28/03/2011

Genève, ville de culture, ville d'ouverture

Un paradoxe qui me vient à l'esprit lorsque je pense à Genève, c'est ce mouvement contradictoire qui fait de cette petite ville du bout du lac à la fois une ville internationale et provinciale. Les uns la trouvent ouverte, charmante, intéressante, animée ; d'autres la qualifient de fermée, mal entretenue, dégradée, ennuyeuse.

Est-ce que cette contradiction touche aussi la vie culturelle et artistique ? A la fois foisonnante et confuse ? A la fois diversifiée et modeste ? A la fois dynamique et cloisonnée ?

Notre géographie n'est certainement pas étrangère à ces contradictions. Nous avons des institutions internationales mais un territoire minuscule. Nous avons des moyens financiers mais pas de terres pour édifier et construire. Nous avons un site naturel magnifique mais si étroit que tout y semble entassé. Nous avons une culture foisonnante, de belles institutions, mais un public restreint, en comparaison internationale. Nous avons une politique culturelle généreuse mais pas de priorités assumées.

Le développement trop rapide, pas vraiment maîtrisé, de notre région se ressent aussi dans le domaine culturel. Aujourd'hui, la région genevoise connaît un fort risque de dislocation sociale, identitaire, humaine. La culture peut subir les dommages collatéraux de cette évolution inquiétante. Elle peut aussi, au contraire, s'engager activement dans la construction de notre région sur des bases solides, dans le renforcement de la cohésion sociale, en lien avec l'aménagement du territoire, et ainsi contribuer à une nouvelle qualité de vie, qui bénéficie à toutes et tous.

Ces dernières années, la Ville de Genève, ville centre de l'agglomération, et les communes urbaines ont développé considérablement leurs moyens pour la culture. La mobilisation de montants issus du nouveau Fonds intercommunal en faveur de projets culturels associant plusieurs communes témoigne de leur volonté de travailler ensemble. De nouveaux outils pour les subventions sont mis en place, outils qui rassemblent la Confédération, les cantons et les villes Le terreau artistique est riche et diversifié. Avec les milieux culturels nous avons la responsabilité de mieux soutenir la création et le patrimoine, de clarifier la politique de subventionnement, de rassembler les partenaires en améliorant les mécanismes de concertation et de partenariat, et de faire rayonner les institutions et les projets artistiques et culturels.

Les Socialistes ont toujours défendu une approche inclusive et ouverte de la culture, sans discrimination ou œillères, et en partenariat étroit avec les acteurs et actrices de la culture. Comme le disait un slogan récent porté par nos candidat-e-s : « Cultiver la diversité, de l'Opéra à l'Usine »: de la culture émergente à la culture établie, de la culture alternative à la culture institutionnelle. Je m'inscris complètement dans cet esprit et me réjouirais de pouvoir jouer un rôle déterminant dans ce sens.

 

Coopérer pour rayonner

Les Genevois-e-s le disent souvent : on attend des pouvoirs publics qu'ils soient capables de discuter ensemble et de concrétiser les projets. Les prochains investissements culturels nécessitent une véritable coopération entre les communes et le canton, voire la région. Il faut impérativement cesser de donner l'impression de prendre en otage les milieux culturels dans des bagarres stériles entre Ville et Etat. La Nouvelle Comédie est un projet magnifique au cœur d'un nouveau « morceau » de ville. Le Canton doit être notre partenaire pour cet équipement public de dimension régionale. La concertation autour de ce projet doit être prise pour modèle pour la rénovation et l'agrandissement du Musée d'art et d'histoire, nous devons faire un projet qui rallie la population. Des coopérations doivent être initiées avec le canton de Vaud et Lausanne afin de renforcer les liens entre les écoles, les institutions et les compagnies, par exemple dans le domaine du théâtre. Comme évoqué, la construction de la région ne doit pas seulement concerner les parkings et le réseau ferroviaire : les institutions culturelles travaillent déjà ensemble, avec Meyrin, Carouge, Onex, Vernier mais aussi avec Annemasse, Annecy, Ferney-Voltaire, Saint Julien, etc. Ces projets participeront au « mieux vivre ensemble » régional.

