28/02/2011

Genève ville de sport, ville en mouvement!

 

Plus de 130'000 personnes sont membres d'un club sportif à Genève, soit plus d'un tiers de la population du canton. C'est impressionnant! Et on ne compte pas dans ce chiffre toutes celles et tous ceux qui se dépensent et s'activent sans nécessairement adhérer à un club.

Genève est réellement une région de sport, avec une offre très riche pour toutes et tous. Jusqu'à récemment, le sport ne constituait pas vraiment un enjeu politique, sauf pour certains dossiers emblématiques comme le Stade de Genève ou plus récemment la Patinoire des Vernets. Mais, comme le relèvent avec amusement les responsables des grandes fédérations sportives du canton, elles sont de plus en plus courtisées par les différents partis politiques ... et espèrent, à juste titre, que cet intérêt perdurera au-delà des élections municipales.

Le sport représente un réel enjeu de société, comme loisir qui rassemble au-delà des origines, des âges, des statuts sociaux, bien sûr! Mais aussi comme outil au service de la santé, de la cohésion sociale, de l'éducation, de la promotion de l'égalité hommes-femmes ou de l'intégration. Le sport est également un domaine qui génère de nombreux emplois directs et indirects.

 

De nombreux défis à relever

Aujourd'hui le risque consiste à croire que les responsables politiques chargé-e-s du sport peuvent se contenter de gérer les acquis, inaugurer les grandes manifestations ou féliciter les juniors qui se distinguent. Au contraire, les défis sont plus nombreux aujourd'hui que jamais.

Ainsi, par exemple, citons les installations sportives, utilisées très intensément, qui commencent pour certaines à monter des signes de vieillissement et de vétusté. Certains équipements sont saturés dans des disciplines comme la natation, le badminton, le tennis, le football ou encore l'escalade. L'enjeu du bénévolat est aussi considérable: Les clubs en vivent et, sans clubs, pas de formation de la relève et de mouvements jeunesse, pas de compétitions locales, pas de manifestations, bref pas de sport ! Si les pouvoirs publics devaient directement assurer le travail des nombreux bénévoles, la facture serait astronomique. Sans compter la perte de liens sociaux qui en résulterait!

 

Du sport pour toutes et tous

Une autre source de préoccupation importante est celle des liens avec le sport d'élite professionnel, lorsque des intérêts économiques sont en jeu, comme dans le cas du hockey sur glace ou du football. Heureusement, on n'oppose plus de manière simpliste sport d'élite et sport populaire, car on a compris qu'ils se complètent nécessairement, le sport d'élite inspirant le sport populaire, et ce dernier assurant la relève pour le premier. Mais les règles du jeu doivent être claires! Les collectivités publiques n'ont pas pour vocation de subventionner directement les salaires parfois mirobolants des joueurs professionnels. Leur rôle est d'assurer des conditions-cadres favorables aux clubs d'élite, notamment au niveau des infrastructures (patinoire, stade, etc.), et de soutenir financièrement la formation de la relève, junior et adulte. Ainsi, un GSHC ou un SFC pourront continuer à faire vibrer les cœurs des Genevoises et Genevois, dans de bonnes conditions, avec des budgets équilibrés et sans risquer un mélange malsain des genres.

 

Jouer en équipe

Ces dernières années la politique sportive s'est animée. Comme la culture, le sport reste, en Suisse, avant tout une responsabilité communale, ce qui permet une grande proximité avec les milieux sportifs. Manuel Tornare, magistrat en charge du sport en Ville de Genève, a initié plusieurs démarches prometteuses, dont celle d'une véritable concertation entre les communes afin de coordonner les politiques liées aux installations, à leur utilisation et aux subventions. Aujourd'hui, il n'est plus envisageable de développer en parallèle 45 politiques communales différentes des sports, sur le modeste territoire cantonal. Les communes et le canton doivent planifier ensemble de nouvelles infrastructures et mettre en commun des ressources pour leur financement et leur entretien. Il manque à Genève des installations comme une patinoire, une deuxième piscine olympique couverte, des terrains de squash, de badminton, de tennis, ou des murs de grimpe, pour ne citer que ces quelques cas. On doit imaginer aussi une utilisation plus intensive des installations existantes sur le plan des horaires de mise à disposition, ains que des petites installations de proximité favorisant la pratique du sport au quotidien. La tarification peut encore être améliorée pour favoriser l'accès des familles, et on pourrait offrir à chaque enfant atteignant 10 ans la première année de cotisation au club sportif de son choix. Il est temps de rassembler les forces et les compétences pour répondre aux besoins de la population de la région et de ne plus regarder son petit pré carré sans vision globale.

 

Gagner ensemble

De même, Manuel Tornare a lancé, avec les communes et l'Etat, le processus de créer une Fondation afin de favoriser à Genève l'organisation de grandes manifestations sportives et travailler de manière plus régulière avec le secteur privé. Ce processus a d'ailleurs contribué à sauver plusieurs manifestations dont, entre autres, le Marathon et le Triathlon de Genève. L'Etat, qui pendant des années, s'est désintéressé du sport, commence à changer d'attitude sous l'impulsion de Charles Beer et a initié un plan d'action pour le sport. Comme exemple d'une démarche très positive, citons celle en faveur du sport-études, soit la conciliation entre études scolaires et entraînement sportif pour des juniors prometteurs.

Des initiatives ont été prises afin de dynamiser les relations entre les Autorités et les fédérations et associations sportives, surtout dans le domaine des subventions. Les partenaires ont besoin de reconnaissance pour tout le travail effectué par les milliers de personnes qui s'engagent bénévolement tout au long de l'année. Ce travail ne fait que commencer, il est nécessaire de renforcer les liens et la collaboration pour mieux identifier les besoins et les réponses à leur apporter. Même si le bénévolat joue un rôle fondamental, l'argent est évidemment aussi vital. Sur impulsion des Socialistes et de leurs deux représentant-e-s actuel-le-s au Conseil administratif, Manuel Tornare (ministre des sports) et Sandrine Salerno (ministre des finances), les subventions ont été indexées (avec un effet de rattrapage) dans le cadre du budget 2010 de la Ville de Genève, ce qui a représenté 3% d'augmentation.

