il est possible de concilier animation, loisirs en famille, et préservation et promotion de la nature.

Un tel projet, outre son intérêt pour les familles et les habitant-e-s en général, est passionnant en soi car il incitera des intervenant-e-s très divers à travailler ensemble, déjà au sein même de l'administration, et avec des partenaires externes, des milieux culturels, sportifs, ou des professionnel-le-s de l'animation en plein air.

Evidemment, ceci implique aussi des investissements conséquents pour la réfection de cheminements, dont certains sont en très mauvais état. Ceci étant, ces investissements sont incontournables, pour des raisons de sécurité.

Certains de ces investissements ont déjà été initiés par la Ville de Genève, et un « plan directeur » est en voie d'élaboration pour le site, sous la houlette du Service des espaces verts (SEVE), à l'initiative de Manuel Tornare: on peut donc espérer une concrétisation prochaine!

Très proche de la Ville, très bien desservi par les transports publics (encore plus lorsque le tram Onex-Bernex (TCOB) sera en service !), le Bois de la Bâtie deviendrait un lieu encore plus incontournable pour les familles !

 

 

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12/04/2011

Des solutions pragmatiques pour les problèmes de mobilité : l'exemple de Caddie Service

Pour aborder sereinement les problèmes de mobilité il est beaucoup plus intéressant de partir des besoins que des habitudes existantes (cf. mon article précédent sur le sujet). L'exemple de « Caddie Service », préenté récemment à l'Assemblée générale de annuelle de  l'Association Transports et Environnement (ATE) (section genevoise), en est une nouvelle preuve.

Le microrecensement des transports, réalisé en 2000 (entre l'Office fédéral du développement territorial (ARE) et l'Office fédéral de la statistique (OFS)), a permis de constater, entre autres, que les loisirs constituent le principal motif de déplacement des habitant-e-s du canton de Genève (38,2% du total des déplacements), suivi par le travail - 23,1%. Même si cela ne représente pas la catégorie la plus importante de déplacements, les déplacements liés aux achats en font aussi partie et la voiture est utilisée dans 40% des cas, c'est considérable !

Certes, le volume d'achats pour une famille de quatre personnes pendant une semaine, à titre d'exemple, est important et la voiture est un moyen pratique de transporter toutes ces marchandises. Combien de fois n'ai-je pas été confronté dans les débats publics à l'exemple d'une mère (ou, plus rarement, d'un père!) de famille qui doit rapporter de grandes quantités de lait ou de céréales, voire de couches-culottes ! Et de préciser que je n'allais tout de même pas les forcer à aller en tram. Cet exemple est largement utilisé par les responsables de centres commerciaux, et les commerçant-e-s en général, pour revendiquer systématiquement la mise à disposition de nombreuses places de stationnement.

 

Origines d'un projet innovant

Lors de la construction du Centre commercial de la Praille, adjacent au Stade de Genève, l'ATE avait obtenu de haute lutte de limiter le nombre de places de parking dans ce centre commercial et de favoriser la promotion des transports publics. Afin d'offrir à la clientèle une solution concrète, le projet « Caddie-Service » a été mis en place en 2007, avec l'appui de l'entreprise Mobilidée. Il consiste à proposer aux client-e-s un système de livraison à domicile des achats effectués, pour la modeste somme de 5 francs, à l'heure souhaitée par le/la client-e. Les achats sont livrés au domicile par le biais de vélos à assistance électrique équipés de remorques. Caddie-Service est gérée par une association autonome, qui recourt à des « emplois de solidarité » (EdS, personnes au chômage depuis une longue période et affectées à un emploi dans une institution à but non-lucratif, la plus grande partie de leur salaire étant prise en charge par l'Office de l'emploi). A court terme cette approche permet de proposer une mesure de réinsertion professionnelle à des personnes au chômage depuis longtemps. Mais, en principe, un EdS doit bénéficier de réelles mesures de formation pour que la démarche fasse sens, et ce volet du projet reste à évaluer. En effet, il s'agit de pouvoir proposer ensuite à ces personnes de « vrais » emplois reconnus et rémunérés pleinement.

 

Un succès remarquable

Ce système connaît un tel succès qu'entre-temps six centres commerciaux l'ont adopté. En 2010, Caddie-Service a effectué 12'800 livraisons ! Chez Manor par exemple, 20% des livraisons se font entre-temps par le biais de Caddie-Service, diminuant d'autant le nombre de livraisons effectuées par camion. De 75 le 1er mois d'exploitation, en octobre 2010, ce magasin annonce 435 livraisons mensuelles effectuées par Caddie-Service en mars 2011. Ce mode de livraison est avantageux pour la clientèle et pour Manor, et nettement plus écologique.

La dernière innovation dans ce domaine est l'accord passé avec les TPG : depuis le 1er janvier 2011 tout détenteur ou détentrice d'un abonnement annuel unireso a droit à une livraison « Caddie-Service »  gratuite par jour, un moyen de plus d'inciter les gens à privilégier les transports publics aussi pour leurs achats.

 

Une source d'inspiration?