Et lorsqu'il est question de coopération, comment ne pas mentionner le mécénat et plus largement la collaboration avec les milieux privés, domaine où il y a certainement un potentiel inexploité à Genève, si on ose la comparaison avec Bâle, par exemple.

Enfin, il y a également un potentiel inexploité dans la coopération entre culture et tourisme, sans tomber dans le piège de favoriser uniquement une apparence de prestige sélectif. Quels sont les moyens que nous pouvons et devons nous donner afin de placer des manifestations artistiques marquantes, ou des institutions, sur la carte suisse et européenne ?

 

Etablir des priorités et des critères, et améliorer les conditions de travail

La politique de subventionnement doit être rediscutée avec l'ensemble des pouvoirs publics et des partenaires artistiques. Les missions des institutions doivent être clarifiées et les soutiens aux compagnies qui rayonnent renforcés. Un rééquilibrage entre les domaines est nécessaire et ne peut se faire que si d'autres partenaires travaillent avec la Ville, y compris les partenaires privés.

Par ailleurs, la précarité des artistes est au centre des préoccupations ; l'objectif est de la réduire, le cas échéant par des démarches expérimentales. Nous devons donc imaginer de nouvelles manières de travailler, allonger la durée de vie des créations, favoriser les reprises et les tournées, améliorer l'interaction entre création, production, médiation et enseignement, et contribuer à modifier les règles du jeu. Les collectivités publiques doivent s'impliquer activement en appui aux mouvements issus du monde des artistes en vue de faire modifier les règles du jeu dans ce domaine. Une politique des arts de la scène régionale doit émerger, impliquant les villes et les cantons mais aussi les institutions et la Confédération afin mieux soutenir les créations.

 

Lancer des initiatives qui mettent en évidence les atouts de Genève

Si les collectivités publiques doivent avant tout s'impliquer dans le soutien aux projets et initiatives émanant des milieux directement concernés, elles peuvent aussi initier ou favoriser l'émergence des projets d'importance majeure en lien avec des thématiques qui caractérisent Genève et qui contribuent à son rayonnement. Je citerais deux domaines, à titre d'exemples, pour lesquels un débat peut avoir lieu dans ce sens : les droits humains et la science pour le public.

- Contrbuer à la promotion des droits humains par la culture

La promotion des droits humains est une caractéristique forte de notre Cité, les manifestations culturelles dans ce domaine doivent être renforcées, à partir de manifestations existantes comme le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH). A nous d'y associer la Genève internationale, les associations et les ONG, Genève Tourisme et tous les partenaires concernés, chez nous et ailleurs. Les artistes et acteurs culturels doivent être associés à des projets qui feront de Genève la capitale des droits humains aussi sur le plan culturel, dans une approche multi- et interdisciplinaire.

- Renforcer les rencontres entre les arts et les sciences

Le département de la culture s'occupe des arts et des sciences. Genève a une tradition scientifique très importante et des institutions publiques et privées connues internationalement. Les manifestations scientifiques doivent être développées ainsi que la médiation et la vulgarisation des institutions scientifiques. Des projets interdisciplinaires sciences et arts pourraient faire rayonner ces disciplines toutes deux expérimentales, sachant que cette interaction, bien amenée, passionne les petits et les grands, comme le montre l'exemple existant de la Nuit de la Science.

 

Embellir et animer la ville

Le département de la culture doit jouer son rôle dans l'aménagement de la Ville. Les interventions dans l'espace public sous la forme d'œuvres, d'interventions ou de manifestations font partie de la qualité des espaces publics. Les projets qui font voir notre ville, qui questionnent l'espace urbain et qui provoquent des rencontres dans les quartiers permettent de faire « voir » de l'art, d'y impliquer des habitant-e-s et de transformer leur regard sur la ville.

Ces projets n'ont pas être seulement une vocation statique. La culture peut aussi sortir encore plus de ses murs usuels et aller à la rencontre des habitant-e-s, surtout dans une approche basée sur la proximité.