 

Le sport, une discipline politique d'avenir!

Ces prochaines années, la question de la place du sport dans l'accueil continu à l'école sera au cœur de nos préoccupations. Milieux sportifs, Etat et communes (notamment la Ville de Genève) devront naturellement et solidement travailler main dans la main, et répondre ainsi au vote des Genevoises et Genevois qui se sont prononcés en novembre dernier. Cette démarche implique nécessairement un partenariat élargi, incluant aussi les maisons de quartier, les associations de parents d'élèves ou d'habitants, etc. Ceci m'amène à insister sur le potentiel encore insuffisamment reconnu et exploité du sport à Genève comme outil au service de la politique de la jeunesse ou au service de l'intégration.

Au vu des défis qui attendent le sport genevois, des initiatives déjà engagées, et de la motivation certaine des acteurs concernés, tous les ingrédients sont réunis pour que la politique sportive figure dans les principaux sujets de la prochaine législature! Je me réjouirais de servir pour une pareille aventure.

 

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25/02/2011

Promotion du hockey sur glace: pour une stratégie cohérente et crédible

 

Jeudi 24 février, Simon Brandt, conseiller municipal PLR, exprimait dans les colonnes de la Tribune de Genève son enthousiasme pour le hockey sur glace en général, et le GSHC en particulier. Cet enthousiasme est largement partagé à Genève et on ne peut que s'en féliciter. Mais lorsque les autorités prennent des décisions qui engagent l'argent du contribuable, il n'y a pas de place pour du bricolage ou des propositions bâclées. De plus, les autorités ont à cœur de satisfaire tous les besoins en matière de glace: patinage populaire ou artistique, curling, manifestations populaires (soirées « Disco on Ice » par exemple).

 

Limites de l'actuelle Patinoire

La vénérable Patinoire des Vernets, qui date des années 50, ne correspond plus aux impératifs d'un club de hockey sur glace qui veut pouvoir « régater » en ligue nationale A. Avec ses 6'800 places elle constitue la plus petite patinoire du championnat suisse de première division. Lorsque MM. Tornare et Pagani ont repris le dossier en main, en juin 2007, tout était bloqué: les relations entre le Genève Servette Hockey Club et la Ville étaient au plus mal, et le crédit de rénovation était en passe d'être refusé parle Conseil municipal. Leur intervention a permis de rétablir un climat sain de collaboration avec le GSHC, et de convaincre le Conseil municipal de voter deux crédits successifs, de plus de 13 millions de francs, ainsi que d'initier une démarche de mise en commun des efforts pour le mouvement jeunesse. Jusqu'à cette date la Patinoire ne disposait d'aucune loge VIP. La rénovation, terminée en septembre 2009, a permis d'en créer plusieurs, que le Club exploite pleinement. Toutefois, il est exact que cette étape n'a pas suffi pour permettre au Club d'atteindre son équilibre financier et, depuis, différentes options sont étudiées afin de résoudre ce problème. Une première modification a d'ailleurs été réalisée par le Club en décembre 2010, avec le feu vert de la Ville, améliorant les gradins des sièges situés en-dessous des loges. Ceci étant, il faut bien se rendre compte que la Patinoire actuelle atteint clairement ses limites. De plus, le GSHC et la Ville sont soumis, évidemment, aux autorisations délivrées par l'Etat, soit par le biais du DCTI, département de M. Mark Muller. Ce département se montre très pointilleux, sur la base des normes en vigueur pour la construction, la sécurité et la protection du patrimoine, ce qui prend nécessairement du temps.

 

Infrastructure et promotion du hockey en général: destins liés!

La question de l'infrastructure va de pair avec l'ensemble des mesures concernent de près ou de loin la promotion du hockey sur glace à Genève, notamment la formation de la relève et le subventionnement du mouvement jeunesse, et la promotion des sports de glace en général. Sur la question des subventions au mouvement jeunesse « Genève Futur », je relève que le groupe PLR au Conseil municipal était divisé lors de la séance plénière du Conseil municipal le 16 février 2011: les radicaux plaidaient pour un versement immédiat des subventions et les libéraux soutenaient la position du Conseil administratif, sous l'égide de Manuel Tornare, posant d'abord des exigences en matière d'efficacité, de rigueur et de transparence. Comment peuvent réagir d'autres disciplines sportives si on renonçait dans ce cas aux exigences les plus simples alors que des montants considérables sont en jeu? Ce dossier fournit d'ailleurs l'occasion d'une clarification des règles du jeu en matière de soutien public du sport d'élite, ce qui est bénéfique.

 

L'enjeu: une nouvelle Patinoire

En ce qui concerne la patinoire, à part quelques mesures correctives, à étudier et réaliser en collaboration avec le GSHC, il ne fait pas de sens d'investir encore des montants considérables dans l'enceinte actuelle , ce qui relèverait de l'acharnement thérapeutique. Le GSHC ne le demande plus d'ailleurs. La priorité va à la construction d'une nouvelle patinoire, d'une capacité raisonnable (8 à 10'000 places), polyvalente, de préférence sur le site des Vernets, proche de l'actuelle. Elle pourrait faire l'objet d'un partenariat public-privé.

Seule une approche globale et cohérente garantira donc des solutions viables à long terme pour que le Genève Servette Hockey Club puisse jouer encore longtemps dans de bonnes conditions et que le public genevois puisse pleinement profiter de sa passion pour les sports de glace.

 

 

 

10:08 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : hockey, patinoire, sport, gshc | |  Facebook

23/02/2011

Discrimination injuste des porteurs de lunettes!

« Les problèmes de vue ne constituent pas une maladie », selon le Conseiller fédéral Didier Burkhalter (cf. Le Temps du 18 février 2011). C'est ainsi qu'il justifie la suppression de la prise en charge des lunettes par l'assurance-maladie de base LAMaL depuis janvier 2011. Pourtant, de nombreux spécialistes (médecins et sociologues) s'accordent à considérer que les troubles de la vue sont clairement une maladie ou un handicap, qu'ils soient liés ou non au patrimoine génétique ou au vieillissement, comme de nombreuses autres pathologies qui sont prises en charge par la LAMal.

