06/04/2011

Mobilité des aîné-e-s: des solutions pragmatiques!

Ce mardi 5 avril, j'ai participé à un débat sur le thème de la mobilité en lien avec les aîné-e-s, débat qui a eu lieu à Cité Seniors. Environ 50 personnes intéressées et curieuses y ont assisté, témoignant de leurs pratiques et de leurs besoins.

Les seniors se déplacent souvent à pied et en transports publics, et, parfois, en voiture. Certaines personnes présentes ont été fières, à juste titre, de dire qu'elles circulaient à vélo ! Or, pour de nombreuses personnes âgées, la mobilité en ville peut représenter un sacré défi. Et, la multitude des chantiers en cours ne facilite pas la vie des piétons en général et donc, des seniors en particulier. Parmi les nombreux sujets évoqués, plusieurs reviennent avec insistance :

- Trottoirs : ils sont souvent étroits et encombrés (terrasses, poubelles, travaux, etc.).

- Coexistence avec les cyclistes : elle est parfois difficile lorsque certain-e-s cyclistes roulent sur les trottoirs (ce qu'ils n'ont pas le droit de faire, sauf exceptions signalées) sans respecter des piétons.

- Transports publics : certains véhicules ne sont pas encore équipés de plancher abaissé pour en faciliter l'accès et les changements dans le réseau se font au détriment de la desserte finale dans les quartiers, allongeant les distances jusqu'à l'arrêt le plus proche.

- Espace public en général : il manque des bancs en nombre suffisant et bien répartis pour faciliter des temps de repos.

- Feux de circulation : la « phase » verte pour les piétons est souvent très courte, même pour un adulte en pleine forme et constitue  une source de stress pour des personnes qui se déplacent plus lentement.

Evidemment, la multitude des chantiers en cours, s'ils amènent de réelles améliorations comme les nouvelles lignes de trams, ne facilite pas la vie des piétons en général, et donc des seniors en particulier.

 

Une démarche constructive: "Ville amie des aînés"

En fait, ces différents problèmes ont déjà été identifiés et documentés dans le cadre de la démarche « Ville amie des aînés » menée par la Ville de Genève. Cette démarche a été initiée en 2006 par Manuel Tornare, chargé du département de la cohésion sociale, de la jeunesse et des sports, et validée par le Conseil administratif. Elle correspond à un programme de l'Organisation mondiale de la santé qui a pour objectif d'inciter les villes à s'interroger sur la qualité de vie qu'elles peuvent assurer pour les aîné-e-s et les mesures à prendre pour l'améliorer.

Les questions liées à la mobilité, l'espace public et l'aménagement urbain ont occupé une large place dans cette démarche, ce qui a abouti à un état des lieux très complet et à une série de propositions détaillées. Tout ce travail, enrichi des témoignages directs d'aîné-e-s, a été effectué en étroite collaboration avec des organisations représentatives d'aîné-e-s, des organismes spécialisés comme l'Association Transports et Environnement (ATE) et les services compétents de la Ville de Genève.

Le débat de mardi montre à quel point ce travail est pertinent, puisque les propositions contenues dans le rapport issu de cette démarche se regroupent autour de six sujets principaux :

- Installer davantage de bancs

- Remplacer des bancs existants par des modèles avec accoudoirs

- Sécuriser les trottoirs

- Améliorer l'éclairage de certains lieux

- Modifier les traversées routières dangereuses (feux, etc.)

- Améliorer la lisibilité des horaires TPG aux arrêts

La plupart de ces propositions sont en voie de concrétisation ou le seront bientôt.

Certaines demandes relèvent plus largement de l'organisation des Transports publics genevois, et la Ville, qui n'a qu'une influence très partielle et indirecte à ce sujet, les relaie avec insistance. La Ville, en revanche, s'est beaucoup engagée  pour promouvoir et maintenir des lignes de quartiers (par exemple à la Jonction ou dans le quartier des hôpitaux), améliorer l'aménagement et la qualité des abribus, ou encore assurer une plus grande convivialité des « interfaces » de transport (lieux principaux où les usagers changent de tram ou bus, comme Bel-Air ou Rive). La Ville s'engage aussi en faveur d'une offre générale plus riche ainsi qu'une meilleure vitesse commerciale. Malheureusement, la Ville n'est pas toujours suivie par l'Etat, très timide en la matière.

La démarche « Ville amie des aînés » montre que des mesures très concrètes et souvent peu onéreuses peuvent déjà grandement faciliter la vie quotidienne des aîné-e-s. Il faut donc activement la poursuivre et le renforcer.

 

Coexistence respectueuse et conviviale

Evidemment, le défi, pour les autorités, réside dans les arbitrages qu'il faut nécessairement effectuer entre les différents besoins légitimes (aîné-e-s, familles et enfants, personnes handicapées, livraisons, cyclistes et piétons, etc.) dans un espace public restreint et dense. Cela suppose aussi une volonté partagée de coexistence empreinte de respect mutuel et de convivialité. Utopique ? Non, raisonnable, souhaitable et réaliste !

 

23:39 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mobilité, senior, aînés | |  Facebook

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