 

Vivifier la ville

Les états généraux de la nuit l'ont démontré. Les villes comme Zurich ou Amsterdam ont développé des politiques qui s'occupent de l'animation de la ville. Ce sera une priorité forte : redonner de la vie au centre ville, de manière accessible pour la majorité. C'est là que peuvent s'ouvrir des cafés, des clubs de musique, des restaurants. Notre centre piétonnier est déserté et les jeunes ne savent pas où sortir. Des petits lieux culturels où donner ses premiers concerts, des endroits où danser manquent. La Ville doit ouvrir la discussion avec les commerçants et propriétaires afin d'imaginer un plan « Genève vivante », et assumer de jouer un rôle moteur dans la politique visant à garder des surfaces à loyers abordables au centre ville.

 

Mettre l'accueil du public au centre de notre attention

Genève a considérablement augmenté les budgets pour la création et les institutions. Des outils pour l'accès à la culture ont été mis en place, tarifs accessibles, chéquiers culture, manifestations gratuites, accès pour les personnes handicapées. Malgré tous les efforts de médiation et de communication, la population ne profite pas assez d'une offre diversifiée et de qualité. L'observatoire des publics doit se développer et des moyens doivent être consacrés pour que chacun et chacune se sente bienvenue dans les musées, les bibliothèques et découvre les institutions et les festivals. De plus, il faut sortir d'une logique qui se contenterait d'accueillir le public comme simple « consommateur » passif de culture ! Le public est un partenaire, un acteur à part entière, l'accueil doit donc se comprendre de manière participative et interactive. Pas besoin de réinventer la roue dans ce domaine, les exemples réussis en la matière sont nombreux pour nous inspirer, en Suisse, en France, ailleurs. La vie culturelle doit surprendre, interroger, créer du lien, donner du plaisir. Elle est un élément fort de la qualité de vie et de la qualité de la ville. Partageons là !

 

Comme le dit un proverbe africain: "La culture est la possibilité même de créer, de renouveler et de partager des valeurs, le souffle qui accroît la vitalité de l'humanité."

 

 

 

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21/03/2011

Les Socialistes : un vrai bilan, des projets et des ambitions

 

Je remercie très chaleureusement toutes les électrices et tous les électeurs, chacune et chacun, pour l'engagement et la mobilisation qui ont permis d'arriver au très bon résultat des Socialistes lors des élections au Conseil municipal, dimanche 13 mars.

Dans les villes genevoises, à l'échelle de l'agglomération, la gauche s'est remarquablement bien tenue lors de ces élections. Les Socialistes représentent la première force politique urbaine et ont même progressé dans la plupart des villes, comme à Vernier, malgré une forte présence du MCG. Ainsi, les Genevois-e-s ont accordé leur confiance aux Socialistes pour continuer à les représenter et poursuivre leur action en apportant des réponses concrètes à leurs besoins, en matière de logement, d'aménagement ou de sécurité autant qu'en matière d'emploi et de politique sociale, ainsi que de vie des familles.

 

Une défaite de l'Entente

A l'exception notable de la Ville de Genève, les Verts ont également obtenu de bons résultats, et « Ensemble à gauche » a progressé en Ville de Genève. Le vrai perdant a été l'Entente (PDC et PLR) qui, par sa politique irresponsable au niveau du canton avec les amnisties fiscales et le démantèlement social, son absence de projet, son obsession maladive contre la gauche municipale largement relayée par les médias, ses divisions internes et sa pâle imitation des discours sécuritaires du MCG, a causé sa propre débâcle. Et leur errements récents et leurs divisions en matière d'alliances électorales ne sont pas de nature à rétablir une confiance largement érodée.