 

Des économies dans le domaine de la santé ? Surtout un cadeau pour les assureurs !

70% de la population souffre de troubles de vue : autant de personnes, d'enfants, de familles dont le budget sera à nouveau amputé alors que les dépenses de santé ne cessent de croître, prétéritant encore plus les concerné-e-s, classe moyenne ou revenus modestes. Cette décision a déjà été abondamment critiquée, en particulier par les Socialistes bien sûr, mais les effets commencent seulement à se faire sentir, au fur et à mesure où des lunettes doivent être demandées ou remplacées.

Avec ces mesures, Didier Burkhalter espère une économie annuelle d'environ 10 millions de francs. En réalité, le résultat n'est pas une économie mais un report de charges vers les familles et les assurances complémentaires, et tout cela au bénéfice des assureurs, qui reçoivent ainsi un très joli cadeau ! C'est une attaque de plus au principe de solidarité entre tous-tes les assuré-e-s, principe sain, dont chacun-e bénéficie tôt ou tard, comme le relève Béatrice Despland, spécialiste du droit des assurances sociales, toujours dans Le Temps du 18 février 2011.

Les perosnnes ayant besoin d'un appareil auditif subiront aussi des restrictions: ces apapreils ne seront eux non plus remboursés qu'au forfait et pour des montants inférieurs de près de 50% que ceux priss en charge actuellement (max. 840 francs au lieu de 1'506 francs actuellement). Les objectifs annoncés de cette mesure : responsabilisation des patient-e-s (libre choix de l'appareil et des services de l'acousticien mais avec réduction du contrôle médical de « qualité ») et promotion de la concurrence en faisant baisser les prix.... Même Monsieur Prix, Stefan Meierhans, particulièrement dubitatif, estime que ce nouveau mécanisme introduira surtout des distorsions du marché (cf. Tribune de Genève du 24 décembre 2010) et qu'il n'entraînera dans les faits aucune baisse des prix ! La soi-disant "économie" espérée s'élève à 30 millions de francs pour les assureurs et constitue donc, en fait, également un report de charges vers les personnes concernées et les familles.

 

Les lunettes, les appareils auditifs, ce sont les patient-e-s qui sont mis à contribution !

Les économies annuelles dégagées sur ces deux prestations représentent 0,06% du budget 2011 de la Confédération (version de septembre 2010). Par ailleurs, la Confédération a dégagé en 2010 un bénéfice de 3.6 milliards de francs. Des économies aussi marginales sur des prestations indispensables sont injustifiables.

Ainsi, une fois de plus, on constate le douloureux échec du système actuel de santé avec une hausse ininterrompue des coûts et des baisses de prestations. Une fois de plus, les charges sont reportées sur les personnes et les familles. Ainsi, au-delà de la questions des lunettes de vue et des appareils auditifs, on lit avec inquiétude que 15% de la population renonce à se faire soigner faute de moyens (cf. Tribune de Genève du 22 février 2011) ! Dans une société censée être prospère comme la nôtre, c'est inacceptable!

 

Des mesures urgentes et crédibles sont indipensables

C'est surtout une raison de plus de soutenir la nouvelle initiative lancée par une large alliance, dont les Socialistes, pour une caisse publique d'assurance-maladie ! Parce que nous croyons que le service public est, à la longue, plus équitable, plus juste et plus efficace.

Et pour les personnes qui ont des soucis de vue ou d'ouïe, il est impératif que le Canton de Genève prenne, dès aujourd'hui, concrètement, ses responsabilités et étudie toute mesure possible pour pallier aux décisions de la Confédération. Genève doit lancer une initiative inter-cantonale pour faire réviser ces décisions le plus vite possible. Et à court terme, le Canton doit mettre en place une prise en charge des surcoûts induits par ces mesures pour les résident-e-s du canton de Genève, au moins à titre provisoire.

 

 

 

 

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21/02/2011

Prestations sociales municipales AVS/AI: non au diktat de l'Etat!

 

Lors de son point de presse du jeudi 17 février, le Conseil d'Etat communiquait enfin sa position concernant les prestations sociales de la Ville de Genève pour les rentiers AVS et AI résidant en ville de Genève. La menace d'une annulation du budget de la Ville de Genève planait, au motif que ces prestations seraient contraires  au droit supérieur, cantonal et surtout fédéral.  Les autorités de la ville, emmenées par Manuel Tornare, en charge du département de la cohésion sociale, et Sandrine Salerno, maire et en en charge du département des finances, ont toujours contesté ce point de vue, avec l'appui actif de la majorité de gauche du Conseil municipal.

A la veille des élections municipales le Conseil d'Etat n'a finalement pas osé exécuter ses menaces. Officiellement, la Ville est donc autorisée à continuer à verser le supplément municipal à ceux et celles qui en bénéficient déjà, en vertu de la logique des droits acquis. Toutefois, le Conseil d'Etat estime que la Ville ne devrait plus accepter de nouveaux bénéficiaires !

Inégalité de traitement et leçons de l'Etat : inacceptable !

Cette demi-mesure est inacceptable puisqu'elle introduit une inégalité de traitement. Pourquoi une personne résidant en ville de Genève et bénéficiant d'une rente cantonale complémentaire n'aurait plus droit à une rente municipale ? Je ne suis pas juriste mais je me réjouirais de voir un tel cas soumis à la justice !

Rappelons que la Ville verse aux bénéficiaires d'une rente cantonale versée par le Service des prestations complémentaires (SPC, ex-OCPA) un complément mensuel de 185 francs pour une personne seule et 265 francs pour un couple. Il s'agit d'un droit, en vigueur depuis bientôt 30 ans ! Le montant actuel versé par la Ville représente environ 10 millions de francs par an.

