09/03/2011

L’Egalité hier, l'égalité aujourd’hui, l’égalité depuis toujours!

 

2011, c'est...
40 ans du droit de vote des femmes suisses,
30 ans de l'article constitutionnel sur l'égalité,
20 ans de la grève des femmes,
15 ans de la loi sur l'égalité entre femmes et hommes dans les rapports de travail.

Le 8 mars 2011 marque dans de nombreuses régions du monde le 100ème anniversaire de la Journée des femmes. En 1911, plus d'un million de personnes avaient participé au rassemblement, qui demandait le droit de vote des femmes et celui d'exercer une fonction publique, ainsi que la fin des discriminations sur le lieu de travail. Il a fallu attendre en Suisse presque 60 ans avant de voir aboutir la première revendication: les femmes ont obtenu le droit de voter le 7 février 1971 (voir mon article à ce sujet, du 10 février 2011) ; quant à la revendication concernant l'égalité sur le lieu de travail, nous sommes bien obligé-e-s de constater que nous en sommes encore loin. Le combat est long et comme le disait Sandrine Salerno, Maire de Genève, à la Comédie en accueillant Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération, le mardi 8 mars en soirée ; c'est tous les jours qu'il nous faut un 8 mars, vu tous les progrès qu'il reste encore à faire ! Micheline Calmy-Rey a, elle, insisté sur la nécessité de rester mobilisé-e-s, plus que jamais, face à la vague conservatrice qui marque l'évolution politique et sociale en Suisse. Les acquis ne sont jamais à l'abri d'une remise en question, souvent insidieuse, parfois frontale. Elle a aussi salué le combat des femmes des pays arabes pour la démocratie, la liberté et l'émancipation, en appelant à les soutenir pour que ce combat soit suivi de résultats tangibles. Et Isabel Rochat, Conseillère d'Etat en charge du Département de la sécurité et de la protection de l'environnement, a rappelé les tristes statistiques en matière de violence à domicile, principale cause de mortalité violente et de lésions graves pour les femmes. Si le 8 mars est donc une excellente occasion de commémoration, de sensibilisation et de mobilisation, c'est bien pour que cet engagement dure toute l'année, et pas que 24 heures.

Bon nombre de revendications sur le marché du travail doivent encore être réalisées :

a)      La ségrégation tant verticale (plafond de verre) qu'horizontale existe toujours et les femmes se retrouvent encore trop souvent dans des métiers dit « féminins » et des fonctions subalternes peu valorisé-e-s socialement... Les métiers de « Décideurs » continuent donc d'être les « chaises gardées » des hommes.

b)      Le temps partiel reste, lui aussi, toujours majoritairement féminin, avec son lot d'effets pervers : difficulté d'accès aux postes à responsabilités et couverture sociale au rabais notamment. Pourtant, on pourrait y voir le moyen d'améliorer la qualité de vie pour toutes et tous !

c)       L'offre de prise en charge des enfants est encore insuffisante pour que les femmes puissent être plus libres de leur temps, malgré les progrès notables déjà réalisés dans ce domaine (cf. politique "petite enfance" de la Ville de Genève).

d)    Le congé paternité est encore embryonnaire, voire inexistant ; heureusement que la Ville donne l'exemple (cf. nouveau statut du personnel de la Ville de Genève).

e)    Sans parler de l'égalité salariale qui, en dépit de la Loi fédérale sur l'Egalité (LEg), n'est de loin pas encore réalisée ! Selon l'enquête suisse sur la structure des salaires (Office fédéral de la statistique, 2008) le salaire médian des femmes est de 19,3% inférieur à celui des hommes. Les femmes gagnent moins - non parce qu'elles fournissent des prestations moindres - mais parce qu'elles sont moins bien payées pour le même travail. Cette année elles devront donc travailler jusqu'au 11 mars 2011 (« Equal pay day ») pour toucher le salaire qu'un homme a atteint au 31 décembre 2010 !

