22/11/2010

L’UDC, un parti qui représente un danger pour la sécurité collective !

Une initiative inhumaine et absurde

Imaginons un étranger qui aurait commis une fraude de quelques centaines de francs aux assurances sociales. Il doit évidemment être sanctionné, comme tout citoyen suisse le serait. Mais si l'initiative de l'UDC passe, il serait expulsé d'office, et potentiellement toute sa famille avec lui. C'est tout simplement inhumain. En revanche, comme par hasard, les délits relevant de la fraude fiscale ne seraient pas touchés: bienvenue aux riches étrangers qui trichent avec le fisc de leur pays !

Prenons maintenant le cas bien connu à Genève des étrangers en situation irrégulière, actifs dans le trafic de drogue, souvent arrêtés puis relâchés faute de preuves suffisantes : quelles solutions seraient apportées par l'initiative de l'UDC ? Ces individus, non-expulsables la plupart du temps faute de papiers d'identité et surtout faute d'un pays acceptant de les accueillir, ne pourraient être renvoyés, et il apparaît donc très clairement que l'initiative ne règlerait rien du tout. Ainsi, l'un des réels problèmes de sécurité qui existe à Genève ne pourrait même pas être résolu!!!

On constate donc ici le caractère à la fois inhumain et absurde de l'initiative de l'UDC pour le renvoi des criminels étrangers. Quant au contre-projet soi-disant plus « acceptable » parce que conforme au droit international, ce n'est qu'une copie mal faite de l'initiative. Le plus dur dans cette double proposition - étant entendu qu'aussi bien l'initiative que le contre projet doivent être refusés sans aucun état d'âme - réside dans le fait de se baser sur un discours de haine, de stigmatisation et de rejet, sans pour autant améliorer la sécurité collective ou individuelle d'un iota.

Un criminel doit être sanctionné, à la mesure de ses actes. La loi le permet déjà aujourd'hui : s'il est étranger, il peut être renvoyé hors de Suisse et c'est souvent le cas pour les crimes graves. On peut discuter de la pratique des tribunaux (jugements) et des cantons (exécution des décisions de renvoi) en la matière mais, c'est clair, le code pénal actuel suffit amplement (voir aussi un diaporama très explicite, et plus d'informations sur le site du PS).

 

Electoralisme et stigmatisation

Pourquoi alors lancer cette initiative, et ainsi inciter une majorité du Parlement à donner des gages à la droite populiste en fabriquant un contre-projet tout autant inacceptable?

Pour des motifs purement électoralistes, parce qu'il est tellement facile, dès qu'on met tout scrupule de côté, de jouer sur la peur des gens, voire de l'alimenter, avec la bonne vieille tactique du bouc émissaire. Et le contre-projet provient d'une classe politique placée en position défensive par l'UDC, qui peut ainsi se vanter, une fois de plus, de dicter l'ordre du jour politique et les règles du jeu.

L'application de l'initiative ne règlerait aucun problème et en créerait des nouveaux. Outre ceux déjà cités, on relèvera l'éclatement des familles si l'un des membres est expulsé, ou l'inégalité de traitement entre un étranger coupable d'un délit grave en matière de sécurité routière, non-expulsable, et un étranger coupable d'une fraude mineure aux assurances sociales, expulsable.

Je ne me contente pas de dénoncer l'hypocrisie et le caractère inhumain de l'initiative. Le drame, c'est que celle-ci renforce une attitude de division, de haine, de stigmatisation, en exploitant à fond les peurs, justifiées ou non, des gens. De telles propositions alimentent un processus rampant et pervers qui repousse toujours plus les limites de l'acceptable dans le discours politique et stigmatisent certains groupes pour en faire des boucs émissaires. Ce processus rappelle de tristes souvenirs...

 

Une arnaque démocratique

En résumé, cette initiative est une véritable arnaque démocratique. La plus grande angoisse des gens repose bien plus sur la peur de perdre leur emploi, ou de ne pas trouver un logement adéquat, deux problèmes auxquels l'UDC contribue largement par ses positions ultra-libérales, aux antipodes des intérêts des gens modestes qu'elle prétend défendre.

Tôt ou tard la population se rendra compte que l'UDC triche, consciemment, en faisant miroiter aux gens une amélioration de leur sécurité. Or l'UDC, est clairement le parti politique suisse qui a le plus contribué à diminuer la sécurité collective dans ce pays ces dernières années ! La diminution de la protection sociale ou de l'assurance-chômage, le combat permanent contre toute amélioration de la politique familiale (allocations, crèches, etc.), la lutte contre toute mesure allant dans une meilleure protection de l'environnement, les positions allant contre une meilleure intégration des étrangers, l'obsession relative aux fraudes en matière d'assurances sociales, pourtant marginales, bref, autant d'exemples de positions de l'UDC qui constituent une atteinte à la sécurité !