Le Conseil d'Etat se permet de faire la leçon à la Ville en lui proposant de couvrir d'autres besoins sociaux avec cet argent, par exemple les personnes âgées subissant « l'effet de seuil » (personnes dont le revenu net dépasse les seuils pour obtenir un soutien public). En tant que socialistes, nous refusons d'opposer les besoins et d'effectuer un nivèlement par le bas, cela nous l'avons toujours dit et c'est ainsi que nous concevons la justice sociale !

 

Ne pas opposer les besoins en matière sociale !

Il y a effectivement de nombreux besoins sociaux qui ne sont pas ou mal couverts à Genève, des familles aux bas revenus, des jeunes en difficulté ou d'autres personnes victimes de l'effet de seuil. On sait, par exemple, que la situation des familles monoparentales, en règle générale  des mères séparés ou divorcées, parfois aussi des pères, peut être très difficile. Mais faut-il punir les bénéficiaires actuels ou futurs des prestations municipales AVS/AI pour cette raison ? Pourquoi ne pas, au contraire, proposer une extension de ce supplément municipal à toutes les personnes concernées à l'échelle cantonale, connaissant les coûts de la vie dans l'agglomération genevoise ?

Enfin, l'argument phare de l'Entente au cours de ces dernières années pour supprimer les prestations Ville de Genève était de dire que les personnes âgées, grâce à l'amélioration de leur rente AVS et deuxième pilier, n'entraient pas dans la catégorie des personnes les plus démunies. Cela démontre une méconnaissance sur ce dossier. En effet, même si une partie de nos aîné-e-s ont amélioré leur niveau de vie il n'en reste pas moins que de nombreuses personnes se trouvent dans des situations de précarité et de pauvreté. De plus, à l'avenir on peut s'attendre à une péjoration de cette situation étant donné qu'il y a un nombre important de nos concitoyen-ne-s qui ne cotisent pas ou très peu au deuxième pilier ou qui vivent des situations de précarité (postes temporaires, travail sur appel, périodes de chômage répétées, AI, divorces, notamment). Des rentes complémentaires suffisantes constituent donc une des meilleures garanties possibles contre une forte augmentation de la pauvreté au 3ème âge, qui signifierait une régression sociale considérable.

Les Socialistes ont toujours défendu le développement de prestations sociales ciblant aussi d'autres besoins, tels qu'évoqués ci-dessus, et le Conseil municipal s'est mobilisé à de maintes reprises autour de ces enjeux. Parmi les nombreuses interventions parlementaires à ce sujet, citons en particulier la motion M-682 déposée en 2007 par l'Alternative et intitulée « Pour le maintien de l'action sociale en faveur des aîné-e-s et des personnes précarisées de la ville de Genève », ou la motion socialiste M-863 intitulée « Aides sociales urgentes: il y a urgence » (2009).

 

Développer les prestations pour d'autres groupes, en plus des aîné-e-s, ensemble avec les autres villes genevoises

Aujourd'hui, de plus en plus, on assiste à un report de charges sociales de la Confédération vers les cantons (exemple d'actualité : l'entrée en vigueur de la Loi révisée sur l'assurance-chômage le 1er avril, qui va précipiter des centaines de personnes vers l'assistance publique à Genève). Cette approche incite les cantons, y compris Genève, à prendre des mesures d'économie dans les prestations sociales (révision des prestations du SCARPA, suppression récente du RMCAS etc.). Ceci induit à son tour des charges supplémentaires vers les communes, notamment les villes comme Genève, qui sont aux premières loges pour subir les effets sociaux à la fois de la crise qui touche une partie de la population et de ces reports  de charges. Nous sommes évidemment prêts à assumer nos responsabilités en la matière et pouvons le faire de manière efficace, vu que nous connaissons très bien la réalité sur notre territoire grâce à notre politique de proximité. Mais nous dénonçons aussi cette tactique qui vise à étouffer financièrement les villes, souvent à majorité de gauche. Ces prochaines années, l'évolution des besoins et leur augmentation va nous amener à devoir redéfinir la politique sociale municipale, sans remettre en cause les acquis, afin de s'assurer du maintien de la cohésion sociale et de lutter contre la précarisation, la pauvreté et l'exclusion. L'un des axes prioritaires est certainement une collaboration accrue avec les autres villes genevoises, comme Vernier, Meyrin, Onex, Lancy, Carouge et les autres, dans la mesure où nous faisons face à des problématiques similaires. Cette collaboration renforcée portera très certainement sur des enjeux comme les jeunes en grande difficulté d'insertion (avec toute une série de projets municipaux déjà réalisés, comme les antennes d'insertion) et les familles à bas revenus, notamment monoparentales. Pour les familles avec des enfants en âge de scolarité primaire, le changement de l'organisation scolaire va d'ailleurs à la fois créer des opportunités et des besoins.

Refuser le chantage de l'Etat

En ce qui concerne les prestations aux aîné-e-s, le Conseil d'Etat a au moins, enfin, admis la légitimité de ces prestations. Mais il est exclu de répondre au chantage qu'il exerce en arrêtant d'accueillir de nouveaux bénéficiaires ! Ces prochaines années il faudra mener la bataille pour que cette rente devienne un droit à l'échelle cantonale. Parallèlement, nous devons veiller à ce que les autres besoins soient aussi couverts, dans une agglomération qui se distingue par une santé économique presque insolente (cf. l'article du magazine français « Le Point » du 17 février 2011) et qui n'a donc pas le droit d'accepter de pareilles disparités sociales !

 

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15/02/2011

Chômage des jeunes: une affaire sérieuse, qui nécessite des actes concrets!

 

Ce matin, mardi 15 février, j'ai eu l'occasion de mener un bref débat sur les ondes de OneFM concernant l'emploi des jeunes face à Michel Chevrolet, candidat démocrate-chrétien au Conseil administratif de la Ville de Genève. Un débat de moins de 10 minutes ne permet évidemment pas d'aborder toutes les facettes de ce sujet essentiel et sensible. Je reviens plus tard sur ce débat mais souhaite d'abord parler du problème lui-même.