Ajouté à toutes ces discriminations sur le lieu du travail, il y a la désormais classique absence de reconnaissance du travail domestique, qui suppose pourtant tant de compétences variées ! Mais pourquoi ne pas demander une reconnaissance effective, sous forme de rémunération ou autrement, pour toutes ces femmes (et ces quelques hommes...) qui font un travail exceptionnel, si utile et nécessaire à toute notre société ? Plusieurs réponses sont possibles face à cet enjeu mais le débat doit avoir lieu, avec des réponses concrètes. Une des pistes évoquées est celle de l'allocation universelle, par exemple.

En tant qu'homme, je ne peux évidemment pas prétendre au titre de féministe, trop convaincu que cela ne peut être que l'apanage des femmes. Je peux par contre vous assurer de mon soutien. Mon objectif : une société égalitaire, sans discrimination entre les sexes ou les orientations sexuelles.

Et le 14 juin 2011, je serai là, pour faire grève auprès de vous et commémorer les 30 ans de l'introduction dans la Constitution du principe de l'égalité entre femmes et hommes, les 20 ans de la grève des femmes, et la suite du combat !

 

20:19 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : égalité, discrimination | |  Facebook

Commentaires

En complément à l'article de Sami Kanaan, j'avais envie de rendre un humble hommage à de grandes dames socialistes suisses qui se sont battues, et se battent encore, pour le droits de la femme.

Amélia Christinat d'abord... Ancienne conseillère nationale, 50 ans de parti cette année, une énergie et des convictions sans faille... voilà une femme qui toute sa vie a mené des luttes et remporté maintes
victoires pour la condition des femmes en Suisse. Elle transmet à de nouvelles militantes comme moi un souffle socialiste pur, un héritage dont on a envie d'être digne. Avant d'entonner avec ferveur "Le temps
des cerises" ou "Bandiera rossa", le poing levé, entraînant toute la salle dans son sillage musical.

Ruth Dreifuss ensuite... une grande conseillère fédérale et présidente de la Confédération, qui a toujours su rester simple et disponible. Je l'avais croisée pour la première fois à la journée genevoise d'Expo02, organisée à l'époque par l'agence de communication qui m'employait. Bien que très sollicitée, elle avait pris le temps d'échanger quelques
mots avec mes enfants... "j'ai parlé à la conseillère fédérale et elle est très gentille" a ensuite répété mon fils aîné, tout fier, à qui voulait l'entendre. Il a 18 ans aujourd'hui et en garde un souvenir vivace!

Bien que je ne l'ai malheureusement jamais rencontrée, j'aimerais également citer Christiane Brunner, grande syndicaliste, candidate malheureuse au Conseil fédéral, conseillère nationale puis conseillère aux Etats. Une femme courageuse qui a osé en 1991 imposer une liste femmes au PS pour les élections fédérales. Elle a été notamment l'initiatrice de la "grève des femmes" que nous menons depuis tous les 14 juin, arborant la couleur fuchsia. On lui doit le fameux slogan de campagne "A Genève, un homme sur deux est une femme. Et à Berne"? Une vraie source d'inspiration pour nous toutes!

Je terminerai avec Liliane Maury-Pasquier, et si je l'ai gardée pour la fin, ce n'est pas un hasard. Car un moment très fort de ma vie me lie à cette femme. Sage-femme de son état, elle a mis au monde mon
second fils, 16 ans cette année, à domicile. Sans autre produit anesthésiant que son calme, son assurance, sa force et la douceur de sa voix. Un moment très douloureux physiquement (un bébé de 4.6 kilos), mais extraordinaire psychologiquement. Des femmes et un père, réunis autour d'un acte à vivre ensemble, sans cette médicalisation à
outrance qui empêche souvent les jeunes parents de s'approprier ce moment. 16 ans plus tard, nous partagions la même table au congrès, et je l'ai retrouvée toujours aussi souriante, forte, et chaleureuse... et le message qu'elle nous a transmis ce samedi sur les thèmes de l'assurance maladie et de la santé a fait particulièrement écho en moi.

A ces quatre femmes de cœur et de convictions, je dis merci pour les portes qu'elles ont ouvertes et pour les combats qu'elles continuent de mener en faveur de l'égalité hommes/femmes et d'une société plus juste.

Écrit par : cathyA | 10/03/2011

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