Sur le plan de la politique des transports et des déplacements, la réussite de Caddie-Service montre qu'il existe des alternatives pratiques, à la fois écologiques, sociales et économiques, pour le bénéfice de toutes et tous. Sans chercher à l'idéaliser au-delà du raisonnable, cet exemple est parfaitement représentatif de ce qu'on peut réussir à obtenir en matière de mobilité avec un bon mélange de créativité, de pragmatisme et de volonté politique. Cela montre qu'on peut se passer de la voiture sans renoncer à son confort, et ceci pour le bénéfice de la santé aussi bien de toutes et tous que de l'environnement !

 

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06/04/2011

Mobilité des aîné-e-s: des solutions pragmatiques!

Ce mardi 5 avril, j'ai participé à un débat sur le thème de la mobilité en lien avec les aîné-e-s, débat qui a eu lieu à Cité Seniors. Environ 50 personnes intéressées et curieuses y ont assisté, témoignant de leurs pratiques et de leurs besoins.

Les seniors se déplacent souvent à pied et en transports publics, et, parfois, en voiture. Certaines personnes présentes ont été fières, à juste titre, de dire qu'elles circulaient à vélo ! Or, pour de nombreuses personnes âgées, la mobilité en ville peut représenter un sacré défi. Et, la multitude des chantiers en cours ne facilite pas la vie des piétons en général et donc, des seniors en particulier. Parmi les nombreux sujets évoqués, plusieurs reviennent avec insistance :

- Trottoirs : ils sont souvent étroits et encombrés (terrasses, poubelles, travaux, etc.).

- Coexistence avec les cyclistes : elle est parfois difficile lorsque certain-e-s cyclistes roulent sur les trottoirs (ce qu'ils n'ont pas le droit de faire, sauf exceptions signalées) sans respecter des piétons.

- Transports publics : certains véhicules ne sont pas encore équipés de plancher abaissé pour en faciliter l'accès et les changements dans le réseau se font au détriment de la desserte finale dans les quartiers, allongeant les distances jusqu'à l'arrêt le plus proche.

- Espace public en général : il manque des bancs en nombre suffisant et bien répartis pour faciliter des temps de repos.

- Feux de circulation : la « phase » verte pour les piétons est souvent très courte, même pour un adulte en pleine forme et constitue  une source de stress pour des personnes qui se déplacent plus lentement.

Evidemment, la multitude des chantiers en cours, s'ils amènent de réelles améliorations comme les nouvelles lignes de trams, ne facilite pas la vie des piétons en général, et donc des seniors en particulier.

 

Une démarche constructive: "Ville amie des aînés"

En fait, ces différents problèmes ont déjà été identifiés et documentés dans le cadre de la démarche « Ville amie des aînés » menée par la Ville de Genève. Cette démarche a été initiée en 2006 par Manuel Tornare, chargé du département de la cohésion sociale, de la jeunesse et des sports, et validée par le Conseil administratif. Elle correspond à un programme de l'Organisation mondiale de la santé qui a pour objectif d'inciter les villes à s'interroger sur la qualité de vie qu'elles peuvent assurer pour les aîné-e-s et les mesures à prendre pour l'améliorer.

Les questions liées à la mobilité, l'espace public et l'aménagement urbain ont occupé une large place dans cette démarche, ce qui a abouti à un état des lieux très complet et à une série de propositions détaillées. Tout ce travail, enrichi des témoignages directs d'aîné-e-s, a été effectué en étroite collaboration avec des organisations représentatives d'aîné-e-s, des organismes spécialisés comme l'Association Transports et Environnement (ATE) et les services compétents de la Ville de Genève.

Le débat de mardi montre à quel point ce travail est pertinent, puisque les propositions contenues dans le rapport issu de cette démarche se regroupent autour de six sujets principaux :

- Installer davantage de bancs

- Remplacer des bancs existants par des modèles avec accoudoirs

- Sécuriser les trottoirs

- Améliorer l'éclairage de certains lieux

- Modifier les traversées routières dangereuses (feux, etc.)

- Améliorer la lisibilité des horaires TPG aux arrêts

La plupart de ces propositions sont en voie de concrétisation ou le seront bientôt.

Certaines demandes relèvent plus largement de l'organisation des Transports publics genevois, et la Ville, qui n'a qu'une influence très partielle et indirecte à ce sujet, les relaie avec insistance. La Ville, en revanche, s'est beaucoup engagée  pour promouvoir et maintenir des lignes de quartiers (par exemple à la Jonction ou dans le quartier des hôpitaux), améliorer l'aménagement et la qualité des abribus, ou encore assurer une plus grande convivialité des « interfaces » de transport (lieux principaux où les usagers changent de tram ou bus, comme Bel-Air ou Rive). La Ville s'engage aussi en faveur d'une offre générale plus riche ainsi qu'une meilleure vitesse commerciale. Malheureusement, la Ville n'est pas toujours suivie par l'Etat, très timide en la matière.