 

Un vote social, contre le projet de Monaco-sur-Léman

Aujourd'hui, dans le monde urbain, l'Alternative, soit les Socialistes, les Verts et Ensemble à gauche, représente la seule force politique crédible, capable de faire face aux défis majeurs qui se posent aux habitantes et habitants du canton de Genève. Le MCG a effectué une percée dans les communes urbaines, comme annoncé, mais pas au détriment de la gauche. Le vote de dimanche est avant tout social. Les Genevois-e-s sont très préoccupé-e-s par la dégradation de la cohésion sociale, l'augmentation des fractures, la dérive de Genève vers une sorte de Monaco-sur-Léman. Face à ces craintes, le vote se porte soit sur un parti qui offre de réelles réponses, comme les Socialistes, soit sur un parti qui dénonce et recourt à la tactique du bouc émissaire, mais ne propose rien de concret. Le MCG prétend défendre les petites gens mais vote systématiquement à droite au Grand Conseil et vient de prouver qu'il est complètement à droite, en cherchant à tout prix à s'allier à l'UDC et à l'Entente. A nous de montrer aux électeurs-trices du MCG que ce dernier ne les défend pas du tout!


Faire gagner une Alternative soudée: un vote compact le 17 avril!

Nous avons perdu de très peu la majorité absolue au Conseil municipal de la Ville de Genève, détenue depuis 1991. Cela obligera l'Alternative à se montrer très soudée pour faire avancer ses projets, et à avoir des liens encore plus étroits avec les partenaires et les milieux associatifs dans toute la Ville.

Lors de son Assemblée générale du 14 mars 2011, le Parti socialiste de la Ville de Genève a confirmé ma candidature aux côtés de Sandrine Salerno à l'élection du Conseil administratif le 17 avril 2011, sur une liste de quatre candidat-e-s de l'Alternative, avec Rémy Pagani et Esther Alder. En aucun cas, il ne faut croire que la victoire est déjà acquise.

La campagne sera dure et agressive, et il est impératif de se mobiliser dès à présent car chaque voix va compter. En vue du 17 avril, il faudra voter et faire voter compact le ticket de l'Alternative en Ville de Genève, soit Sandrine Salerno, Rémy Pagani, Esther Alder et votre serviteur !

 

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10/03/2011

La voiture en ville : la révolution en marche !

 

Petit florilège d'informations récentes liées à la voiture : Le Salon de l'Auto comptait déjà plus de 300'000 visiteurs après le premier week-end d'ouverture (et son lot habituel de bouchons sur l'autoroute); L'Autre Salon a pu apporter une touche d'originalité et de diversité au débat sur la mobilité; les Suisses raffolent des 4x4 (Hebdo, 24.2.2011; Le Temps, 28.2.2011); Genève a connu une fois de plus des épisodes de pollution sévère aux particules fines (Le Courrier, 14.2.2011); Genève est la ville de Suisse avec la plus forte densité de places de stationnement (Le Courrier, 15.2.2011); Genève a aussi un nombre tristement élevé de points où le bruit dû au trafic routier dépasse systématiquement les valeurs d'alarme (site de l'Etat de Genève).

Le fil rouge de ce mélange automobile ? Que ce soit en termes de santé publique, d'économie locale, de qualité de vie urbaine, de relations sociales, de gestion de l'espace public, de sécurité routière : nous avons un sérieux problème. Disons-le clairement, haut et fort, oui, en ville, la voiture nous bouffe la vie !

Certes, la voiture est indispensable dans de nombreuses situations, et le restera probablement encore longtemps. L'enjeu réside dans le fait qu'il y a un mélange permanent (et humainement compréhensible) entre l'objectif, qui est la possibilité d'assurer des déplacements dans de bonnes conditions, et le moyen (voiture, transports publics, vélo ou autre). Mais il est difficile d'avoir une discussion rationnelle à ce sujet, dès lors que la voiture est perçue comme l'extension du domicile en termes de sphère privée.

 

Mirages de la technologie propre

Du coup il est tellement tentant de croire aux mirages de la technologie propre : pas de souci, les voitures deviennent propres, moins d'émissions nocives, moins de consommation, donc roulons l'âme en paix ! Problème : la hausse du nombre de véhicules en circulation et l'augmentation de la puissance moyenne (surtout en Suisse, boulimiques de gros 4x4) font plus que compenser la modeste amélioration du bilan écologique d'une partie des véhicules en circulation. De plus, le fait que certaines voitures polluent moins ne résout en rien l'un des effets négatifs majeurs que la voiture génère, à savoir une consommation faramineuse d'espace, qu'elle soit en mouvement ou l'arrêt (une voiture est à l'arrêt en moyenne 23 heures sur 24). Or l'espace est une denrée très rare à Genève, en milieu urbain, et pourrait servir à bien d'autres affectations. Imaginons un espace public avec plus de terrasses, marchés, places de jeux, bancs, fêtes, brocantes, engins sportifs de proximité en libre accès... Et dans les sous-sols, de la place pour les dépôts, pour des night-clubs qui ne dérangent personne, pour des locaux de répétition de musique pour jeunes ou autres, pour des locaux associatifs !