Aujourd'hui, il est devenu difficile pour beaucoup de jeunes de commencer une carrière professionnelle, de trouver ce fameux « premier emploi ». Lorsqu'on examine les annonces d'emploi, on a l'impression que les entreprises cherchent des personnes entre 25 et 30 ans qui ont déjà 10 ans d'expérience au minimum... J'exagère à peine.

A Genève, on compte environ 1'700 chômeurs et chômeuses entre 15 et 24 ans, et 4'800 entre 25 et 34 ans, soit beaucoup trop (cf. site de l'Office cantonal de l'emploi). En Suisse, environ 5% des bénéficiaires de l'aide sociale ont moins de 25 ans, dont certains ont déjà des charges familiales! Dans ces statistiques ne figurent pas forcément tous les jeunes en difficulté, puisque plusieurs centaines d'entre eux ne sont inscrits nulle part et sont souvent suivis par des structures municipales et associatives car l'Etat ne s'en occupe pas vraiment. C'est notamment le cas de jeunes en rupture de scolarité. Ces derniers partent souvent dans des trajectoires de rupture pouvant les mener à la précarisation complète pour de longues années.

Par conséquent, on doit prendre très au sérieux ce problème. Un pays qui n'offre pas d'avenir à ses jeunes handicape son propre avenir.

 

La Ville de Genève a un rôle à jouer

Rappelons que les règles du jeu en la matière sont essentiellement fédérales (loi sur l'assurance-chômage, politique économique) et cantonales (politique de l'emploi, politique de la formation, politique économique). Les communes en général, et les villes en particulier, ont certainement une contribution à apporter, mais qui ne peut pas résoudre entièrement le problème. Ceci n'a pas empêché une ville comme Genève de prendre des mesures concrètes pour améliorer les perspectives offertes aux jeunes sur le marché du travail local, dont voici quelques-unes:

-          La Ville de Genève comme employeur a renforcé son offre de places d'apprentissage ; le département de Manuel Tornare était déjà le plus dynamique en la matière (espaces verts, social, petite enfance, écoles, etc.), et depuis l'arrivée de Sandrine Salerno à la tête de la politique du personnel de la Ville, on constate une augmentation générale de 40% du nombre de places d'apprentissage en Ville, avec des taux réjouissants de réussite.

-          La Ville de Genève a récemment renouvelé, sur initiative de la gauche, son soutien à la Fondetec, fondation municipale de soutien au tissu économique local, avec une contribution de 10 millions ; l'action de la Fondetec crée ainsi des emplois, y compris pour les jeunes.

-          La Ville de Genève a réorganisé le "Fonds chômage", sous l'impulsion de Sandrine Salerno, afin de favoriser des projets innovants d'insertion professionnelle, notamment aussi pour les jeunes.

-          La Ville de Genève a créé en 2009 l'Antenne d'insertion VIA pour jeunes en grande difficulté d'insertion, afin de donner aux jeunes (à terme entre 60 et 80 par année) une chance de redémarrer sur de nouvelles bases. Les premiers résultats sont prometteurs !

-          Depuis 2000 la Délégation à la jeunesse, créée par Manuel Tornare, soutient directement des projets innovants initiés par les jeunes, par exemple dans le domaine artistique ou sportif, notamment pour permettre d'acquérir une expérience de gestion de lancements de projets, de recherche de fonds, de marketing, etc.

-          A l'initiative de Sandrine Salerno la Ville de Genève soutient aussi activement le développement de l'économie sociale et solidaire ESS), composée d'entreprises et organisations à but non lucratif mais créant des emplois, et qui offrent de nombreuses opportunités aux jeunes.

Ces projets sont d'ailleurs souvent recueilli un soutien large du Parlement municipal, au-delà des clivages gauche-droite.

Les Socialistes ont encore d'autres projets, comme en témoigne l'initiative municipale déposée avec plus de 5'300 signatures en janvier 2011 en faveur de la création de 300 nouvelles places d'apprentissage dans les entreprises installées en ville de Genève.

D'autres villes genevoises, comme Vernier, Meyrin, Carouge, Onex et d'autres, ont également agi de manière similaire à leur échelle respective, souvent à l'initiative des Socialistes.

 

L'effort principal doit se faire au niveau cantonal

Ceci étant, si on souhaite réellement réduire le nombre de jeunes en difficulté d'insertion, l'effort principal doit se faire au niveau cantonal. François Longchamp, ministre radical de l'emploi du canton de Genève, a certainement déjà montré une volonté de s'attaquer au problème, en collaboration avec Charles Beer, ministre socialiste de l'éducation. Mais cet effort est largement insuffisant ! Il faut renforcer la prise en charge encore plus en amont de ce qui se fait déjà, il est nécessaire d'intensifier la collaboration entre intervenants étatiques et institutionnels est encore trop lacunaire, les efforts pour convaincre le secteur privé de contribuer à la solution ne sont pas assez poussés, et il n'y a pas assez d'efforts pour reprendre en main les jeunes déscolarisés, sans diplômes, et qui ont subi une série d'échecs. Bref, il y a encore beaucoup plus de travail !

De plus, la révision de l'assurance-chômage, qui entre en vigueur le 1er avril prochain, va aggraver le problème, puisque le nombre d'indemnités que pourra toucher une personne de moins de 25 ans seront réduites de moitié et que le délai d'attente sera nouvellement de 6 mois avant de pouvoir prétendre à des indemnités. Cerise sur le gâteau, les jeunes jusqu'à 30 ans devront accepter n'importe quel poste, même s'il n'a rien à voir avec leur formation, ce qui représente un gaspillage conséquent des deniers publics.

