23/02/2011

Discrimination injuste des porteurs de lunettes!

« Les problèmes de vue ne constituent pas une maladie », selon le Conseiller fédéral Didier Burkhalter (cf. Le Temps du 18 février 2011). C'est ainsi qu'il justifie la suppression de la prise en charge des lunettes par l'assurance-maladie de base LAMaL depuis janvier 2011. Pourtant, de nombreux spécialistes (médecins et sociologues) s'accordent à considérer que les troubles de la vue sont clairement une maladie ou un handicap, qu'ils soient liés ou non au patrimoine génétique ou au vieillissement, comme de nombreuses autres pathologies qui sont prises en charge par la LAMal.

 

Des économies dans le domaine de la santé ? Surtout un cadeau pour les assureurs !

70% de la population souffre de troubles de vue : autant de personnes, d'enfants, de familles dont le budget sera à nouveau amputé alors que les dépenses de santé ne cessent de croître, prétéritant encore plus les concerné-e-s, classe moyenne ou revenus modestes. Cette décision a déjà été abondamment critiquée, en particulier par les Socialistes bien sûr, mais les effets commencent seulement à se faire sentir, au fur et à mesure où des lunettes doivent être demandées ou remplacées.

Avec ces mesures, Didier Burkhalter espère une économie annuelle d'environ 10 millions de francs. En réalité, le résultat n'est pas une économie mais un report de charges vers les familles et les assurances complémentaires, et tout cela au bénéfice des assureurs, qui reçoivent ainsi un très joli cadeau ! C'est une attaque de plus au principe de solidarité entre tous-tes les assuré-e-s, principe sain, dont chacun-e bénéficie tôt ou tard, comme le relève Béatrice Despland, spécialiste du droit des assurances sociales, toujours dans Le Temps du 18 février 2011.

Les perosnnes ayant besoin d'un appareil auditif subiront aussi des restrictions: ces apapreils ne seront eux non plus remboursés qu'au forfait et pour des montants inférieurs de près de 50% que ceux priss en charge actuellement (max. 840 francs au lieu de 1'506 francs actuellement). Les objectifs annoncés de cette mesure : responsabilisation des patient-e-s (libre choix de l'appareil et des services de l'acousticien mais avec réduction du contrôle médical de « qualité ») et promotion de la concurrence en faisant baisser les prix.... Même Monsieur Prix, Stefan Meierhans, particulièrement dubitatif, estime que ce nouveau mécanisme introduira surtout des distorsions du marché (cf. Tribune de Genève du 24 décembre 2010) et qu'il n'entraînera dans les faits aucune baisse des prix ! La soi-disant "économie" espérée s'élève à 30 millions de francs pour les assureurs et constitue donc, en fait, également un report de charges vers les personnes concernées et les familles.

 

Les lunettes, les appareils auditifs, ce sont les patient-e-s qui sont mis à contribution !

Les économies annuelles dégagées sur ces deux prestations représentent 0,06% du budget 2011 de la Confédération (version de septembre 2010). Par ailleurs, la Confédération a dégagé en 2010 un bénéfice de 3.6 milliards de francs. Des économies aussi marginales sur des prestations indispensables sont injustifiables.

Ainsi, une fois de plus, on constate le douloureux échec du système actuel de santé avec une hausse ininterrompue des coûts et des baisses de prestations. Une fois de plus, les charges sont reportées sur les personnes et les familles. Ainsi, au-delà de la questions des lunettes de vue et des appareils auditifs, on lit avec inquiétude que 15% de la population renonce à se faire soigner faute de moyens (cf. Tribune de Genève du 22 février 2011) ! Dans une société censée être prospère comme la nôtre, c'est inacceptable!

 

Des mesures urgentes et crédibles sont indipensables

C'est surtout une raison de plus de soutenir la nouvelle initiative lancée par une large alliance, dont les Socialistes, pour une caisse publique d'assurance-maladie ! Parce que nous croyons que le service public est, à la longue, plus équitable, plus juste et plus efficace.

Et pour les personnes qui ont des soucis de vue ou d'ouïe, il est impératif que le Canton de Genève prenne, dès aujourd'hui, concrètement, ses responsabilités et étudie toute mesure possible pour pallier aux décisions de la Confédération. Genève doit lancer une initiative inter-cantonale pour faire réviser ces décisions le plus vite possible. Et à court terme, le Canton doit mettre en place une prise en charge des surcoûts induits par ces mesures pour les résident-e-s du canton de Genève, au moins à titre provisoire.

 

 

 

 

17:09 Publié dans Genève et la Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : assurance, maladie, lunettes, santé, burkhalter | |  Facebook

Commentaires

Oui monsieur Barazone en parle dans la trbune ce matin et il va déposer une loi ! Merci à lui de penser aux porteurs de lunettes...

Écrit par : REDIBITOIRE | 23/02/2011

@Redibitoire: Oui, toute initiative pouvant soutenir efficacement les personnes concernées est bienvenue. Il faut les aider concrètement à Genève, tout en poussant le Canton à se battre à Berne pour faire changer ces décisions.

Écrit par : Sami Kanaan | 23/02/2011

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