 

Des alternatives concrètes pour de nouvelles habitudes

L'objectif n'est pas de faire une guerre à la voiture. La mobilité est à la fois un besoin et une réalité. Mais il serait nettement plus bénéfique pour toutes et tous d'imaginer un milieu urbain où la place de la voiture devient réellement résiduelle. On peut démonter un par un la plupart des arguments objectifs ou subjectifs qui justifient le recours à la voiture :

  • Trajet domicile-travail : le pire usage possible de la voiture, dans la plupart des cas. Il faut promouvoir les transports publics (TP) pour les plus longues distances. Des parkings-relais en nombre suffisant doivent compléter les TP dans toute la région (surtout en France voisine et sur Vaud) afin de faciliter le transfert modal des personnes habitant à la fois loin et à l'écart d'un pôle TP. Pour les distances plus faibles, les «bike & ride » constituent une très bonne option.
  • Accompagnement des enfants à l'école : Un motif classique ... à démonter également, en accélérant et renforçant massivement toutes les mesures déjà connues de sécurisation du chemin des enfants à l'école : cheminements piétons, mesures de modération du trafic, surveillance des abords des écoles par la police municipale, signalisation, patrouilleurs/-euses scolaires, etc.
  • Achats utilitaires (les fameuses courses du samedi pour toute la famille et toute la semaine) : En milieu urbain, la généralisation d'un système de type Caddie-Service (livraison à domicile) remplacerait la plupart des situations où une voiture se justifie.
  • Loisirs : L'amélioration du réseau nocturne des TPG, ainsi que le week-end, offrira une réponse à ce besoin (cinémas, théâtres, restaurants, etc.), de même qu'un plus grand usage du vélo ou de la marche à pied pour les distances intra-urbaines, de moins de 3 km, avec, évidemment, une amélioration massive du réseau cyclable et des cheminements piétons.
  • Et pour les personnes peu friandes de vélo classique, le vélo à assistance électrique offre une réelle alternative au scooter ou à la voiture, pour des distances jusqu'à 15-20km.
  • En plus, il faut multiplier et développer les formules d'auto-partage de type Mobility, quitte à imaginer des incitations tarifaires !

 

Repenser l'aménagement urbain

Je le redis, pour chacune de ces catégories de déplacements, on peut sûrement identifier des situations où l'usage de la voiture se justifie. Mais si on se contentait de ceux-là, on supprimerait les bouchons, on s'épargnerait des sommes considérables pour la construction de nouveaux parkings, on retrouver rait considérablement la fluidité du trafic, toutes catégories confondues, on diminuerait drastiquement la pollution et le bruit, on améliorerait donc la qualité de vie et la santé, et on libère un espace précieux. De plus, on contribuerait à éliminer de nombreux drames humains causés par les accidents de la route. Que du bonheur ! Il ne s'agit plus de « bricoler » des solutions approximatives et incertaines, il faut repenser complètement l'aménagement urbain, l'organisation de la ville. Cela ne se fera pas en un jour, et la concertation est primordiale, mais l'objectif doit être fixé sans équivoque.

 

Un bénéfice net, économique, social, environnemental

La vie économique en profiterait aussi, par l'amélioration générale des déplacements, des conditions favorables au commerce et une attractivité nettement renforcée du centre-ville. Il est également pertinent d'examiner le rapport entre les coûts et les bénéfices d'une politique réellement offensive et créative en la matière. La facture principale proviendrait des investissements conséquents qu'il faut encore fournir en matière de transports publics (investissements et fonctionnement), et dans une moindre mesure dans les parkings-relais. Toutefois, les économies réalisées sur les temps de déplacement, le gain de qualité de vie, la diminution des coûts de la santé, sont aussi substantielles. Tous ces facteurs se cumulent pour en faire une opération réellement « rentable » au sens global du terme, économique, social et environnemental.