 

La vraie politique du PDC genevois

Cette révision a été activement soutenue par toute la droite genevoise, dont les pontes du PDC, ce que Michel Chevrolet se garde bien de rappeler. Seul Pierre Maudet, membre radical de l'exécutif municipal (et théoriquement allié de Michel Chevrolet...), a eu le courage de s'y opposer. Lorsque Michel Chevrolet attaque la Ville, comme d'habitude, parce qu'au fond il n'a pas grand-chose de concret à proposer, faut-il aussi lui rappeler que la politique cantonale de l'emploi, avant d'être reprise par François Longchamp, a été gérée pendant très longtemps par des ministres PDC, feu Jean-Philippe Maître, Carlo Lamprecht puis Pierre-François Unger ? Et que leur principe de base semble avoir été : ne rien faire, c'est ce qu'il y a de mieux à faire ? Ce qu'on paie chèrement aujourd'hui ?

Bon, reconnaissons que Michel Chevrolet a formulé deux propositions ce matin à la radio. La première, celle d'accorder des rabais aux entreprises sur la base de la taxe professionnelle municipale, est illégale (égalité devant l'impôt) ; de plus elle se heurte à la volonté de ses alliés libéraux d'abolir purement et simplement cette taxe (ce qui représente 120 millions de francs en moins de recettes pour la Ville de Genève, 10% de son budget municipal). La seconde, c'est d'utiliser la Fondetec pour soutenir des projets innovants : une idée intéressante, qu'on peut discuter, et qui a le mérite de relever que la Fondetec, idée socialiste, est une institution utile.

Bref, avant de prôner le changement pour le plaisir du changement (mais quel changement ?), il faut être crédible. Lorsqu'on parle du chômage des jeunes, la solution ne peut consister uniquement à soutenir des clubs privés festifs ! Les jeunes attendent des actes concrets, pas du vent.

 

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14/02/2011

Arrêtons les guerres fiscales, investissons pour Genève !

 

Ce dimanche 13 février, le projet d'amnistie fiscale a été refusé par 53% des Genevoises et Genevois ayant voté, soit une belle victoire pour les opposants à ce projet excessif. Mais ce résultat, plutôt serré, doit nous interpeller à gauche, par rapport à l'image de l'impôt en général et aux prochains débats fiscaux. Certes, ce qui compte c'est la victoire, courte ou pas. Une amnistie qui allait beaucoup trop loin en récompensant les fraudeurs, au mépris des contribuables qui paient honnêtement leurs impôts, est ainsi rejetée.

Les résultats en Ville de Genève, avec 58% de refus, sont nets et donc encourageants. Sur 17 arrondissements électoraux de la Ville de Genève, 14 ont refusé le projet, même si c'est parfois de justesse. C'est d'autant plus méritoire que le projet était largement soutenu, par l'Entente bien sûr (radicaux, libéraux et démocrates-chrétiens), mais aussi par le MCG et l'UDC. Ainsi, les Socialistes et ses alliés de l'Alternative ont su convaincre près de 6 électrices et électeurs sur 10 en Ville. Les résultats sont similaires à Vernier, Meyrin, Lancy, Onex ou Carouge, par exemple. On retrouve ainsi à Genève un clivage villes-campagne, semblable au clivage de plus en plus fréquent sur le plan des votations fédérales, qui prend le dessus sur le clivage habituel du Röstigraben. Les villes votent de manière plus progressiste que la campagne, et ceci s'accentue (on le voit bien avec l'initiative sur la protection face à la violence des armes). Je relève au passage que le MCG confirme sa contradiction fondamentale entre son discours soi-disant en faveur des Genevoises et Genevois modestes et sa politique réelle, une vraie politique de droite dure.

 

Démantèlement fiscal annoncé ?

Malgré tout, il y a des raisons de s'alarmer. Les résultats spécifiques de la Ville de Genève, ou des autres villes genevoises, ont une valeur symbolique, politiquement importante certes, mais sans signification réelle sur l'avenir du débat fiscal, vu que les règles du jeu ne sont pas municipales.

Ces règles sont essentiellement fédérales, puis cantonales. Aujourd'hui, dans le canton de Genève, nous avons déjà subi deux baisses d'impôt sur proposition de la droite (en 1999 et 2009), sans oublier la suppression de pans entiers de l'impôt sur les successions. Ces « cadeaux fiscaux » expliquent les difficultés budgétaires auxquelles le canton doit faire face. Et la prochaine bataille que veut mener la droite est celle de la suppression de la taxe professionnelle, recette importante pour de nombreuses communes (10% des recettes dans le cas de la Ville de Genève !). S'y ajoute la proposition adoptée par la Constituante, sur initiative de la droite, visant à supprimer purement et simplement la péréquation fiscale intercommunale, touchant là aussi essentiellement les communes urbaines, c'est-à-dire les villes genevoises. Cette péréquation, que de nombreuses villes en Suisse nous envient, permet de rééquilibrer les recettes fiscales  entre le lieu de domicile et le lieu de travail, et donc vers les villes qui ont les charges pour toute la population du canton (culture, social, sport, etc.).En 2003 j'écrivais dans une libre opinion parue dans la Tribune de Genève, alors que je siégeais au Grand Conseil, que la droite genevoise semblait plus préoccupée par le fait de « mater » la Ville de Genève à majorité de gauche que par le bien-être du canton en général. Cette volonté semble toujours bien réelle. Elle aurait même tendance à se renforcer. De plus, si on en croit certaines informations, des nuages sombres s'accumulent à l'horizon en matière fiscale, en lien avec les pressions européennes sur la fiscalité des entreprises. Or les villes genevoises semblent être en première ligne pour subir l'effet de ces prochaines baisses, qui s'accompagnent d'un report de charges croissant de la Confédération vers les cantons, et par ricochet vers les villes, en matière sociale (exemple : baisse des prestations de l'assurance-chômage dès le 1er avril 2011 = augmentation des charges sociales pour les cantons et des villes).

 

Oui à une amnistie fiscale raisonnable aussi favorable à la classe moyenne

Pourtant un projet plus raisonnable d'amnistie fiscale aurait pu passer la rampe, le score de ce dimanche en est l'indicateur le plus sûr. Le principal défaut stratégique de ce projet était qu'il ne pouvait bénéficier qu'aux revenus élevés. Si la droite avait accepté de présenter un projet plus équilibré, et pensé aux petits revenus, la gauche aurait pu entrer en matière. L'exemple du Jura a souvent été cité comme pouvant constituer une base de travail, mais une frange dure de la droite a préféré un vieux projet tessinois, passé aux oubliettes depuis.