La démarche « Ville amie des aînés » montre que des mesures très concrètes et souvent peu onéreuses peuvent déjà grandement faciliter la vie quotidienne des aîné-e-s. Il faut donc activement la poursuivre et le renforcer.

 

Coexistence respectueuse et conviviale

Evidemment, le défi, pour les autorités, réside dans les arbitrages qu'il faut nécessairement effectuer entre les différents besoins légitimes (aîné-e-s, familles et enfants, personnes handicapées, livraisons, cyclistes et piétons, etc.) dans un espace public restreint et dense. Cela suppose aussi une volonté partagée de coexistence empreinte de respect mutuel et de convivialité. Utopique ? Non, raisonnable, souhaitable et réaliste !

 

23:39 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mobilité, senior, aînés | |  Facebook

01/04/2011

Aujourd'hui 1er avril 2011, journée des farces et plaisanteries ?

 

Pour plus de 2'300 personnes à Genève, ce jour est synonyme d'une très mauvaise farce, d'un poisson d'avril de mauvais goût. Aujourd'hui entre en vigueur la 4ème version révisée de la loi fédérale sur l'assurance-chômage (LACI). Cette révision ayant été adoptée en votation populaire sur le plan national le 26 septembre de l'année passée, l'on ne peut que s'incliner. Mais ce qu'avaient déjà dénoncé la gauche et les syndicats face à la campagne massive du patronat en faveur de la révision se confirme: la facture humaine et sociale sera très lourde pour de nombreuses personnes déjà inscrites au chômage ou qui devront s'y s'inscrire dès le 1er avril. Les principales victimes de cette révision seront les jeunes, notamment celles et ceux qui sortent de formation ou qui ont peu d'expérience professionnelle ainsi que les personnes de plus de 55 ans. Les personnes qui ont un parcours en dents de scie, déjà fragilisées dans un marché de l'emploi de plus en plus concurrentiel, seront aussi spécialement pénalisées.

 

A Genève, 2'300 chômeurs et chômeuses sur le carreau !

Le Conseil fédéral vient d'adopter l'ordonnance d'application de la nouvelle LACI. Pour 2'313 chômeurs et chômeuses genevoises cela signifie que leur droit aux indemnités va s'arrêter ou diminuer drastiquement du jour au lendemain. Le Conseil fédéral s'est montré intraitable. Sur la plupart des aspects, il a choisi la variante "dure", obéissant ainsi au Parlement qui a veillé à ce que la transition soit brutale et sans concession.

Aujourd'hui 1er avril, la magie statistique entraînera une baisse du taux officiel de chômage. En fait, elle signifie juste un transfert, du jour au lendemain, vers l'assistance sociale de nombreux chômeurs et chômeuses, jeunes ou âgé-e-s, une aggravation évidente de leur situation ! Et ce sera à l'Etat de Genève de prendre en charge les coûts supplémentaires induits par cet afflux vers l'assistance publique, l'Hospice général se prépare d'ailleurs tant bien que mal à cette forte augmentation de demandes de prise en charge, comme en témoignent les déclarations de ses dirigeants... La facture sera salée, il n'y a donc aucun motif de réjouissance dans cette baisse du taux de chômage officiel !

Mais ceci induit aussi un transfert de charges pour les grandes communes urbaines, comme la Ville de Genève, qui doivent maintenant tenter de soutenir ces personnes par des allocations ponctuelles, notamment pour les familles, les jeunes ou les seniors.

Déplacer le problème vers d'autres sans le résoudre n'est pas une approche acceptable. Les Genevois et Genevoises l'avaient bien compris en refusant massivement le 26 septembre dernier la 4ème révision de la Loi sur l'assurance-chômage (LACI) !

 

Et la suppression du RMCAS, par-dessus le marché !

Dans ce climat d'agression contre les personnes défavorisées, on doit condamner d'autant plus la décision du Grand Conseil de supprimer le Revenu minimal cantonal d'aide sociale (RMCAS), ce qui va aussi péjorer la situation de plusieurs centaines de personnes. Cette politique profondément antisociale ne fait que renforcer les tensions à Genève. Les élections du 13 mars dernier sont un signe clair du climat d'insécurité sociale : une frange de la population a décidé de donner sa voix à des partis xénophobes (MCG et UDC), ces mêmes partis qui ont contribué à démanteler les droits des chômeurs et des chômeuses et qui ont voté la suppression du RMCAS ! Dans ce canton où l'on compte près de 30'000 demandeurs et demandeuses d'emploi, dont 5'000 chômeurs et chômeuses de longue durée, ceci est tout simplement irresponsable !

 

La lutte contre le chômage : une responsabilité collective¨

Comme la CGAS (communauté genevoise d'action syndicale) et les Socialistes, je demande au Conseil d'Etat de prendre des mesures d'urgence, notamment par l'octroi de 120 nouvelles indemnités journalières cantonales de chômage pour les personnes touchées par la révision de la LACI. Et j'encourage celles et ceux qui ne l'ont pas encore fait à signer le référendum contre la suppression du RMCAS !

 

15:16 Publié dans Genève et la Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chômage, laci, rmcas | |  Facebook