 

Innovons, imaginons, créons!

Pour terminer, laissons un peu aller notre imagination avec un clin d'oeil, en s'inspirant de la carte des nouveaux modes de transports publiée par l'Autre Salon (création de Chloropolis), avec un réseau de télécabines et de télésièges à travers l'agglomération. Fantaisiste? Qui sait, peut-être pas tant que ça.

Le bien-être et la qualité de vie pour toutes et tous valent largement la peine de mener une autre politique, avec une bonne dose d'imagination!

 

 

19:31 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : circulation, trafic, bouchons, pollution, qualité de vie, transfert modal | |  Facebook

09/03/2011

L’Egalité hier, l'égalité aujourd’hui, l’égalité depuis toujours!

 

2011, c'est...
40 ans du droit de vote des femmes suisses,
30 ans de l'article constitutionnel sur l'égalité,
20 ans de la grève des femmes,
15 ans de la loi sur l'égalité entre femmes et hommes dans les rapports de travail.

Le 8 mars 2011 marque dans de nombreuses régions du monde le 100ème anniversaire de la Journée des femmes. En 1911, plus d'un million de personnes avaient participé au rassemblement, qui demandait le droit de vote des femmes et celui d'exercer une fonction publique, ainsi que la fin des discriminations sur le lieu de travail. Il a fallu attendre en Suisse presque 60 ans avant de voir aboutir la première revendication: les femmes ont obtenu le droit de voter le 7 février 1971 (voir mon article à ce sujet, du 10 février 2011) ; quant à la revendication concernant l'égalité sur le lieu de travail, nous sommes bien obligé-e-s de constater que nous en sommes encore loin. Le combat est long et comme le disait Sandrine Salerno, Maire de Genève, à la Comédie en accueillant Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération, le mardi 8 mars en soirée ; c'est tous les jours qu'il nous faut un 8 mars, vu tous les progrès qu'il reste encore à faire ! Micheline Calmy-Rey a, elle, insisté sur la nécessité de rester mobilisé-e-s, plus que jamais, face à la vague conservatrice qui marque l'évolution politique et sociale en Suisse. Les acquis ne sont jamais à l'abri d'une remise en question, souvent insidieuse, parfois frontale. Elle a aussi salué le combat des femmes des pays arabes pour la démocratie, la liberté et l'émancipation, en appelant à les soutenir pour que ce combat soit suivi de résultats tangibles. Et Isabel Rochat, Conseillère d'Etat en charge du Département de la sécurité et de la protection de l'environnement, a rappelé les tristes statistiques en matière de violence à domicile, principale cause de mortalité violente et de lésions graves pour les femmes. Si le 8 mars est donc une excellente occasion de commémoration, de sensibilisation et de mobilisation, c'est bien pour que cet engagement dure toute l'année, et pas que 24 heures.

Bon nombre de revendications sur le marché du travail doivent encore être réalisées :

a)      La ségrégation tant verticale (plafond de verre) qu'horizontale existe toujours et les femmes se retrouvent encore trop souvent dans des métiers dit « féminins » et des fonctions subalternes peu valorisé-e-s socialement... Les métiers de « Décideurs » continuent donc d'être les « chaises gardées » des hommes.

b)      Le temps partiel reste, lui aussi, toujours majoritairement féminin, avec son lot d'effets pervers : difficulté d'accès aux postes à responsabilités et couverture sociale au rabais notamment. Pourtant, on pourrait y voir le moyen d'améliorer la qualité de vie pour toutes et tous !

c)       L'offre de prise en charge des enfants est encore insuffisante pour que les femmes puissent être plus libres de leur temps, malgré les progrès notables déjà réalisés dans ce domaine (cf. politique "petite enfance" de la Ville de Genève).

d)    Le congé paternité est encore embryonnaire, voire inexistant ; heureusement que la Ville donne l'exemple (cf. nouveau statut du personnel de la Ville de Genève).

e)    Sans parler de l'égalité salariale qui, en dépit de la Loi fédérale sur l'Egalité (LEg), n'est de loin pas encore réalisée ! Selon l'enquête suisse sur la structure des salaires (Office fédéral de la statistique, 2008) le salaire médian des femmes est de 19,3% inférieur à celui des hommes. Les femmes gagnent moins - non parce qu'elles fournissent des prestations moindres - mais parce qu'elles sont moins bien payées pour le même travail. Cette année elles devront donc travailler jusqu'au 11 mars 2011 (« Equal pay day ») pour toucher le salaire qu'un homme a atteint au 31 décembre 2010 !