Aujourd'hui, à Genève, les motifs d'inquiétude sur la situation socioéconomique se multiplient. On ne doit plus seulement citer les personnes déjà précarisées comme source de préoccupation, mais aussi une proportion importante de la classe moyenne. Celle-ci, tout en ne bénéficiant pas d'aides sociales, constate que les fins de mois deviennent de plus en plus rudes, entre les primes d'assurance-maladie qui n'en finissent plus d'augmenter, les loyers, les impôts, les fris de garde... Et la précarisation guette un nombre bien trop élevé de personnes et de familles dans cette catégorie. Les intérêts de ces contribuables ne sont plus du tout défendus par la droite classique, et encore moins par le MCG ou l'UDC. Une mesure raisonnable d'amnistie, bénéficiant aussi à ceux et celles qui se retrouvent en procédure de poursuite par exemple, aurait fait sens, politiquement, économiquement, socialement et éthiquement.

Mais la question de l'amnistie est finalement anecdotique sur le plan budgétaire. Ses partisans ont voulu nous appâter avec les recettes qui en découleraient, pour financer les prestations, mais au prix de quels sacrifices éthiques ? Et surtout pour un bénéfice unique ? Pour mieux justifier ensuite d'autres baisses fiscales ? Est-ce que les velléités de démantèlement fiscal vont-elles continuer ? Est-ce que la droite genevoise a-t-elle un projet pour Genève qui ne se limite pas à des cadeaux fiscaux pour les hauts revenus ?

 

Des investissements pour Genève plutôt que des guerres fiscales !

Force est de l'admettre, il est facile de vendre une baisse fiscale, en faisant miroiter le gain à court terme qui en résulte. Il est pourtant souvent modeste pour la plupart des contribuables. Les deux dernières propositions de baisse ont passé la rampe, alors que toutes les propositions de la gauche, visant une hausse fiscale ciblée sur les hauts revenus et/ou les grandes fortunes ont échoué. La gauche a un défi considérable à relever pour défendre l'impôt et le service public, et la droite pour arrêter de se faire plaisir avec des réductions d'impôts. Aujourd'hui, au vu des défis qui se posent à Genève, il est impératif de mettre fin aux guerres fiscales.

Genève a des besoins vitaux dans de nombreux domaines : logements, infrastructures, rénovation du patrimoine bâti, transports, enseignement, formation et perfectionnement, promotion du tissu économique local pour lutter contre le chômage, intégration, politique familiale, et bien d'autres domaines. Et je pourrais ajouter la liste des chantiers institutionnels, comme une meilleure organisation du territoire entre canton et communes, en prenant en compte la dimension régionale. Genève connaît une expansion économique et démographique très marquée, de plus en plus déséquilibrée, qui crée des tensions fortes, en matière d'emploi, de logement, de circulation, et qui met cruellement en évidence nos retards cumulés. La qualité de vie qui caractérise notre région est ainsi sérieusement menacée, du moins pour la plus grande partie des habitantes et habitants, qui n'auront plus les moyens d'en bénéficier, si Genève devient Monaco-sur-Léman. Pour tenter de combler ces retards, le fait de mener des guerres fiscales à répétition ne représente certainement pas la bonne approche. Aujourd'hui, toute proposition fiscale qui alimenterait un conflit polarisant gauche-droite est synonyme d'échec et de régression pour Genève, quel que soit le résultat en votation.

Que ce soit sur des mesures d'amnistie, sur une réforme de la taxe professionnelle, ou sur d'autres enjeux fiscaux, un débat ouvert et constructif est nécessaire et possible, à condition de l'aborder avec une réelle conscience de ces besoins et une bonne foi suffisante, pas en jouant les pyromanes ! La priorité, aujourd'hui, va incontestablement aux meilleurs moyens de réaliser les investissements nécessaires à l'avenir de Genève.

 

 

15:20 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : fiscalité, genève, projet, classe moyenne, amnistie | |  Facebook

11/02/2011

Crise des « logements de fonction » au DCTI : négligence coupable !

 

L'affaire des logements gérés par le Département de Mark Muller et loués à des loyers défiant toute concurrence (dont à des fonctionnaires du DCTI justement !) est surtout symptomatique d'une absence complète de sens des responsabilités institutionnelles de la part d'un magistrat. Il s'était pourtant largement distingué comme donneur de leçons de bonne gestion lorsqu'il était conseiller municipal ou député !

Certains ont affirmé, dans une vaine tentative de justifier cette situation, que cette affaire est marginale du point de vue de l'impact financier pour l'Etat, ou que ces locations à bas prix étaient acceptables, parce que temporaires dans l'attente d'opérations immobilières dans ces périmètres. Mais à l'heure où le marché du logement génère tellement de frustrations et de tensions pour toute citoyenne, tout citoyen qui cherche désespérément un appartement à prix abordable, cette affaire est évidemment choquante. Et la notion de « temporaire » a visiblement une signification particulière au DCTI, lorsqu'on parle de situations qui durent depuis 10 ans ou plus ! De plus, force est de constater que cette situation a déjà été identifiée et documentée en 2005 déjà, ce que même Mark Muller a admis.

En tant que député au Grand Conseil, j'ai siégé à la Commission de contrôle de gestion pendant près de 3 ans (2003 - 2005). La mission de cette commission, dont la presse a beaucoup parlé ces jours, est d'exercer une surveillance parlementaire sur l'Etat. Pour cela, elle dispose de prérogatives étendues, qui incluent l'accès intégral aux rapports de l'Inspection cantonale des finances. Elle peut auditionner le magistrat ou la magistrate concerné-e pour vérifier les mesures prises ou prévues. Il lui arrive aussi de lancer ses propres enquêtes: ainsi le cas du Stade de Genève en 2003- 2004, qui a fait l'objet d'une enquête approfondie menée par Ivan Slatkine (député libéral) et moi-même (cf. rapport).