Espérons que cette prise de conscience aura lieu dès le 28 novembre, et qu'un double non sortira des urnes!

 

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19/11/2010

Stop au hooliganisme fiscal, qui pénalise les habitant-e-s des villes et la classe moyenne !

 

Plusieurs élus de droite, par ailleurs patrons d'entreprise, ont menacé de partir de Suisse avec leurs entreprises si l'initiative socialiste pour des impôts équitables passait le 28 novembre. On peut mentionner en particulier l'exemple de Peter Spühler, conseiller national UDC et patron de Stadler SA, entreprise qui fabrique du matériel roulant ferroviaire.

En français, cela s'appelle du chantage et s'apparente à une prise d'otages, dès lors que la menace touche directement les salariés-es de ces entreprises. Une menace d'autant plus choquante qu'elle provient d'un élu dont le parti passe son temps à donner des leçons de patriotisme et de démocratie.

A quelques jours des votations, la nervosité du grand patronat s'accroît face à cette initiative et à ses chances de succès.

Rappelons que l'initiative pour des impôts équitables, lancée par les Socialistes (voir aussi le site dédié), vise à mettre fin à une forme de racket, à savoir la chasse aux contribuables très riches en leur offrant des baisses d'impôts massives, par rapport aux cantons voisins (dumping fiscal). L'abus le plus manifeste dans ce domaine était la mise en place d'un impôt dégressif (possibilité de créer un barème où les plus riches paient proportionnellement MOINS que les autres), mais le Tribunal fédéral y a heureusement mis le holà en lien avec le cas du canton d'Obwald. Toutefois, certains cantons continent de baisser outrageusement leurs barèmes afin d'attirer des contribuables très fortuné-es: Zoug, Schwyz, Uri, Obwald, Nidwald, Appenzell...

Pour prendre un exemple célèbre, notre « cher » compatriote Marcel Ospel, ancien patron d'UBS (70 milliards d'argent du contribuable investis pour sauver cette banque...), a transféré son siège fiscal de Bâle à Wollerau (SZ), économisant ainsi 4.3 millions de francs d'impôts par an. Autant de millions qui vont manquer à Bâle pour assurer des prestations importantes pour ses habitant-e-s : aide sociale, éducation, culture, infrastructures, etc., donc des prestations qui profitent largement à toutes et tous. Quelle alternative ? Couper dans les prestations ... ou augmenter les impôts pour la population en général, touchant ainsi plus particulièrement la classe moyenne ?

Ce dumping fiscal en faveur des « super-riches » entraîne une escalade dans laquelle d'autres cantons pourraient être tentés de s'aventurer, entraînant un nivellement par le bas, au détriment de la population en général. C'est plus particulièremen le cas pour la population des villes, typiquement composée de la classe moyenne et de personnes à revenu plus modeste, voire en situation précaire ; elles seront directement victimes des effets néfastes de telles pratiques, comme le montre l'exemple bâlois. Les élus-es des villes, quelle que soit leur couleur politique, devraient s'engager avec vigueur pour l'initiative socialiste !

L'initiative socialiste fixe des règles simples, à savoir un seuil minimal de 22% (taux marginal) pour l'impôt sur le revenu et un taux marginal de 5 pour mille pour l'impôt sur la fortune, pour des personnes dont le revenu imposable dépasse 250'000 francs par an, soit de très gros contribuables (ceci représente un revenu brut de plus de 350'000 francs par an!), ou dont la fortune imposable dépasse 2 millions de francs.

Seuls quelques cantons seront concernés et devront réviser leurs barèmes - justement les spécialistes du dumping fiscal et souvent des cantons ruraux, bien éloignés des préoccupations des villes !

Un tel changement ne serait que justice et toucherait moins de 2% des contribuables en Suisse : les très gros contribuables et donc nullement la classe moyenne.

La campagne massive et mensongère de la droite contre cette initiative, essayant de faire peur à la classe moyenne, ne traduit que la puissance du lobbying de ces « super-contribuables » et leur nervosité. Même si quelques-uns choisissaient de partir, cette perte serait largement compensée par les revenus supplémentaires découlant simplement de l'application d'un principe d'équité. Et ces revenus supplémentaires seraient attribués, selon l'initiative, à la péréquation intercantonale, donc à la solidarité confédérale.

Pour mettre fin à un véritable hooliganisme fiscal, votons oui, avec conviction, à cette initiative pour des impôts équitables!

 

18:24 Publié dans Genève et la Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiscalité | |  Facebook