Ajouté à toutes ces discriminations sur le lieu du travail, il y a la désormais classique absence de reconnaissance du travail domestique, qui suppose pourtant tant de compétences variées ! Mais pourquoi ne pas demander une reconnaissance effective, sous forme de rémunération ou autrement, pour toutes ces femmes (et ces quelques hommes...) qui font un travail exceptionnel, si utile et nécessaire à toute notre société ? Plusieurs réponses sont possibles face à cet enjeu mais le débat doit avoir lieu, avec des réponses concrètes. Une des pistes évoquées est celle de l'allocation universelle, par exemple.

En tant qu'homme, je ne peux évidemment pas prétendre au titre de féministe, trop convaincu que cela ne peut être que l'apanage des femmes. Je peux par contre vous assurer de mon soutien. Mon objectif : une société égalitaire, sans discrimination entre les sexes ou les orientations sexuelles.

Et le 14 juin 2011, je serai là, pour faire grève auprès de vous et commémorer les 30 ans de l'introduction dans la Constitution du principe de l'égalité entre femmes et hommes, les 20 ans de la grève des femmes, et la suite du combat !

 

20:19 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : égalité, discrimination | |  Facebook

08/03/2011

Sécurité : ne prenons pas les Genevoises et Genevois pour des imbéciles !

La semaine passée le MCG ressortait encore une fois de son chapeau sa proposition en matière de sécurité : les « patrouilles citoyennes » ! Des civils bénévoles se promèneraient dans les rues, équipés d'une radio pour repérer des actes délictueux et les signaler à la police.

Non seulement cette proposition n'améliore en rien la sécurité mais elle met directement en danger les personnes qui auraient la naïveté d'y participer.

Elle montre surtout que le MCG, malgré toute son agitation, n'y connaît rien en matière de sécurité et semble prendre les Genevoises et Genevois pour des imbéciles.

 

Les vrais besoins

En effet, le problème à Genève ne réside pas dans le repérage et l'annonce d'actes délictueux mais dans la capacité d'intervention rapide de la police, puis dans la capacité de traitement par l'appareil judiciaire. Ceci est d'autant plus vrai que la « petite » délinquance a augmenté (cambriolages, racket, agressions à l'arme blanche, arrachage de sacs, pickpockets, car-jacking, etc.) en parallèle à la diminution de la grande délinquance (meurtres, etc.). Demandez à un-e habitant-e des Eaux-Vives, des Pâquis ou de Plainpalais, il ou elle vous dira ce qui se passe, où, et à quelle heure. La police le sait aussi très bien. En revanche, celle-ci manque clairement d'effectifs pour assurer une présence suffisante et intervenir toujours rapidement et efficacement. La gauche réclame depuis longtemps des postes supplémentaires pour la gendarmerie et la police judiciaire, ainsi qu'une réforme radicale des méthodes de recrutement, afin de pallier enfin le problème des effectifs. De tels postes ont récemment été accordés, on espère qu'ils seront rapidement pourvus. Elle demande également depuis longtemps une simplification des procédures et un renforcement de l'appareil administratif, afin de permettre aux policiers de se concentrer sur le travail de terrain. Là aussi, on a de la peine à se faire entendre !

 

La sécurité, une affaire de professionnel-le-s

La sécurité urbaine est l'affaire de professionnel-le-s formé-e-s et équipé-e-s, relevant de l'autorité publique. Pour lutter contre la délinquance criminelle, on n'envoie pas des civils au casse-pipe face à des trafiquants de drogue, dont certains sont notoirement agressifs et dangereux. Et on ne peut que craindre des dérapages, sous forme d'escalade de la violence, de règlements de compte, de milices privées, etc.