La plupart des membres du Conseil d'Etat que j'ai connus ont toujours pris très au sérieux les rapports de l'ICF et de la Commission de contrôle de gestion. Il y va du bon fonctionnement de l'Etat et donc de l'intérêt des Genevoises et des Genevois, comme citoyen-ne-s et contribuables, afin de maintenir et renforcer la confiance dans le service public. De nos jours, un-e magistrat-e se doit de mettre en place les mesures et outils qui lui permettent de connaître son département et d'identifier les lacunes, faiblesses, et autre dysfonctionnements. Et, sur cette base, il est ensuite impératif de prendre les mesures dès qu'un problème est identifié. Certains articles récents faisaient le parallèle entre la situation au DCTI et le cas de la Gérance immobilière municipale (GIM) de la Ville de Genève, dans le Département actuellement placé sous la responsabilité de la Maire socialiste, Madame Sandrine Salerno. La comparaison est justement intéressante : dès son arrivée, elle a effectué un état des lieux, constaté que la GIM était en mauvais état, et pris des mesures drastiques, incluant des changements majeurs dans les postes de responsables. Ces changements lui ont d'ailleurs valu à l'époque de fortes critiques. En attendant, la GIM est aujourd'hui assainie et a recommencé à faire son travail correctement. De plus, la GIM gère 5'000 logements, 650 locaux professionnels et 490 arcades : rien à voir avec la Gérance immobilière de l'Etat !

Mark Muller n'a visiblement pas pris au sérieux ses responsabilités en matière de gestion. Pourtant, à l'époque où je siégeais avec lui sur les bancs du Parlement, d'abord à l'échelon municipal, puis cantonal, il était le premier à faire la leçon au Conseil administratif ou au Conseil d'Etat en matière de gestion et de rigueur. Au Grand Conseil, il a même été l'auteur principal d'un projet de loi qui visait tout simplement au démantèlement complet du statut de la fonction publique, au nom de l'efficacité, de la productivité, de la transparence ! Et quelle énergie n'a-t-il pas mis pour combattre les lieux occupés, les « squats », au nom de l'Etat de droit ? Mark Muller représentait donc à merveille la tendance dominante du Parti libéral du « moins d'Etat » et du dénigrement du service public. Evidemment il est beaucoup plus facile de faire la leçon aux autres que de se les appliquer à soi-même...

Soit, il a annoncé mercredi un plan d'action. Mais c'est bien tard ! Et pourquoi faut-il une « task force » de 5 personnes pendant un an ( !) pour régler ce problème ? Mark Muller aurait pu, il aurait même dû (!) démontrer sa capacité de gestion exemplaire dès son arrivée au gouvernement, plus que tout-e autre magistrat-e. Mais il a multiplié les restructurations, les effets d'annonce et les dérobades ... pour, aujourd'hui, afficher un bilan inexistant, un département sinistré et une crédibilité très largement entamée. Dans cette affaire, comme dans d'autres, Mark Muller a témoigné d'un laxisme coupable, voire de complicité passive par négligence. C'est inacceptable ! Le Parlement, notamment la Commission de contrôle de gestion, doit donc continuer son travail et prendre ses responsabilités pour restaurer la confiance.

 

09:30 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : logement, contrôle, parlement, gouvernement | |  Facebook

10/02/2011

La fête est terminée, le combat continue!

48 heures sont passées, les commémorations du « jubilé » se sont terminées, on a eu droit à une émisison Infrarouge de la TSR et l'actualité s'intéresse déjà à autre chose. Le 7 février 2011, nous marquions les 40 ans du droit de vote des femmes. Je dis bien « marquions » et pas « fêtions », car il n'y avait franchement aucun motif de fête, alors que ce droit était dû depuis si longtemps ! Et il a fallu 20 de plus pour que le dernier bastion de résistance machiste, le canton d'Appenzell Rhodes Intérieures, s'incline enfin devant un ordre du Tribunal fédéral pour l'octroi du droit de vote aux femmes sur le plan cantonal. On ne peut que saluer le courage et la persévérance de celles, nombreuses, et ceux, nettement moins nombreux, qui se sont battu-e-s pour un droit pourtant évident dans toute société qui se veut démocratique. Et la Suisse est fière de sa démocratie soi-disant si ancienne !

Cette commémoration doit au moins nous servir à deux choses :

Premièrement, on peut et doit se rendre compte que dans un système politique comme la Suisse, il vaut vraiment la peine d'être persévérant et ne pas se laisser impressionner par un échec, comme l'ont aussi montré l'introduction de l'AVS ou celle de l'assurance-maternité. Ces victoires doivent nous soutenir dans le combat pour les droits civiques des étrangères et étrangers résident-e-s, par exemple, ou pour la régularisation des sans-papiers. Et il faut faire évoluer non seulement le droit mais aussi les mentalités, ce qui est un combat parfois bien plus ardu ! En effet, l'égalité en droit, étape indispensable mais non suffisante, ne protège malheureusement pas toujours assez contre les inégalités au quotidien, aussi bien en matière de sexisme que de racisme ou de discrimination socioéconomique.

Et deuxièmement, nous ne devons pas oublier que rien n'est définitivement acquis. Lorsqu'on entend les discours récents du ministre de la défense et de son parti sur la place des femmes dans la société, je constate à quel point cette lutte reste d'actualité. Sur de nombreux plans, symboliques et matériels, les discriminations entre hommes et femmes existent encore. Des dérapages récents et pernicieux, aussi bien dans le monde politique que dans la vie de tous les jours (par exemple dans les relations entre adolescent-e-s), nous incitent à rester très mobilisé-e-s !

Cet « anniversaire » est donc l'occasion de rappeler que la lutte pour l'égalité constitue un engagement constant, quotidien, dans tous les domaines, et que nous devons chacune et chacun y contribuer activement. L'égalité entre les sexes est de la responsabilité de toutes et de tous.

 

 

08:36 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : genève, égalité, vote, sexisme, discrimination | |  Facebook