De plus, en demandant à des civils de se promener et de signaler tout et n'importe quoi, on ne ferait que submerger encore plus la centrale de la police, déjà surchargée. Une citoyenne me racontait que, témoin d'un braquage en cours dans un supermarché, elle a tenté d'appeler la police. Pendant 3 longues minutes le n° d'urgence 117 a sonné occupé; un disque indiquait que le standard était surchargé et qu'il fallait patienter.

La proposition du MCG mélange la gestion de la délinquance criminelle, qui doit être gérée par la police, et la gestion des incivilités. Ces dernières peuvent dans certains cas relever de la police. En réalité, elles doivent surtout être abordées dans le cadre d'une démarche globale couvrant les différents domaines, tels l'éducation, le dialogue, l'intégration, le travail social, la prévention et parfois aussi la répression. Face aux incivilités, oui, tout citoyen, toute citoyenne, a évidemment un rôle à jouer, dans le cadre d'une attitude civique et responsable.

 

Surenchère simpliste et inefficace

Ce qui est regrettable, c'est la surenchère de propositions simplistes et inefficaces liées à la sécurité, au lieu d'un traitement à la fois compétent et sérieux comme évoqué ci-dessus. Les partis de la droite classique, démocrates-chrétiens et radicaux-libéraux, singent maladroitement le MCG et l'UDC, par peur de leur concurrence électorale. Un exemple : l'initiative du PLR pour l'augmentation des effectifs de la police municipale, qui enfonce des portes largement ouvertes. De plus, elle fait abstraction de la capacité de leur magistrat à recruter réellement ces policiers/-ières, de les former et de leur donner des missions claires et pertinentes. Citons aussi l'initiative sur la vidéosurveillance du PDC, qui veut nous faire dépenser des millions pour un système qui a prouvé son échec dans l'espace public, comme le signale Scotland Yard, peu suspect de « gauchisme » naïf et idéaliste. Ses représentants parlent ainsi de « utter fiasco » (échec complet) (voir aussi l'excellente page de Wikipédia à ce sujet). Faut-il rappeler qu'en matière électorale le peuple préfère l'original à la copie ?

Pendant ce temps, à Berne, c'est bien la droite dure, UDC et PLR surtout, qui freinent des quatre fers lorsqu'il s'agit de donner au corps des garde-frontières, par exemple, les moyens de ses missions en créant 200 à 300 postes de plus (voir ici). Ces partis sont donc très mal placés pour nous faire la leçon en matière de sécurité à Genève.

 

Une vraie stratégie

La sécurité est un sujet trop sérieux pour le laisser à quelques excités de la gâchette et à des piliers de comptoir. Il faudrait peut-être commencer par établir un diagnostic sérieux des problèmes de sécurité urbaine à Genève et ensuite mettre en place une véritable collaboration entre les différents intervenants, police, justice, acteurs sociaux, etc., afin de traiter de manière adéquate et ciblée les différents problèmes réellement identifiés. Une démarche systématique révèlera d'ailleurs quelques surprises par rapport aux clichés usuels ! Si le problème de la petite délinquance, en augmentation, doit être pris au sérieux, rappelons que les principales menaces aujourd'hui pour la majorité des Genevoises et des Genevois résident bien dans le risque de perdre son emploi, de ne pas trouver de logement adéquat, ou de subir un accident de la route ! Et pour les femmes, la principale cause de mortalité ou de lésions graves est la violence à domicile. Dans ce contexte, le rôle des communes, et donc de la Ville de Genève, est essentiel, mais reste subsidiaire par rapport à celui du Canton, qui a la responsabilité première en matière de police et justice. La police municipale, dont les Socialistes ont clairement soutenu le développement des effectifs et le renforcement des compétences, doit jouer avant tout un rôle de prévention et de police de proximité. Elle ne peut pas porter le poids principal de la répression de la grande délinquance. Et c'est encore moins le rôle des habitantes et des habitants.

 

17:37 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : sécurité, patrouilles | |  Facebook